Anlor, première primée du Festival 2012

J-2 17es Rendez-vous de la bande dessinée d’Amiens.

C’était la journée des « premières », ce jeudi 31 mai à Amiens pour Anlor, lauréate 2012 du prix du meilleur premier album, décerné par les lycéens picards pour Les innocents coupables: première journée d’interventions devant un public scolaire (moment impressionnant pour elle, qui s’avoue plutôt »timide« ) et une première remise de récompense « informelle » pour son prix, dans les locaux de la Caisse d’Epargne de Picardie, fidèle sponsor des festivals de BD dans la région. Ambiance décontractée et gros chèque à la clé (symbolique, mais appréciée par la récipiendaire…). Occasion d’en savoir un peu plus sur la trajectoire et les motivations de la jeune et talentueuse dessinatrice trentenaire résidant dans l’Essonne.

copyright : Daniel Muraz / courrier picard

Claire Delsart, de la Caisse d'Epargne de Picardie remet son gros chèque à Anlor. A droite, Céline Goubet, coordinatrice pour l'association On a marché sur la Bulle du Prix du Meilleur premier album des lycéens picards.

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Un vert, ça va…
un tigre vert, bonjour les gags !

Grreeny, vert un jour, vert toujours, Midam, Araceli, éditions Mad Fabrik, 10,95 euros.

Grrreeny est un tigre qui s’appelle comme cela car « il a souvent grogné d’où les trois « R » dans son nom » et il est… vert car il a nagé un jour dans un lac pollué par la radioactivité. Une fois cette première planche d’exposition passée, c’est parti pour une quarantaine d’autres, de gags en une ou deux pages autour de thèmes liés à la défense de l’écologie.
Né voilà deux ans dans le livre pédagogique Les carnets de Grrreeny, le petit tigre vert fait désormais son entrée comme héros de BD à part entière de la Mad Fabrik, aux côtés des plus célèbres Kid Paddle ou autres personnages de Game Over, nés de l’imagination débridée du même Midam (accompagné ici par tout un team très « Mad »…)
Il partage en partie le trait et l’humour de ses derniers. Avec des gags certes parfois faciles, basés sur des jeux de mots (autour des expressions « draguer un lac », « distribuer des tartes » ou « traiter un arbre »…), sur la parabole du battement d’aile d’un papillon déclenchant un tsunami à l’autre bout de la planète passée au filtre du téléphone arabe ou encore la comparaison – prise au pied de la lettre – entre le bilan de la déforestation et la destruction de l’équivalent de 5 terrains de foot à la seconde…
Si la BD ne se veut pas une suite des « Carnets » dont elle est issue, la sensibilisation aux questions environnementales reste donc bien présente, jusqu’à la dénonciation, récurrente du cynisme capitaliste.
s’adressant résolument au jeune public, cette nouvelle version de la jungle en folie teintée de vert s’avère en tout cas distrayante et pas si bête.

Double retour aux sources sur Aquablue

J-3 17es Rendez-vous de la bande dessinée d’Amiens.

L’exposition actuellement installée à la bibliothèque – plus la partie qui occupera ce week-end la grande salle de la bibliothèque universitaire, au Pôle cathédrale – est l’occasion rêvée de se plonger ou de replonger dans  la saga Aquablue. Et aussi de (re)découvrir le dernier et récent album, oeuvre de Régis Hautière et du dessinateur Reno, paru en novembre dernier… et sur lequel nous n’avons jamais eu l’occasion de revenir depuis…

Aquablue, tome 12, retour aux sources, Régis Hautière, Reno, éditions Delcourt, 48 pages, 13,95 euros.

Un album qui marque en effet un Retour aux sources, voire même un double retour. Retour, déjà, de la série, depuis la fin du quatrième cycle (et du tome 11) en… 2004.
Et retour ensuite sur la planète qui a donné son nom – et son charme – à la saga.

