« Anuki » au Top… des blogueurs BD

Anuki, album édité par les éditions amiénoises de la Gouttière, fait son entrée dans le « Top 50 » des Blogueurs BD de ce mois de février 2012, classement effectué par Yaneck des Chroniques de l’invisible.

L’album des aventures tout aussi muettes (c’est tendance en ce moment…) que réussies du petit indien s’installe à la 19e place, juste après Les ignorants (Futuropolis) de Davodeau et Garance (Delcourt) de Gauthier et Labourot, et devant Tokyo Sampo (Picquier) de Florent Chavoulet et Quartier lointain de Jiro Taniguchi.

Le tome 2 arrive en mai

Et comme une bonne nouvelle n’arrive jamais seule, la parution du tome 2 d’Anuki, toujours réalisé par Frédéric Maupomé et Stéphane Sénégas est annoncé pour ce mois de mai. Une deuxième aventure, de « révolte des Castors » qui s’annonce toujours aussi poétique et jubilatoire.
On y revient rapidement.
Mais voici déjà, en avant-première son projet de couverture.

 

Pour info, voici le classement complet de ce « Top 50 », toujours emmené par Gaza 56, de Joe Sacco.

1- (=) Gaza 1956, Joe Sacco, Futuropolis 19.17

2- (=) Persépolis, Marjanne Satrapi, L’Association 18.94

3- (N) Habibi, Craig Thompson, Casterman 18.92

4- (+) Portugal, Cyril Pedrosa, Dupuis 18.83

5- (=) Maus, Art Spiegelmann, Flammarion 18.73

6- (= ) Le journal de mon père, Jiro Taniguchi, Casterman 18.67

7- (=) Idées Noires, Franquin, Fluide Glacial 18.5

8- (=) NonNonBâ, Shigeru Mizuki, Cornélius 18.5

9- (=) Black Hole, Charle Burns, Delcourt 18.33

10- (-) Tout seul, Christophe Chabouté, Vents d’Ouest 18.29

11- (-) Universal War One, Denis Bajram, Soleil 18.27

Tome 1, Tome 2, Tome 3, Tome 4, Tome 5, Tome 6.

12- (=) Le Grand pouvoir du Chninkel, J. Van Hamme, G. Rosinski, Casterman 18.25

13- (=) Urban tome 1- Les règles du jeu, L. Brunschwig, R. Ricci, Futuropolis 18.25

14- (=) V pour Vendetta, Alan Moore, David Lloyd, Delcourt 18.22

15- (=) Le sommet des dieux, Yumemuka Bura, Jirô Taniguchi, Casterman 18.16

Tome 1,Tome 2,Tome 3, Tome 4, Tome 5.

16- (=) Asterios Polyp, David Mazzuchelli, Casterman 18.14

17- (-) Les ignorants, Etienne Davodeau, Futuropolis 18.07

18- (+) Garance, Gauthier, Labourot, Lerolle, Delcourt 18

19- (N) Anuki tome 1, Stéphane Sénégas, Frédéric Maupomé, Editions de la Gouttière 18

20- (=) Tokyo Sampo, Florent Chavouet, Editions Philippe Picquier 18

21- (+) Quartier Lointain, Jiro Taniguchi, Casterman 17.95

22- (=) Pinocchio, Winschluss, Les Requins Marteaux 17.94

23- (+) Walking Dead, Robert Kirkman, Tony Moore, Charlie Adlard, Delcourt 17.89

Tome 1, Tome 2, Tome 3, Tome 4, Tome 5, Tome 6, Tome 7, Tome 8, Tome 9, Tome 10,

Tome 11, Tome 12, Tome 13,Tome 14,

24- (=) Pyongyang, Guy Delisle, Delcourt 17.88

25- (=) Les enfants de Jessica tome 1, Luc Brunschwig, Laurent Hirn, Futuropolis 17.83

26- (=) La mémoire dans les poches, L. Brunschig, E. Leroux , Futuropolis 17.8

Tome 1, Tome 2,

27- (=) La Brigade Chimérique, Serge Lehman, Fabrice Colin, Gess, L’Atalante 17.18

Tome 1, Tome 2, Tome 3, Tome 4, Tome 5, Tome 6.

28- (=) Gemma Bovery, Posy Simmonds, Denoël 17.75

29- (=) Il était une fois en France, Fabien Nury, Sylvain Vallée, Glénat 17.69

Tome 1, Tome 2, Tome 3, Tome 4, Tome 5.

