Du Mail art en BD pour tous
pour le Festival d’Amiens

La Poste et l’association On a Marché sur la Bulle se sont associés pour proposer un concours original lors des 17es Rendez-Vous de la Bande Dessinée d’Amiens.

Le principe de ce concours est simple – et double. On peut ainsi participer soit au concours de gag et de dessin, où  il suffit de compléter un strip où il manque la dernière image…

Soit  au concours de scénario, où il s’agit alors d’inventer le dialogue du strip déjà existant,

Dans les deux cas, l’envoi de sa réalisation doit se faire, bien sûr… par la poste.

On peut retrouver tous les détails et informations sur la page du site qui lui est consacrée. Ensuite, il ne reste plus qu’aux participants à reproduire les visuels (impression directe sur enveloppe ou impression sur une feuille collée ensuite sur une enveloppe), et d’envoyer le tout à l’adresse indiquée sur ce flyer.

Tous les participants recevront des entrées gratuites pour le 17e Rendez-Vous de la bande bessinée d’Amiens. Un jury – composé d’un professionnel de la BD, de postiers, de membres d’On a marché sur la bulle, etc – déterminera les gagnants.
Le lauréat du prix « tout public », couronnant le meilleur de tous les travaux reçus, recevra 150 € de bons d’achats en BD ; le prix « scolaire » (pour les jeunes du primaire ou secondaire sera dôté de 50 € de bons d’achat en BD ; un prix « postiers » pour les postiers qui auront participé, lui aussi dôté de 100 € de bons d’achat en BD pour le lauréat. Par ailleurs, des albums des éditions de la Gouttière seront remis sur place aux finalistes dont les travaux auront été exposés sur le salon.

Les enveloppes sont à poster avant le 18 mai 2012.

 

 

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Schuiten sur de très bons rails

La douce, François Schuiten, éditions Casterman, 96 pages, 18 euros.

Les rapports entre François Schuiten et le monde ferroviaire sont une vieille histoire… lui dont le premier album (fait avec Claude Renard) se nommait déjà Le rail. Pas étonnant donc qu’il évoque cet univers dans son premier album en solo (son complice des Cités obscures, Benoît Peeters étant pris sur d’autres projets, mais tous deux devraient prochainement rajouter un chapitre à la série…). C’est aussi à la suite d’un concours pour réaliser la scénographie d’un futur musée des chemins de fer belges, qu’il a remporté, que le dessinateur belge a rencontré celle qui est à l’origine et au coeur de cet album : la douce, c’est-à-dire la « douze » ou plutôt la 12.004, locomotive assez magique, au design moderniste et épuré conçue dans les années 30 mais qu’on aurait cru créé par l’auteur belge et qu’on aurait bien vu serpenter dans le monde parallèle des Cités obscures… Et qui s’inscrit donc parfaitement bien dans celui de ce bel ouvrage, hommage aux belles machines à vapeur et à ceux qui s’en occupaient.

Dans une société, légèrement décalée de la nôtre, les trains à vapeur ont fait aussi leur temps, cédant la place au… téléphérique. Mécanicien proche de la retraite, Léon Van Bel tente de sauver sa machine du dépeçage, mais sera sévèrement puni. Sans se décourager, avec l’aide d’une jeune femme muette, dont la route vient croiser la sienne par hasard, il va entreprendre un périple jusqu’à une lointaine cité décrépite et à moitié inondée pour tenter de retrouver sa « douce »… On retrouve ici tout le talent du dessinateur pour bâtir un univers cohérent, décrivant, en quelques cases magistrales, les contours de cet étrange monde en voie d’engloutissement. Mais il s’attache aussi à faire vivre ses personnages, dont le vieux cheminot, dans ses rapports quasi-amoureux avec sa machine.

En grand format, avec un somptueux noir et blanc contrasté et lumineux, jouant magnifiquement des ombres Schuiten décrit et raconte avec force cet univers de fer et d’eau, bâtissant une histoire romanesque et mélancolique, où des hommes sont capables d’aller au bout de leurs passions, pour une statuette de danseuse ou une vieille locomotive… Une bien belle bête humaine.

Des prolongements multiples

Un dossier de 6 pages, à la fin, de l’album, évoque la vraie histoire de la 12.004 et son sauvetage, digne de celui du récit de Schuiten.
Par ailleurs, avec l’aide de Dassault Systèmes, Casterman propose de voyager en réalité augmentée avec la 12. Un gadget ludique plus qu’une vraie interractivité comme Marc-Antoine Mathieu avait pu le faire dans ses 3″, mais un résultat néanmoins assez bluffant.

Une des "variations" autour de la 12 à voir à la galerie Champaka, à Bruxelles.

Enfin, dans un registre plus classique, la galerie Champaka de Bruxelles, accompagne, elle aussi, la sortie de l’album par une expo-vente de « Photosdessins », réalisés avec la collaboration de Marie-Françoise Plissart, de sérigraphies rehaussées par l’artiste, de fac-similés de 3 planches et d’originaux, Expo galerie champaka sur la 12. Autant de « variations » à découvrir jusqu’au 6 mai.

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