Rendez-vous de la BD : place aux jeunes

Les « journées scolaires », avant le festival de ce week-end ont lieu ce mardi et mercredi. Avec visite des expositions. Et même au Courrier picard, qui accueille l’expo De briques et de sang (notre album chouchou).

La salle Maurice-Catelas du Courrier picard, qui abrite l'expo.

Pendant deux jours, à la veille des Rendez-vous de la bande dessinée d’Amiens, des écoliers aux lycéens, des jeunes de toute la région peuvent visiter, lors de jours dédiés, les expos de l’année. Cette fois, en plus du pôle Cathédrale de l’Université et de la bibliothèque municipale Aragon, certains sont mêmes passés au Courrier picard, 29 rue de la République à Amiens. Le journal accueille, dans sa grande salle « historique » Maurice-Catelas, la jolie exposition consacrée à l’album De briques et de sang et au Familistère de Guise, expo réalisée par un bénévole de l’association On a marché sur la bulle.

Samedi et dimanche, il sera encore possible de découvrir cette expo, mais dans le bâtiment cafétéria du CROUS (en face du Pôle cathédrale de la fac, à côté du ciné Saint-Leu).

Guillaume, qui a réalisé cette expo.

Des élèves du collège de Marseille-en-Beauvaisis (Oise).

Des élèves de Marseille-en-Beauvaisis

Une classe du lycée Boucher de Perthes d'Abbeville (Somme)

Des élèves de Boucher de Perthes

La BD au salon du livre de Saint-Quentin

En attendant Amiens, la semaine prochaine, c’est Saint-Quentin qui fait son Festival ce week-end. Festival du livre et de la bande dessinée.

Côté neuvième art, cette 3e édition du Festival du livre de Saint-Quentin, annonce près de vingt-cinq auteurs. Et pas mal d’éclectisme.

En tête d’affiche, le scénariste Rodolphe (et ses amis Christian Maucler et Georges Van Linthout avec leurs dernières oeuvres, telles Les Petits meurtres ou Mojo).

Le dessinateur de l’Aisne Serge Dutfoy (dont le Courrier picard tire d’ailleurs le portrait ce dimanche 29 mai) sera aussi de la partie, tout comme les Normands Thierry Olivier et Nicolas Stérin, Christophe Alvès, le dessinateur de Malgret (la parodie policière avec Pierre Veys) et bien sûr Vanyda (jeune auteure ayant réussi un joli coup avec sa série  L’Immeuble d’en Face) à qui l’on doit l’affiche de cette édition. Sans oublier, Daniel Fuchs, qui fit partie de la grande époque d‘Hara Kiri, dont il vient de livrer ses souvenirs, en BD, dans « Mes années bêtes et méchantes » (Drugstore).

En bonne logique de l’école « franco-belge »,  la Belgique n’est pas oubliée non plus, avec la présence d’Antonio Cossu, (aujourd’hui enseignant à l’académie des beaux arts de Tournai, passé par Pilote, Métal Hurlant, Tintin ou Circus), Jean Pleyers (notamment dessinateur de Jhen, avec Jacques Martin), l’indépendant Jampur Fraize.

La misère n’est pas plus belle au soleil avec les Poissart

LES POISSART AU PARADIS, Didier Tronchet, ed.Drugstore, 48 pages, 10 euros.

J’ai une tendresse particulière pour les Poissart, la famille « pauvre-mais-fière » créée par Didier Tronchet, au milieu des années 80 dans ses Damnés de la terre Associés, chez Albin-Michel. Une trilogie qui m’a servi de porte d’entrée pour découvrir l’univers de l’auteur nordiste. 

Au sens de l’observation, de l’anecdote et du « petit fait vrai » restitués par l’ancien journaliste localier, s’ajoutaient merveilleusement un sens de la satire sociale – mais avec une certaine tendresse pour tous ses personnages de loosers, aussi pitoyables fussent-ils – et son trait devenu caractéristique, qui font toujours de ces albums un des sommets de l’humour noir.

On peut donc déjà se réjouir de voir la trilogie initiale ré-éditée par Glénat, dans sa collection Drugstore, en quatre tomes et une nouvelle maquette.