30- (=) L’orchestre des doigts, Osamu Yamamoto, Editions Milan 17.69

31- (=) Trois Ombres, Cyril Pedrosa, Delcourt 17.67

32- (=) L’âme du Kyudo, Hiroshi Hirata, Delcourt 17.67

33- (=) Cerebus tome 1, Dave Sim, Vertige Graphics 17.63

34- (-) Atar Gull ou le destin d’un esclave modèle, F. Nury, Brüno, Dargaud 17.57

35- (=) Alpha… Directions, Jens Harder, Editions de l’An 2 17.5

36- (N) Lydie, Zidrou, Jordi Lafebre, Dargaud 17.5

37- (-) Manabé Shima, Florent Chavouet, Editions Philippe Picquier 17.5

38- (=) En chemin elle rencontre, Collectif, Des ronds dans l’eau 17.5

Tome 1, Tome 2.

39- (-) La chronique des immortels tome 1, Von Eckartsberg, Van Kummant, Paquet 17.5

40- (=) Les aventures de Michel Swing, Brunö, P.Jousselin, Treizetrange 17.5

41- (=) Mezek, Yann, André Juillard, Le Lombard 17.5

42- (=) Taïga Rouge, Arnaud Malherbe, Vincent Perriot, Dupuis 17.5

43- (=) Umbrella Academy, Gérard Way, Gabriel Ba, Delcourt 17.49

Tome 1, Tome 2,

44- (=) Blankets, Craig Thompson, Casterman 17.44

45- (=) American Born Chinese, Gene Luen Yang, Dargaud 17.38

46- (=) Le Gourmet solitaire, Masayuki Kusumi, Jiro Taniguchi, Sakka 17.38

47- (=) La vie de Bouddha, Osamu Tezuka, Tonkam 17.34

Tome 1, Tome 2, Tome 3, Tome 4, Tome 5.

48- (N) Parker- Le Chasseur, Darwyn Cooke, Dargaud 17.33

49- (=) Siegfried, Alex Alice, Dargaud 17.33

Tome 1, Tome 2, Tome 3.

50- (=) Solanin, Inio Asano, Kana 17.33

Louve, la mystérieuse

Les mondes de Thorgal / Louve, tome 1: Raïssa.Yann, Surzenkho. Editions du Lombard. 48 pages ; 12€

Spin-off. C’est le terme – made in USA – qui classe une série (TV ou BD, c’est pareil) se déroulant dans le même univers que la série principale. Et c’est le propre des séries à (grand) succès que de provoquer la création de spin-off. Thorgal en est un bel exemple. Pour preuve, après Kriss de Valnor, l’ennemie très intime de Thorgal devenue personnage principale de se propre série, voici Louve. Autrement dit l’antithèse de Kriss de Valnor puisque Louve est la fille de Thorgal et qu’en tant que telle, elle admire et vénère tout naturellement son père dont elle a hérité qualités et défauts.
Louve, plus indépendante que jamais donc, vole ainsi de ses propres ailes dans Raïssa, premier tome réussi par Yann et Surzenkho. Avec une palme particulière à ce dernier, dessinateur russe de 40 ans qui s’est fondu totalement dans les décors créés par le maître polonais de Thorgal, Gregorz Rosinski. On s’y croirait ! C’est déjà suffisant pour nous faire apprécier cette histoire de loups (après tout quand on s’appelle Louve, rien d’étonnant) plus ou moins bien, selon les séquences, maîtrisée par le scénariste. Mais si Yann n’est pas Van Hamme (qui peut l’être en vérité ?), le tout est prometteur et plutôt que d’ergoter sur l’aspect forcément commercial d’un spin-off,  on a envie de lire la suite. Tant Louve, déjà mystérieuse dans les albums de Thorgal du jour de son apparition il y a vingt-deux ans (tome 16), a visiblement beaucoup à nous révéler sur elle… et les siens. Quelle famille !

La Rafale sur des bons rails

La Rafale, tome 1 : Les rails rouges. Scénario : Patrick Cothias et Patrice Ordas. Dessin : Winoc. Editions Bamboo, 48 pages, 13,50 €.