Une bonne vingtaine d’années s’est écoulée depuis que le petit Nao, orphelin de l’espace elevé pendant plusieurs années à bord d’une navette de secours, a posé pied sur la planète Aquablue, s’est fait admettre par les humanoïdes (bleus) qui la peuplent, a réussi à déjoué les projets de conquête industrielle d’une compagnie terrienne (dirigée par sa tante) avant de faire de l’empire familial une fondation à but pacifique et écologique et de parcourir l’espace pour aider les peuples en difficulté. Mais, avant, il avait eu le temps de faire un enfant à la jeune indigène dont il était tombé amoureux, Mi-Nuée. Au début de ce Retour aux sources, il retrouve sa planète adoptive, son fils Ylo (âgé d’une dizaine d’années et qu’il n’a pas vu grandir) et sa promise – plutôt en rogne à cause de ses absences. Et son séjour, au départ sabbatique, va vite se charger d’une nouvelle dimension. A la suite d’une découverte bouleversante, il se pourrait que le berceau de l’humanité… soit sur Aquablue. Après une équipe de scientifiques, c’est un vaisseau de colons qui débarque. Paré de toutes les bonnes intentions… ce qui laisse augurer du pire (comme Régis Hautière le révèle plus bas…).

Au prime abord, ce nouvel épisode surprendra les habitués de la série et du dessin initial d’Olivier Vatine. Adepte du travail numérique, Reno insuffle un style résolument nouveau, avec ce que cela peut avoir de superbe – pour les vues générales et les vaisseaux, comme en témoigne également la magnifique couverture – et parfois d’un peu gênant – pour les personnages empreints de cette froideur du travail sur ordinateur. Néanmoins, l’adaptation se fait rapidement, une fois replongé dans les rites et conflits d’Aquablue. Régis Hautière parsème ainsi son récit d’évocation et de rappels des péripéties passées, établissant un lien avec les albums précédents, tout en permettant aux nouveaux lecteurs de pouvoir se laisser embarquer très vite dans cette nouvelle aventure. Avec cet album d’exposition, ce cinquième cycle s’annonce prometteur. On en aura un premier aperçu dès la fin de l’année, avec la sortie du tome 2… dont voici un essai de couv’, gracieusement offert par son auteur et dévoilé dans le cahier spécial du Courrier picard paru ce mercredi, qui accorde une large place à l’événement Aquablue…

copyright : Reno / Courrier picard

Un essai de couverture pour le futur tome 2 du nouveau cycle d'Aquablue, par Reno

 

 

Un cahier spécial pour le festival

J-4 17e Rendez-vous de la bande dessinée d’Amiens. (version ré-actualisée).

En « primeur », voici la Une du cahier spécial, qui paraîtra ce mercredi dans toutes les éditions du Courrier picard. Avec un portrait-rencontre de Régis Hautière, le scénariste amiénois à qui l’on doit la relance de la série Aquablue et la grande expo de cette année, des articles sur Renaud Dillies, la série Okko de Hub et l’expo Charlie Hebdo – autres temps forts, entre autre, de l’année – le plan détaillé des lieux où il faudra aller et pleins d’autres infos pour bien maîtriser ces 17e Rendez-vous de la bande dessinée d’Amiens.

… Et l’accroche en page « une » générale (très marketing, donc, avec une fille dévêtue, ça va faire vendre, forcément…) :

A lire donc dès demain.

Le sport mène à tout…

Matt Peterson, tome 1 : London Running, Laurent-Frédéric Bollée et Stom. Casterman et L’Equipe, 56 pages, 10,95 euros

Au Kenya, il y a juste un an. Une jeune femme rentre chez elle et trouve son mari au lit avec uneautre femme. Saisissant un revolver, elle fait feu et tue l’époux infidèle. Un fait divers banal ? Pas tout à fait, l’homme était un athlète qui avait toutes ses chances de remporter le marathon aux prochains J. O. de Londres… Plus tard, photoreporter au journal L’Équipe, Matt Peterson est chargé de couvrir ces fameux Jeux Olympiques de Londres en cet été 2012.  Pour ses premiers jeux, il souhaite ramener des images exceptionnelles. Il ne sera pas déçu ! Intrigué par le comportement bizarre d’un athlète tchèque, il va enquêter pour dénicher le scoop et va tomber en plein dans un véritable complot économique…

Si pour le baron de Coubertin l’essence de la philosophie olympique vise l’épanouissement culturel de l’individu à travers le sport dans le contexte social, culturel, pédagogique, national et international. Il faut reconnaître qu’aujourd’hui d’autres valeurs, financières celles-là s’y sont greffées et en pervertissent l’esprit. Cette nouvelle série, nous permet de jeter un œil dans les coulisses du sport de haut niveau et de constater que, dans certaines sphères, tout est source de  profit et que la vie d’un homme n’y vaut pas grand-chose.

