Satire et ça tire sec ce mercredi

Juste pour le plaisir des yeux… et l’efficacité graphique.

La couverture de Siné Mensuel de ce mois de février

Sinon, le mensuel de Siné annonce au menu le frère de Nicolas sarkozy et Petroplus, La chasse à l’homme à Calais, plus ses chroniqueurs et dessinateurs habituels.

Et celle de Charlie Hebdo de ce mercredi. Aussi efficace, dans son genre.

 

 

Shovel, l’auteur de « Dwarf »
de retour en Picardie

Shovel, alias Mario Sénéchal, amiénois d’origine, désormais réunionnais, auteur de la série Dwarf, sera à la libraire des signes à Compiègne puis à Bulle en Stock à Amiens, début février.

Shovel, alias Mario Sénéchal, posant (dans son blog) avec l'original de la couverture du tome 1 de Dwarf.

Autre occasion de profiter d’un auteur venu de loin, post Festival d’Angoulême, avec le néo-Réunionnais Shovel. Un double passage en forme de retour au pays pour l’auteur de Dwarf, Picard d’origine et qui grandit à Amiens.
Désormais enseignant en arts plastiques, tatoueur et donc avant tout auteur spécialisé dans l’héroïc-Fantasy, Mario Sénéchal (de son vrai nom) sera en dédicace tout d’abord à la librairie des Signes, à Compiègne.
Il viendra dédicacer sa jolie série sur les nains – dont le tome 2 est paru en fin d’année chez Delcourt – mais aussi Six runkels en Amborie (trois tomes, paru chez l’éditeur réunionnais Epsilon). Et, pour l’occasion, Shovel amènera également quelques dessins originaux, mis en vente.
Et le lendemain, samedi 4 février, il sera dans sa ville natale, Amiens, à la librairie Bulle en Stock.

Dédicaces Shovel
Vendredi 3 février, de 15 à 19 heures à Compiègne, librairie des Signes, 17, rue Pierre-Sauvage, tel. 03.44.38.10.18 ou 03.44.38.39.72
Samedi 4 février, de 10 à 13 heures, à Amiens, llibrairie Bulle en Stock, 4, rue du Marché-Lanselles, tel. 03 22 91 50 10.

Delisle et Denis : la preuve par 2
du palmarès d’Angoulême 2012

Inversion transatlantique pour le palmarès d’Angoulême 2012 par rapport à la précédente édition. A l’Américain Art Spiegelman succède comme grand prix le français Jean-Claude Denis. Et alors que le Fauve du Meilleur album était revenu à un album intimiste français, c’est cette fois le québécois Guy Delisle qui le remporte avec ses Chroniques de Jérusalem.

Le Fauve d’or du meilleur album a donc été attribué à Chroniques de Jérusalem de Guy Delisle (paru chez Delcourt), un BD-reportage « détaché » par un spécialiste du genre. A l’inverse d’un Joe Sacco, Delisle ne prend pas partie, mais constate, en faux candide, la réalité israélo-palestinienne.

Pour le reste du palmarès, le Prix du jury est décerné à Frank et le congrès des bêtes (L’Association) de Jim Woodring – qui fait partie des quelques milliers d’albums que je n’ai pas lu cette année…

En revanche, c’est avec plaisir que je vois que le Prix de la série est revenu à Cité 14 – saison 2 (Humanoïdes associés) de Pierre Gabus et Romuald Reutimann, une série qui tient là désormais sa deuxième chance et mérite tout à fait d’être connue et reconnue.

Et pour le reste du palmarès (auquel je rajouterai aussi le prix, très personnel, des albums loupés cette année) :

Prix Révélation pour TMLP (Ta mère la pute) (éditions Cité sous Terre) de Gilles Rochier.

Prix Regard sur le monde : Une vie dans les marges – tomes 1 et 2 (Cornélius) de Yoshihiro Tsatsumi.

Prix de l’Audace : Teddy Beat (Requins Marteaux) de Morgan Navarro

Prix Intergénérations : Bride Stories – tome 1 – (Ki-moon) de Kaoru Mori

Prix du Patrimoine : La dynastie de Donald Duck – Intégrale de Carl Bark.

