Cité 14, saison 2, tome 1 : Chers corrompus…,de Pierre Gabus et Romuald Reutimann, ed. Humanoïdes associés, 64 pages, 12,90 euros.
En avril, c’était avec joie qu’on avait pu saluer le nouveau départ de Cité 14, cet improbable serial animalier foisonnant et assez vite addictif. A l’aube d’une deuxième saison totalement inédite – et prévue pour s’étaler sur 6 tomes, le plaisir est toujours intact.
Dans la grouillante Cité 14 cohabitent toujours plus ou moins bien humains, animaux et extra-terrestres. Les deux héros, Hector, le castor reporter au Telegraph et Michel, l’éléphant immigrant clandestin au lourd passé sont toujours engagés dans leur lutte contre le crime et la corruption de leur ville déliquescente, mais leur situation ne s’arrange pas. Le premier est ravagé par la mort de sa femme dont il rend responsable les aliens, et le second défiguré par une maladie étrange qui le pousse à se cacher de ses amis et à rechercher une plante médicinale miracle. Autour d’eux, au fil des douze premiers épisodes, on a vu apparaître toute une faune hétéroclite : Tigerman, un super-héros pas si net qu’il veut le laisser paraître, Buster, le malfrat des bas-fonds, Bambell, le magnat redouté de la cité – qui a donné son nom à la tour immense où se déroule une partie de l’intrigue – Vanita, la jolie caniche éprise de Michel et en pleine dépression ou Tux, l’extra-terrestre aux fausses allures de poulpe.
On retrouvera une partie de personnages dans ce premier épisode, toujours aussi fantaisiste et labyrinthique. On peine donc toujours à comprendre les enjeux et saisir les fils multiples de l’intrigue, mais si les destins paraissent toujours aussi obscurs, les caractères s’affinent et gagnent en profondeur. Quand au style graphique, la plume de Romuald Reutimann joue toujours aussi bien sur les codes rétro, avec un égal dynamisme.
Bref, on est encore loin d’avoir fait le tour de la cité. Mais, ici aussi, l’important n’est pas l’aboutissement, mais bien le plaisir pris en chemin ! Et il ne faiblit pas…
Quand au prochain tome, début novembre, rien que le titre met l’eau à la bouche : Du chavoulch dans le resplandado !
Enfin, pour ceux qui auraient raté le début, les Humanoïdes Associés sortent aussi cet autome un coffret des quatre premiers tomes de la première saison.