Matt Peterson, un journaliste à suivre !

 

Anuki arrive à toute vitesse à Amiens

J-5 17e Rendez-vous de la bande dessinée d’Amiens.

On avait déja découvert en avant-première voilà quelques jours quelques planches de leur nouvelle oeuvre. Et ils sont attendus ce week-end pendant les 17e Rendez-vous de la BD d’Amiens. Mais, sans attendre, on pourra déjà rencontrer Stéphane Sénégas, Frédéric Maupomé et leur nouvel album d’Anuki en dédicace, dès ces deux prochains jours. Tout d’abord, ce mardi 29 mai au Chat qui lit (galerie des Jacobins), de 12 à 14 heures puis de 15 à 17 heures, puis le mercredi 30 mai à la librairie Martelle, de 16 à 19 heures.

De quoi rester bouche baie…

Anuki, tome 2: la révolte des castors, Frédéric Maupomé et Stéphane Sénégas, éditions de la Gouttière, 40 pages, 9,70 euros.

Le malicieux petit indien était apparu l’an passé dans la Guerre des poules. On retrouve Anuki toujours confronté au monde animalier, affrontant ici la révolte des castors ; une révolte largement due au chahut déclenché par Anuki et ses deux amis, se disputant des baies rouges, et qui entraînera notre héros au milieu de la forêt, tantôt pourchasseur, tantôt « gibier ». Mais, comme dans l’épisode précédent, tout se finira bien à la fin… ou presque, un ultime gag apportant une amusante pirouette finale.

Tout aussi muet que le précédent, ce second tome d’Anuki est également tout autant dynamique. Porté par un dessin élégant et délicat (et drôle – on appréciera particulièrement la bouille cartoonesque de la famille castor !), toujours en mouvement, le récit est haletant, alternant course-poursuite dans la forêt, descentes de rapides, quasi-noyade et retrouvailles joyeuses. Et cette confrontation drôlatique s’avère de nature à réjouir autant le plus jeune public, qui pourra apprécier les multiples et rapides rebondissements que les plus grands, qui seront sensibles à la qualité du graphisme et de la mise en couleurs. Un petit livre vraiment sympathique et attachant et qui se prête à la relecture.

Mathieu Sapin gagne la présidentielle

Campagne présidentielle, 200 jours dans les pas du candidat François Hollande, Mathieu Sapin, 72 pages, 14,99 euros.

Déjà « embedded » sur le tournage de Gainsbourg (vie héroïque) puis à Libération, Mathieu Sapin – qui malgré quelques similarités capillaires n’est pas le frère de Michel Sapin (mais à la fin, rincé, ressemble de plus en plus à Moscovici… – a suivi la campagne de François Hollande. Bon choix, donc, puisque le candidat socialiste ayant gagné, son livre paraît dans la série des bouquins dissertant sur le nouvel homme fort français. Mais il se singularise également.

Quelques bonnes feuilles avaient déjà été publiées, ces dernières semaines dans le cahier Mag de Libération, mais la lecture, sur le long cours, de l’ensemble est encore plus stimulante et réjouissante.

Ni journaliste politique distancié, ni militant de l’intérieur de la garde rapprochée du candidat, Mathieu Sapin joue de nouveau avec sa figure de candide et de « Français moyen ». Se dépeignant en petit bonhomme avec une grosse tête, en « reporter amateur », il porte un regard acéré, sans en avoir l’air, sur les coulisses et le fonctionnement d’une campagne électorale moderne. Sans volonté de nuire, ni aménité particulière. Le résultat est à la fois drôle et intéressant.