Fauve du Polar : Intrus l’étrange (Boîte à bulles) de Simon Hureau

Enfin, pour rappel, voici les autres prix « jeunesse » ou tous jeunes évoqués précédemment Fauve Jeunesse : Zombillénium» (Dupuis) – tome 2 – Ressources humaines d’Arthur de Pins. Prix des Ecoles d’Angoulême : Où es-tu Léopold ? tome 2 (Dupuis), de Vincent Caut.

Jean-Claude Denis président

Enfin, le Grand Prix 2012 est revenu à Jean-Claude Denis. Coopté par ses pairs (élus avant lui), il aura donc l’honneur de présider le 40e festival, en 2013. Illustrateur lumineux, scénariste et dessinateur hors pair, âgé de 61 ans, formé à l’Ecole supérieure des arts décoratifs de Paris, il a tâté de la pub et de l’illustration, réalisant de nombreuses couvertures de romans avant de s’attaquer à la BD dans Pilote et A Suivre. 
Après un premier conte illustré pour enfants (Oncle Ernest et les Ravis), en collaboration avec Martin Veyron chez Casterman en 1978, il publie son premier album en solo chez Futuropolis, Cours tout nu.

Par la suite, il développe des séries pour enfants (les Aventures de Rup Bonchemim) tout comme des séries sophistiquées adultes (Luc Leroi, chez Futuropolis puis Casterman). On lui doit aussi divers albums tels que L’Ombre aux tableaux (Albin Michel), les Trains du plaisirs (Dargaud) ou une relecture de Peau d’âne, avec Yann, transposé dans le monde de la Jet-Set et du porno. Sans oublier le magistral Quelques mois à l’Amélie. Son dernier album est le diptyque Tous à Matha (Futuropolis), autobiographique d’enfance.

Côté musique, il a fait partie du groupe Dennis Twist formé par des auteurs tels que Margerin, Dodo, Vuillemin et Denis Sire, avant d’intégrer Les Hommes du président, avec le même noyau dur de musiciens.

Les jeunes prix d’Angoulême 2012

Avant la proclamation, ce dimanche en fin d’après-midi, du palmarès complet et du Grand prix de l’année, quelques premiers prix ont déjà été décernés. Notamment par les jurys jeunes.

Parmi les premiers prix attribués à Angoulême, en cette fin de semaine, le premier prix de la BD Fnac a été attribué à Portugal, de Cyril Pedrosa, qui a déjà reçu le Prix BD du Point. Un récit d’auto-fiction, où l’auteur retrouve ses origines portugaises… Sur quelques 300 pages, il y a en donc qui aiment cet « album magistral » dans lequel, j’avoue, ne pas être entré, malgré un style et un graphisme tout à fait digne d’intérêt.

Plus réjouissant, pour moi, l’album lauréat du « Fauve Jeunesse » est Zombillénium t.2 : Ressources humaines, d’Arthur de Pins (éditions Dupuis). Une récompense qui fait plaisir pour un album déjà salué comme il se doit à sa sortie ici. Pas forcément un album si « jeunesse » que ça – en tout cas largement tout public. Mais un très bon choix, quasi d’évidence dans la sélection, ou pouvaient le concurrencer le dernier album des Aventures de Jules, d’Emile Bravo, Un plan sur la comète (ed.Dargaud) ou le nouveau récit autobiographique du québécois Michel Ragabliati Paul au Parc (édition La Pastèque).

Par ailleurs, le Prix BD des collégiens 2012 (décerné par des élèves d’établissements du Poitou-Charentes) avait été attribué à S.A.M., t.1 : Après l’homme, de Richard Marazano et Xiao Shang (Dargaud); et le Prix des écoles d’Angoulême est revenu à Où es-tu Léopold ? Un pacte en hiver, de Vincent Caut et Michel-Yves Schmitt (Dupuis).

De « Nankin » à Amiens

Première rencontre-dédicaces chez Bulle en Stock Amiens, avec Zong Kai et Nicolas Meylaender pour leur album Nankin.

Première rencontre-dédicace 2012 un peu exceptionnelle à la librairie amienoise Bulle en Stock, ce mercredi 1er février. En effet, Zong Kai, dessinateur chinois, effectue sa première venue en France et passera en Picardie juste après le festival d’Angoulème.

Il sera accompagné (en plus d’une traductrice, pour ceux qui ne maîtriseraient pas parfaitement le mandarin) du scénariste, Nicolas Meylaender.