Contrairement à d’autres périodes sanglantes de notre Histoire, la guerre d’Indochine (1946-1954) n’est pas à la mode chez les auteurs de BD. Raison de plus de se plonger sans retenue dans La Rafale dont le premier tome d’un cycle de trois, Les rails rouges, donne vite l’envie de lire la suite. C’est tout dire ! Il est vrai qu’avec ce train blindé, « La Rafale », ces légionnaires arrivés de partout, y compris de l’Allemagne nazie au sortir de sa défaite, ces personnages forts en gueule, cette atmosphère pesante et ces nocturnes saisissantes, premiers et seconds rôles se confondent avec bonheur dans une histoire vraie, du moins sa base, qui pose mille et une questions. Dont une, toujours valable au XXIe siècle : est-on terroriste ou résistant, selon l’interprétation que l’on a des faits et gestes des uns et des autres et surtout… du camp que l’on fréquente. Quand en plus une inévitable transversalité englobe les deux aspects de la situation, le sens de la vérité n’est pas uniforme. Ainsi quand la jeune My Linh, militante révolutionnaire qui a de bonnes raisons personnelles d’agir, joue les infiltrées pour mieux saboter le camp français, quel qu’en soit le prix à payer, est-elle coupable ou admirable ? Pas de prise de tête pour autant avec « La Rafale » qui bénéficie, il est vrai, de conducteurs hors pair avec les deux « as », Cothias et Ordas.

« Shrimp », une crevette à croquer

Shrimp, tome 1: le grand large, de Mathieu Burniat, Benjamin d’Aoust et Matthieu Donck, éditions Dargaud, 48 pages, 11,99 euros.

Un homme de dos, manifestement mal à l’aise, faisant face à une assemblée d’asiatiques, le tout surmonté du titre « Shrimp« . La couverture de ce nouvel album issu d’un projet MyMajorCompany BD avec Dargaud est pour le moins surprenant (surtout pour ceux qui ne savent pas que shrimp signifie crevettes en anglais. Même en le sachant, l’indication n’est pas d’une très grande aide). Mais cette oeuvre d’un trio de jeunes bruxellois vaut la peine de s’y plonger. Et d’embarquer pour une aventure aussi loufoque que plaisante à suivre, pour cette première partie du diptyque.

Depuis Forrest Gump, on sait que les crevettes peuvent mener loin. Nouvelle confirmation, dans un tout autre genre, ici. Soit donc Albert (le monsieur de dos de la couv’), roi de la croquette à la crevette, cuistot nettement plus doué pour ses recettes que pour exprimer ses sentiments, notamment à l’égard de sa jolie voisine, la chinoise Mia. Suite à une série de péripéties, Albert va penser atteindre son rêve : une semaine avec Mia à Las Palmas. Mais il va déchanter à la hauteur de ses espérances, en se retrouvant seul occidental dans un bateau rempli de Chinois qui, suivant un plan de Mao, partent vers une planète lointaine bâtir une nouvelle humanité !

Concentré d’humour belge déjanté, Shrimp bénéficie d’un scénario en revanche bien maîtrisé (ses auteurs, néophytes en BD ayant une solide expérience en matière de courts-métrages de ciné) et d’un dessin, relâché et semi-réaliste, qui se prête tout à fait à cette ambiance délicieusement délirante.
Une histoire à suivre, donc, même jusqu’aux confins de la galaxie.

 

 

Un autre homme qui marche

Furari, de Jirô Taniguchi, éditions Casterman, 212 pages, 16 euros.

L’homme qui marche demeure l’une des belles oeuvres de Jiro Taniguchi. Le personnage central de Furari, pourrait être un de ses parents éloignés. Lui aussi, marche beaucoup. Ou plutôt arpente « au gré du vent » (signification du titre) Edo, l’ancien Tokyo du début du XIXe siècle. Géomètre et cartographe, mesurant les distances en comptant ses pas, il ambitionne de pouvoir dresser la première carte moderne du Japon.
Inspiré, apparemment, d’un personnage historique, Furari propose ainsi une nouvelle déambulation poétique, apaisée et contemplative dans un Japon du passé, société pacifiée et conviviale. Un récit paisible où l’on s’arrête pour regarder un milan, voir les fleurs de cerisiers, observer un artisan ou faire une partie de pêche à pied. Où le héros s’endort et voit sa ville à travers les yeux d’un chat, d’une tortue ou d’une libellule, écoute le récit de l’échouage d’une baleine dans le port d’Edo, etc. Privilégiant les découpages horizontales, le dessin s’attarde sur les paysages ou les regards.
Furari n’a certes pas l’intensité ou la puissance émotionnelle d’autres récits du mangaka japonais le plus occidental, tels Quartier lointain ou son manga au long cours Le Sommet des Dieux, mais le trait de Taniguchi est toujours aussi précis et fluide, rehaussé des classiques vieilles trames à point qui participent de cette douce mélancolie. Et c’est le genre de livre qui se bonifie à chaque lecture, en permettant, sans réel enjeu de l’intrigue, de s’immerger un peu plus dans l’ambiance et d’entrer en empathie avec les personnages. Une méditation urbaine pleine de charme qui marche bien, elle aussi.