Débutant lors de la convention d’investiture, en octobre 2011, l’album s’achève au soir du second tour de la présidentielle, de retour de la place de la Bastille. Entre les deux, au jour de la jour, notre « dessinateur embarqué » dans le Hollande Tour 2012 retranscrit et illustre toutes les grandes étapes de cette campagne victorieuse pour la gauche : l’hommage à Mitterrand à Jarnac, le voyage en Guadeloupe, le meeting du Bourget, la déclaration de candidature en février, les conséquences de l’affaire Merah, le voyage à Londres, le premier tour, le face à face télévisé avec Nicolas Sarkozy, l’attente du résultat le 6 mai… En contrepoint, il croque aussi une double page sur le meeting de l’UMP à Villepinte ou la marche sur la Bastille de Mélenchon. Mais, tout aussi lestement enlevées, ces planches-là apparaissent superflues, tant on a hâte de replonger dans les coulisses du candidat « normal ». Car, de façon assez stupéfiante, Mathieu Sapin a su se faire oublier – et l’entourage du candidat lui a aussi laissé carte blanche pour cela – pour relater des instants inédits (Hollande racontant comment lui est venu sa désormais fameuse tirade – « Moi président » ; la rumeur malfaisante, mort-née sur un prétendu « antisémitisme » de Hollande) ou, pour le moins surprenants, derrière le miroir de la com’ politique. Bénéficiant d’un accès privilégié, il décrit ainsi avec finesse et précision la machinerie d’une campagne politique, les réunions des conseillers, la gestion des médias, la vie des journalistes « suiveurs », etc.

Graphiquement, son style reste celui du carnet de dessins, mais plus lié,comme une vraie bande dessinée structurée en séquences de longueurs variables. Et derrière la simplicité apparente du trait, on peut saluer le talent de Mathieu Sapin et son coup de crayon pour saisir et caricaturer avec autant de réussite la foultitude de personnages publics de la campagne.

Seul petit regret, le grand format de BD classique fait perdre le côté plus « intime » de ces « feuilles de chou » précédents. Mais ce joli album souvenir d’un moment historique et plus que cela, un vrai reportage sur les rouages d’une campagne présidentielle.

Pour aller plus loin, entretien de Mathieu Sapin dans l’émission des Clics et des claques, sur Europe 1 (début à la 25e minute)

http://www.dailymotion.com/video/x1pc86

Le festival d’Amiens au coeur du réseau des bibliothèques

J-6 pour les 17e Rendez-vous de la bande dessinée d’Amiens.

Au-delà de l’exposition Aquablue déjà évoquée, les bilbiothèques d’Amiens Métropole accompagne le festival de BD d’Amiens à travers de nombreuses animations, dont plusieurs ont déjà débuté. Diffusant une ambiance bédéphile dans le réseau de lecture publique de la ville

La bibliothèque Hélène-Bernheim accueille ainsi, depuis le 22 mai le laboratoire de la bande dessinée, expliquant les codes et techniques de la BD à travers l’album La carotte aux étoiles.

La bibliothèque Louis-Aragon (dans son espace Jeunesse), accueille elle une exposition interractive sur le thème d’Anuki.

La bibliothèque Sédar-Senghor expose, sur le thème « Canailles, loustics et autres garnements » ses meilleures séries Jeune public : Lou, Les sardines de l’espace, Jojo, Oscar, etc.

La bibliothèque Edouard-David a choisi l’angle de la BD animalière, avec « Comme une bête en case », sur les séries contemporaines dans les animaux sont les héros.

La bibliothèque Le Petit Prince, avec l’association franco-japonaise Wa-Futsu propose une expo sur la série manga des Chevaliers du Zodiaque. Ainsi qu’un atelier d’origami, mercredi 6 juin  à 15 heures (sur inscription au 03 22 97 10 90) ainsi qu’un atelier sur le dessin de manga, le 13 juin à 15 heures (même principe et même numéro d’inscription).

La bibliothèque Jacques-Prévert a proposé deux jeux aux enfants : « Malheur ! Ma bd est muette » et « Ma bd est en désordre », durant ce mois de mai. L’exposition des planches réalisées par les enfants est visible jusqu’au 5 juin.