Nankin évoque l’un des épisodes traumatisants de l’histoire chinoise, celui du massacre et de la mise à sac de la ville, en 1937, par l’armée japonaise. En moins de deux moins, on comptera près de 300 000 victimes. Le drame est raconté ici à travers les recherches d’un avocat chinois d’aujourd’hui pour retracer le parcours d’une petite fille dans cette tourmente. Le tout retranscrit dans un style bien particulier.

Rencontre-dédicaces avec Zong Kai et Nicolas Meylaender, mercredi 1er février, de 15 à 18 heures, à Amiens, librairie Bulle en Stock, 4 rue du Marché-Lanselles, tel. 03 22 91 50 10.

Quand la presse redécouvre la BD
à l’occasion d’Angoulême

Une fois encore, le meilleur traitement BD à l'occasion d'Angoulême est fait par "Libé"

C’est devenu un des marronniers de la presse. Fin janvier, tandis que le monde de la bande dessinée se retrouve à Angoulême, la plupart des titres y vont de leur sujet, semblant découvrir, une fois par an, ce qu’ils ignorent assez largement le reste de l’année.

Cette année 2012, l’angle était d’autant plus facile que la présidence du festival est assurée par Art Spiegelman, l’auteur de Maus, qui a, par son traitement animalier et unique de l’holocauste, demontré qu’on pouvait dessiner des souris sans pour autant se restreindre à faire des « petits Mickeys« . D’où des sujets assez similaires, dès ce mercredi dans Télérama ou l’Express, entre autre, tournant autour du même jeu de mots : « Spiegelman, quel Art »La Croix, elle exhume de son côté « les BD nos enfances« , avec même une accroche en Une.

Les Inrocks font dans la BD régionale

Dans le registre, faux cul, ou mesquin, on notera que les Inrockuptibles consacrent un cahier 16 pages au Festival d’Angoulême, avec l’Axonais-grolandais Benoît Delépine, également scénariste de BD, en couverture, dessiné par Chantal Montellier et un contenu alléchant : Fred réédite son Petit Cirque à l’occasion du festival ; Les idées noires de Sardon ; Raretés suédoises et opulence ibérique : Mise à l’honneur des productions suédoises et espagnoles et tri dans la sélection officielle en quinze albums incontournables de 2011… Sauf qu’il ne s’agit que d’un supplément régional (hors  l’achat en ligne, payé quasiment deux fois le prix) ! Manière d’asséner qu’hormis quelques fous furieux rassemblés en Charente, la BD n’est vraiment pas un sujet digne d’intérêt ? Lors du 25e anniversaire, notamment, les Inrocks avaient consacré un numéro spécial Bande dessinée de haute volée… et diffusé nationalement cette fois !
Terminons en cependant avec deux traitements, tous aussi rituels et désormais traditionnels, mais d’une toute autre importance et intérêt.

Beaux Arts et drôle de beau travail

Le magazine Beaux Arts magazine a pris le parti, depuis quelques temps d’y aller d’un numéro hors-série consacré au neuvième art. Après les mangas, la BD et le sexe ou les comics US, c’est la bande dessinée d’humour qui est à l’honneur dans ce numéro de janvier. Joli résultat, une fois encore. Sous la rédaction en chef de Vincent Bernière, on peut y lire d’intéressantes (et jamais pédantes ni trop pointues) contributions sur les « grands maîtres de l’humour », « la comédie sociale » , les nouveaux satiristes, l’analyse des strips comiques ou du « rire universel » chez Tintin. Le tout complété par 70 planches et une belle bibliographie sélective.

Libération fait pétiller les bulles

Autre « must » associé au festival d’Angoulême : le « Libé tout en BD ». C’est devenu un classique, mais aussi un rendez-vous attendu, venant d’un quotidien qui a une légitimité graphique dans ce traitement, puisqu’il fait appel régulièrement à des dessinateurs de bande dessinée pour illustrer certains articles au quotidien.

On saluera la belle « une », de Dave Cooper (Ripple), très chaleureuse – et illustrant le lancement de la campagne d’Obama, mais aussi une superbe fresque de François Schuiten sur General Motors, un retour sur l’affaire Elodie Kulik illustré par un dessin très délicat (vu le sujet) de Frédérik Peeters, Vuillemin illustrant à la manière de ses sales blagues un sujet sur la recette du chou farci, un dessin magnifique de David Pruhomme pour la nécrologie de Théo Angelopoulos, Ludovic Debeurme et l’interdiction des gros paquebots à Venise ou encore Joost Swarte faisant, sur une pleine hauteur de page l’iconographie de l’enquête sur les marchés de CO2.