 

Le grand retour de Lone Sloane

Lone Sloane, Delirius, tome 2, Druillet, Lob, Legrand. Editions Drugstore, 64 pages, 18 euros.

Loane Sloane est coincé sur Delirius, planète folle, lupanar cosmique et anarchique où tous les vices sont autorisés pour la toujours plus grande fortune de l’Imperator. Une mine d’or sur laquelle louche la secte de la Rédemption rouge. Chacun des camps en présence veut utiliser le joker Lone Sloane dans un jeu d’échecs où chaque joueur triche effrontément car le pouvoir corrompt et sa conquête est prédatrice.

Trahisons, barbarie, retournements de situation, amour et même un zeste d’humour composent cette œuvre à tiroirs. Avec un scénario complexe et riche et les dessins hallucinés de Druillet, Delirus 2 s’impose comme un ouvrage à lire et  relire.

La BD française est marquée de plusieurs fractures qui datent des années 60/70. L’une, en 1962, est causée par Barbarella de Jean-Claude Forrest qui introduit la sensualité et la sexualité, l’autre, quelques années plus tard, est due au dessin de Philippe Druillet avec les premières introductions d’images de synthèse et un style flamboyant et baroque, haut en couleurs et une mise en page novatrice. Druillet explose littéralement le sage empilage de bandes à cases contigües. Très fouillées, riches de détails presque invisibles, les vignettes de quelques centimètres carrés envahissent toute la page, voire la double page. Druillet et un novateur et un révolutionnaire d’une BD sur laquelle il pose une empreinte profonde.

 

 

 

Iznogoud en effet pas très bon

Iznogoud président, de Nicolas Tabary, Nicolas Canteloup et Laurent Vassilian, éditions IMAV, 48 pages, 11 euros.

Ayant toujours échoué à devenir « calife à la place du calife« , depuis cinquante ans, Iznogoud, le plus célèbre petit teigneux de la bande dessinée franco-belge, imaginé par Goscinny et Tabary, aura-t-il plus de chance par la voie élective et présidentielle ? C’est la trame de ce premier volume des « nouvelles aventures d’Iznogoud » (paru aux éditions IMAV, dirigée par Anne Goscinny). Un sujet qui ne doit sans doute rien au hasard en ce printemps 2012, et alors que le scénario est le fait des deux humoristes de la « Revue de presque » d’Europe, Nicolas Canteloup et Laurent Vassilian.

Le dessin, lui, est assuré par Nicolas Tabary, le propre fils du créateur, avec un trait d’une grande proximité, voire même une troublante similitude filiale. On retrouve donc avec plaisir le profil anguleux d’Iznogoud, les bonnes rondeurs de son serviteur Dilat Laraht ou du calife Haroun El Poussah. Mais si l’immersion dans l’univers orientaliste de Tabary (père et fils donc) se fait facilement, c’est du côté du récit que ça coince.

Las de l’auto-élection califale (dont il est seul électeur et seul candidat… inspiré peut-être de l’élection du Groland ?), Haroun d’organiser les premières élections démocratiques de Bagdad et de faire d’Iznogoud son opposant… De quoi décliner différentes séquences autour de la communication politique et sa déclinaison people. Des gags ou formules qui touchent parfois juste. Et la volonté du calife de « rendre la parole au peuple » fait irrésistiblement songer à une autre élection, très actuelle et très française, tout comme cette devinette : « Pourquoi l’immonde Iznogoud est aussi loin du peuple ? En fait il est proche du peuple, mais il est si petit qu’il paraît loin« … à croire que les deux auteurs avaient été informés de l’orientation populiste de l’actuelle campagne du candidat Sarkozy!