En parallèle, deux actions particulières à noter.

Tout d’abord, bibliothèque Louis-Aragon, une série de projections de films d’animation en rapport avec le 9e art. Des titres qui restent plus qu’elliptiques dans la plaquette du « programme d’animation »… mais dont on reconnaît Le 5e élément (mercredi 6 juin à 16 heures) de Luc Besson (auquel à collaboré Jean-Claude Mezières… et ses taxis volants de Valérian), Immortel ad vitam, le hiératique film d’Enki Bilal (mercredi 13 juin à 16 heures) et Les maîtres du temps de René Laloux (mercredi 27 juin à 16 heures), réalisé à partir de dessins de Moebius d’après le roman de SF de Stefan Wul – film qui, s’il ne retrouve pas la force et l’impact poétique de La planète sauvage, n’en reste pas moins tout à fait estimable.

http://www.dailymotion.com/video/xahsyd

Ensuite, la maison Jules-Verne accueille un atelier BD, dimanche 17 juin à 15 heures (sur réservation; 7 euros pour les adultes, 5 euros pour les enfants). Et ce vendredi 1er juin, les élèves du lycée Guy-Maréchal bénéficieront, en plus, d’un atelier avec la dessinatrice Aude Soleilhac, dessinatrice du Tour du monde en 80 jours d’après Jules Verne (scénarisé par Loïc Dauvillier).

 

Ki ka volé le nord ?

Azimut, TOME 1 : Les Aventuriers du temps perdu,  Wilfrid Lupano et Jean-Baptiste Andréae.  Editions Vents d’Ouest, 48 pages, 13,90 euros

Cela fait deux ans que le comte de la Pérue, moderne Christophe Colomb, erre sur les vastes océans en quête de nouvelles terres à conquérir pour le plus grand bénéfice de sa royale majesté Irénée le Magnanime, souverain de Ponduche. Un voyage qui n’a pas été une partie de plaisir, sur les cinq navires, il n’en reste qu’un et en mauvais état et la tempête qui fait rage menace de l’envoyer par le fond. Enfin une terre inconnue s’offre à la Pérue qui s’apprête à y planter le glorieux étendard de Ponduche quand il est interpellé par Irénée le Magnanime lui-même qui était parti pécher des bigorneaux. Les boussoles sont folles, on a perdu le nord !

On a perdu le nord, c’est vrai mais le temps se déglingue aussi. Des problèmes diplomatiques surgissent où on ne les attend pas, l’Arracheur de temps, fait des vieillards en une nuit et la fiancé d’Irénée le Magnanime est une voleuse qui brise les cœurs royaux…Voici une épopée tragi-comique dans un univers fantastique façon Lewis Caroll. Les auteurs nous ont mitonné un univers original, riche et drolatique. Leur bestiaire fabuleux s’avère des plus prolifiques et fleure bon l’humour et un petit grain de folie. Les dessins –superbes– d’Andréae ajoutent encore à la magie d’un univers hors-norme. Si les navigateurs et les astronomes parlent d’azimut, il est un terme qui convient bien à cet univers fantasque c’est azimuté !

Un vrai régal !

 

 

Premier plongeon dans l’ambiance
du festival 2012

J-8 à J-7 pour les 17e Rendez-vous de la bande dessinée d’Amiens.

Rendez-vous habituel et avant-goût des Rendez-vous de la BD, la grande exposition de l’année – cette fois consacrée à Aquablue – a été inaugurée ce vendredi 25 mai au soir à la bibliothèque Louis-Aragon, en attendant le déploiement de l’autre partie, le week-end prochain, sur le site propre du festival. Petit résumé en texte et en images (avec la gracieuse participation de mon estimé confrère photographe du Courrier picard, Fred Douchet).

copyright : Fred Douchet / courrier picard

Présentation de l'expo par Régis Hautière. A ses côtés Séverine Montigny, directrice des bibliothèques.