Les lecteurs de « Libé » sacrent Coucous bouzon

Spécial BD, également, le cahier livres du quotidien au losange. Toujours aussi avant-gardiste et underground, en revanche. Son ouverture est consacrée à l’album gagnant le « Prix BD des lecteurs de Libération », en l’occurrence Coucous Bouzon d’Anouk Ricard et sa satire de la vie de bureau. Puis vient, notamment, une enquête sur les « allumés suédois » et la nouvelle génération du pays scandinave, un zoom sur l’auteur finlandais Turunen, l’incontournable Art Spiegelman et la chronique illustrée de Willem. Avec son lot assuré de découvertes. A défaut d’aller au Festival, voilà au moins deux façons de conjuguer actu et BD.

Avoir 20 ans et des galères
de jeunes filles d’aujourd’hui

Le bel âge, tome 1: désordre, de Merwan, éditions Dargaud, 72 pages, 14,99 euros.

Paul Nizan est décidément à la mode en ce début d’année. Au-delà des Nouveaux chiens de garde, qui rendent hommage à son pamphlet, c’est la – célèbre – première phrase de son ouvrage Aden Arabie,  «J’avais vingt ans. Je ne laisserai personne dire que c’est le plus bel âge de la vie», qui semble inspirer cette nouvelle série de Merwan.
Particulièrement éclectique, après son péplum en cours avec Bastien Vivès (Pour l’Empire) ou son conte russe l’Ourso, il se plonge avec cette nouvelle série dans les émois de trois jeunes filles et les drames de la post-adolescence. Violette, aux cheveux noirs, qui vit toujours chez ses parents et vivote avec un job à mi-temps, vient de se séparer de son petit ami et ne s’en remet pas ; Hélène, la brune, se débat avec une thèse dont elle ne parvient à voir le bout. Leïla, la blonde platine, elle se retrouve ostracisée par tout le monde depuis qu’elle a couché avec le copain de sa colocataire. Trois filles qui ne se connaissent pas, dont l’histoire avance en parallèle, en courts chapitres de quelques planches, avant que, par le ressaisissement de chacune, elles ne se retrouvent toutes trois devant la même porte d’appartement. A la dernière case de la dernière page, vrai « cliffhanger » pour le tome 2 qui semble indiquer le début d’une nouvelle histoire, désormais unique ?
Joli exercice sensible et bien senti, Le Bel âge s’apparente, notamment par son découpage très séquencé, son montage « cut », ses cadrages souvent très serrés et son « pré-générique » à l’univers du cinéma. Mais son style, avec son graphisme épuré, très expressifs et ses applats de couleur dense, apporte une incontestable personnalité à ce premier album. De quoi donner envie de connaître la suite de l’histoire de ce trio attachant.

Pour le cirque de Fred aussi
c’est grand d’être petit !

Le petit cirque, de Fred, éditions Dargaud, 64 pages, 13,95 euros. Parution le 27 janvier 2012.

Un nouvel album de Fred, un des auteurs majeurs de la bande dessinée franco-belge, est toujours un événement. Même s’il s’agit, comme ici, de la ré-édition d’un ouvrage paru en 1973, lui-même né de planches parues dans Hara-Kiri dans les années 60.
Et même, a fortiori, s’il s’agit d’une telle ré-édition d’un des ouvrages cultes du père de Philémon. Un coup éditorial, qui accompagne l’expo consacrée à Fred lors du prochain festival d’Angoulême, qui se double donc d’un hommage bienvenu. Surtout pour tous ceux, dont je fais partie, qui n’avaient jamais pu lire ce chef-d’oeuvre de jeunesse.