Côté gags et  jeux de mots – qui faisaient toute la saveur de la série – là encore, quelques calembours s’avèrent bien tournés. Mais l’ensemble reste quand même assez poussif, voire lourdingue. A cela s’ajoute une volonté de modernisation forcenée – de « jeunisme » – agaçante, traduite par l’introduction d’un psychanalyste (Lâkan), d’un plombier singeant Super Mario, de la raillerie des réseaux sociaux (avec « fez-bouc », une chèvre pouvant parler et répétant « I like » ou  la « truie-teur ») ou d’une référence aux révolutions arabes. Une accumulation de clins d’oeil  qui donne l’impression d’avoir voulu ratisser large plutôt que de bien creuser le récit. Et cette trop grande proximité avec l’actualité fait perdre à ce nouvel album une bonne part de la fantaisie des précédents.
La comparaison pourrait être d’autant plus cruelle que paraît aussi cette semaine aux éditions IMAV, Iznogoud, 25 histoires de Goscinny et Tabary de 1962 à 1978, un beau livre de 280 pages, réunissant en un seul volume vingt-cinq histoires écrites par René Goscinny et dessinées par Jean Tabary, publiées dans Record et Pilote puis éditées en albums.
Bref, pour conclure comme les auteurs dans la dernière case de ce « nouvel album » : PTDR (Pitrerie terminée, donc: rideau).

 

 

 

Un bon plan sur la Comète

Paulette Comète, tome 2: Reine des gangsters intérimaires, de Mathieu Sapin et Christian Rossi, éditions Dargaud, 48 pages, 11,99 euros. Parution le 24 février.

Les super-héros sont de retour. On parlera bientôt de l’anthologie DC Comics qui sort chez Urban comics, en attendant, c’est Paulette Comète,  qui revient pour la suite de ses trépidantes et  burlesques aventures, bien de chez nous et parisiennes, elles.
Déjà super-héroïne par hasard et par intermittence, la jeune étudiante en sociologie est contrainte cette fois, en plus, de devenir reine des gangsters intérimaire, ou plutôt mère poule de la bande à Raymond la Science, contraint de vivoter dans les égouts depuis que leur mentor, le cerveau, est devenu amnésique.
Toujours aussi sensible aux effets de l’alcool et au charme des membres de la Ligue des Gentilshommes invisibles, Paulette va vivre encore quelques moments trépidants… En attendant une suite qui pourrait bien l’emmener jusqu’en Californie.
Distrayante et très second degré, cette série est aux comics ce que Sardine de l’espace, autre série loufoque de Mathieu Sapin, est au space-opera: une parodie pleine d’humour que Christian Rossi semble prendre plaisir à illustrer, dans un style forcément nettement moins sérieux et réaliste que W.E.S.T. Certes pas un chef d’oeuvre, mais une agréable distraction pour les amateurs de second degré et de planches, classiques, joliment dessinées.

 

Le Marsupilami dévoilé

A un mois approximativement de la sortie du film, très attendu, d’Alain Chabat, le Marsupilami commence à se dévoiler. Une récente bande annonce a même permis de révéler à quoi le petit animal va ressembler « en vrai ».

Très « mignon », donc et un brin éloigné – pour le regard en particulier – de l’original.

A voir maintenant ce que cela donnera en action…

La nuit fièvreuse de Mayuko

Les monstres de Mayuko, de Marie Caillou, éditions Dargaud, 64 pages, 19,95 euros. Parution le 24 février.

Le Japon traditionnel en hiver. Après avoir joué dans la neige, bombardant notamment de boules les deux statuettes porte-bonheur de Kitsune le renard et d’un tanuki (bien connu depuis Pompoko, le superbe film de Miyazaki), Mayuko à la fièvre. Elle va passer une nuit de cauchemars, peuplé notamment par la présence envahissante de Kitsune et Tanuki, qui l’emmènent dans un voyage fantastique et inquiétant – qui rappelle un peu, sur le mode asiatique, celui d’Alice au Pays des merveilles.

Voici un très bel album (déjà dans sa réalisation : cousu, papier d’une jolie couleur crème, jaquette magnifique) et d’une belle originalité. Ce récit onirique étrange est sublimé par le graphisme de Marie Caillou. Trait rond et applats de couleurs vives font revivre les mythes traditionnels nippons à travers le style très personnel de cette jeune dessinatrice très appréciée au Japon (notamment pour les motifs créés pour une collection de kimonos dont elle s’inspire aussi ici). Une nuit fiévreuse et haute en couleur pour un voyage vraiment dépaysant.