Pas mal de monde en tout cas, autour de Régis Hautière, « commissaire » spécial de l’expo – et acteur de la relance de la saga – et de Séverine Montigny, jeune directrice des bibliothèques municipales d’Amiens Métropole et hôte de la manifestation, une visite commentée intéressante du dispositif choisi et, pour finir, de bons petits fours…

En l’absence de Gilles Demailly (maire PS d’Amiens) qui « aurait adoré être là » mais avait un empêchement professionnel (c’est bête), c’est donc Alain David, adjoint au maire en charge de la culture qui, après avoir excusé son édile, s’est chargé du petit mot d’accueil… sympathique on va dire, à défaut d’apparaître vraiment très convaincu ou convaincant. Et dont on retiendra surtout sa joie de voir la reconnaissance d »un art encore tout neuf comme la bande dessinée« . C’est vrai que depuis les premières bandes dessinées attribuées au suisse Rodolphe Töpfler, moins de deux siècles se sont écoulés…

copryright : Fred Douchet / courrier picard

De gauche aux droite : Séverine Montigny, Thierry Cavalié, Alain David et Régis Hautière.

Thierry Cavalié, président de l’association On a marché sur la bulle a, pour sa part, insisté sur l’importante collaboration existant entre les organisateurs du festival et le réseau des bibliothèques d’Amiens Métropole. Une action qui se concrétisera cette année encore par une bonne dizaine d’animations. Et, déjà, par la forte implication des équipes de la bibliothèque Aragon dans la réalisation de l’expo Aquablue et de son très réussi petit livret d’accompagnement, déjà évoqué ici. Sous la coordination de Baptiste Bleuart (un nom qui s’imposait pour Aquablue…), une dizaine de personnes ont été impliquées (Maamar Allal, Lawrence Bott, Deborah Boulanger, Marie-Pierre Cauvin, Géraldine Ferrand, Gisèle Lamendin, Catherine Platel, Clothilde Saint-Aubin, Corinne Senlis, Halima Tighersine, Stéphane Vue. Sans oublier Arnaud Tampigny, webmaster et graphiste à qui l’on doit la partie « interactive » de l’expo. Une exposition rendue un peu plus complexe, par la multiplication des auteurs concernés. « Mais les auteurs ont été très sympa, souligne Baptiste Bleuart, Vatine ou Isabelle Rabarot, qui faisait les couleurs, nous ont sortis des documents de leurs archives, etc. »

Inauguration de l'expo Aquablue, bibliothèque louis-aragon d'amiens, 25 mai 2012. Copyright : photo Fred Douchet / courrier picardAccrochée selon une logique chronologique, celle-ci occupe l’ensemble de l’espace dévolu aux expos dans les halls de la bibliothèque de la rue de la République. La première salle est consacrée aux quatre premiers cycles de la série, à travers une quarantaine de planches originales et des agrandissements de détails de vignettes. Le tout dominé par une grande bâche immergeant bien dans l’atmosphère de cette autre planète bleue qu’est Aquablue. Une bonne occasion de suivre et de constater l’évolution graphique qui s’est faite au fil des albums.

Inauguration de l'exposition Aquablue, bibliothèque Louis-Aragon d'Amiens, 25 mai 2012.Copyright : photo Fred Douchet / courrier picardLa deuxième salle est consacrée au nouveau cycle, initié par Régis Hautière et Réno. La difficulté, cette fois, étant que Reno travaillant seulement à la palette graphique… il n’y avait aucune planches originales à exposer. Difficulté contournée par la présentation de plusieurs cahiers de recherches graphiques, encadrés par plusieurs grandes bâches, zoom sur des vignettes extraites de l’album, permettant de saisir toute la précision et la méticulosité du travail du dessinateur.

Exemple ci-dessous avec le clin d’oeil à Starship Troopers, l’excellent film de Verhoeven, fait via un panneau lumineux noyé dans une vue générale d’une ville futuriste  (tête de la page 28 de l’album Retour aux sources)…

La bâche exposée à la bibliothèque

L'image générale du dessin

Détail de l'écran vidéo, situé au milieu de l'image, au dessus de l'autoroute.

Reno s'est amusé à reprendre, avec un luxe de détails, le slogan gimmick du film de Paul Verhoeven : "engagez vous dans la légion de l'espace"...

Exposition à voir jusqu’au 18 août.