Un « après-propos » également bienvenu, propos de l’auteur recueillis par François le Bescond permet de rappeler la genèse de cette oeuvre atypique. Pour Hara-Kiri (dont il assurait à l’époque la « direction artistique) Fred avait développé une série sur les « petits métiers » improbables : rémouleur de céleris, représentant en trous, etc. Et, parmi, eux, un homme-obus en train de passer une audition pour un petit cirque, où l’on remarquait un forain à chapeau et moustaches, une femme, un petit garçon et une roulotte. Frappé par ce décor et son ambiance mélancolique tout autant que surréaliste, Gébé suggère à Fred de leur « donner vie d’une autre manière« .
Et cela donna donc Le Petit cirque. Suites d’histoires courtes ou, immuablement, le forain – Léopold – ronchonne, sa femme – Carmen – tire la roulotte, leur fils (sans nom) les suit. Et tous avancent dans un paysage généralement arride, de forêts profondes ou d’univers aussi absurdes qu’un flipper géant ou qu’un territoire clôturé par un miroir. Un décor dans lequel la famille de forains fait d’aussi étranges rencontres : chevaux-clowns sauvages, trapézistes voyageurs, funambules-migrateurs et bien d’autres, dont bien sûr l’homme-obus et son double l’homme-bombe. Un monde où il peut être aussi dangereux de jouer à la marelle que d’emprunter des routes au printemps (saison des mariages) ou de tenter de dresser une plante carnivore…

Drôlement grave, d’un humour noir empreint d’une grande poésie, cette « pièce fondatrice et incontournable de l’oeuvre de Fred » (dixit, non sans raison, l’après-propos évoqué plus haut), n’a en tout cas rien perdu de son charme et de sa puissance onirique, pour un regard du XXIe siècle.
Cette ré-édition « remastérisée à partir des originaux et agrementé d’un bonus de quatre pages » (dixit cette fois l’éditeur), avec les teintes bistres des lavis de Fred, prend un petit aspect sépia qui en renforce le côté mélancolique et magique de l’album et lui donne déjà l’allure d’un classique.

Les deux planches de "l'homme-obus", histoire initiale d'où est né "Le Petit Cirque".

La BD réalisée et auto-produite en frères
dans le Courrier picard

La jeune bande dessinée régionale était décidément à l’honneur dans le Courrier picard, ce dimanche 22 janvier.

On a déjà évoqué l’article sur ce jeune auteur saint-quentinois, dans l’édition de l’Aisne. Le même jour, le Courrier picard de Compiègne-Noyon consacrait, lui aussi, un autre article à deux frères, Jean et Pierre Datry (qui ont réalisé et éditent leur album ensemble)…

Les lecteurs du Lundi ont la parole

Chaleureuse, amicale et très intéressante rencontre de début d’année aux Bulles du Lundi, organisées par l’association On a marché sur la Bulle.

Pas de galette, mais des piles d’albums sur la table et des amateurs autour, qui présentent et défendent leurs coups de coeur. Avec une érudition et une passion égales aux pros.

Côté « palmarès », puisque c’est donc de saison, le résultat est éclectique, mais tient incontestablement bien la route. Habibi de Craig Thompson a fait l’unanimité de ceux qui l’avaient lu (dont le directeur de l’association, Pascal Mériaux, qui en fait, lui aussi, son album de l’année). Blast et l’Armure du Jakolass de Larcenet, mais aussi Reportages de Joe Sacco, ou Abélard, de Régis Hautière et Renaud Dillies (qui pourrait bien faire l’objet d’une expo au prochain festival d’Amiens) ont également été cités, et approuvés.

Parmi les « best-sellers » de l’année, Les ignorants, d’Etienne Davodeau et Portugal de Cyril Pedrosa, deux autres « gros » bouquins de l’année, ont, eu, reçu un accueil plus controversé, même s’ils ont obtenu un avis majoritairement favorable. Tout comme Polina, de Bastien Vivès, Chroniques de Jérusalem de Guy Delisle ou 3 Secondes de Marc-Antoine Mathieu, qui ont reçu quelques critiques ou bémols.

Tout l’intérêt de la soirée était aussi de faire découvrir – ou redécouvrir – des albums oubliés ou passés inaperçus dans le grand flux des milliers de parutions. On a ainsi parlé, en bien et entre autre, de la balade de Ya Ya (du Chinois Golo Zhao et Jean-marie Omont, au faux air de Miyazaki), des derniers mangas de la série (superbe) Pluto d’Urasawa, mais aussi d’Aama, de Frederik Peeters (très bon album SF que j’avais raté) ou du Grand Mort de Djian et Mallié sous la houlette de Régis Loisel.

Voilà donc pour un joli bilan. Côté perspectives, deux dates à cocher pour les prochaines rencontres avec des auteurs. Le lundi 5 mars avec Frédérik Salsedo (par ailleurs auteur de l’affiche des Rendez-vous de la BD d’Amiens 2012- et le 2 avril avec Laurent Astier (dessinateur notamment de l’Affaire des affaires, avec Denis Robert).