A cela s’ajoute donc ce nouvel album inédit, Les Poissart vont au paradis. Mais, en délaissant les histoires courtes précédentes, la force du propos s’émousse et peine à tenir vraiment la distance du 48 pages. Le propos, lui, restait pourtant bien dans l’esprit de la série.

Extrait de la seconde planche des "Poissart au paradis".

Suite à un hasard fortuit, les Poissart, vivant toujours dans leur caravane perchée au milieu d’une décharge, récupérent le billet gagnant de la tomberie truquée montée par le directeur du sanatorium, afin de faire gagner les Landry, riches bourgeois « bienfaiteurs » de l’établissement. Au final, les deux couples, le directeur et son infirmière-chef se retrouvent tous pour un voyage organisé dans un hôtel africain. De quoi se confronter à un nouveau choc des cultures.

Si l’on apprécie de retrouver nos chers héros, ainsi que quelques autres – comme l’animateur M.Paintex – le dépaysement du Nord au sud ne leur réussit pas vraiment. La caricature se fait plus grossière, moins empathique et subtile que dans les précédentes histoires. Pas déshonorant et pas de quoi dépareiller dans la famille des personnages de Tronchet. Mais pas le paradis annoncé non plus.

Paul Gillon a quitté le neuvième art

La bande dessinée traverse un mois de mai endeuillé : c’est avec une grande tristesse que nous apprenons le décès de l’immense dessinateur Paul Gillon, à qui les éditions Glénat doivent notamment la saga L’Ordre de Cicéron mais également Les Naufragés du temps, Fils de Chine et La Survivante. Paul Gillon faisait partie des rares auteurs qui sont parvenus au rang de référence académique tout en restant à la pointe de l’exigence et de l’innovation. C’était un homme qui a toujours suivi sa voie, guidé par un farouche désir de liberté, mais qui utilisait aussi sont talent comme moteur d’aventures collectives restées dans les annales de la BD. Paul Gillon avait des ambitions pour son art, qu’il a contribué à porter plus haut : la bande dessinée le regrettera.

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Hommage amienois à Paul Gillon

Le festival d’Amiens, qui lui avait consacré une exposition rétrospective en 1997,  rendra le week-end prochain un hommage à Paul Gillon, décédé ce week-end à l’âge de 85 ans.

On devrait pouvoir y (re)voir notamment quelques uns des dessins réalisés par François Boucq, Philippe Druillet, Caza ou Moebius dans ce cadre. Et peut-être aussi le dessin original que Gillon avait créé, en 2000, dans le cadre de la célèbre exposition Notre Dame d’Amiens aux couleurs du monde.

Une oeuvre que l’association a exhumé de ses archives et nous a gracieusement transmise. In memoriam

Copyright Paul Gillon 2000 / On a marché sur la bulle

Le dessin de Paul Gillon, réalisé pour l'expo "Notre Dame d'Amiens aux couleurs du monde", en 2000 (Paul Gillon/On a marché sur la bulle)

Derniers souvenirs de Paul Gillon

Paul Gillon est décédé ce week-end à Amiens, à l’âge de 85 ans. Il vivait, discrètement, depuis une trentaine d’années à Ignaucourt, dans la Somme.

C’était à la fin du mois de février 2010. La neige blanchissait la région d’Amiens et c’est avec un peu d’appréhension que j’avais pris la route pour Ignaucourt, petit village en pleine campagne, à  20 minutes à l’est d’Amiens.

C’était là que vivait, depuis trente ans Paul Gillon, l’un des grands noms de la bande dessinée française, maître du style réaliste, qu’il adaptait avec talent à tous les univers (comme le rappelle, avec son habituelle culture encyclopédique Didier Pasamonik dans un post détaillé). Il s’agissait de réaliser avec lui une double page – visible ici – de portrait en situation, posant une personnalité en lien avec son territoire en Picardie. 

Bien que  souffrant d’arthrose, qui lui rendait la vie – et le dessin – difficiles, l’auteur des Naufragés du temps avait été d’une parfaite délicatesse, hôte attentionné et prévenant, tout comme sa compagne qui l’accompagnait discrètement. Il avait accordé plus de deux heures de son temps au journaliste et au photographe du Courrier picard, se prêtant de bonnes grâces à la séance photo, se souvenant avec précision – et avec une légitime fierté – de son parcours.  Et seules les pauses qu’il s’accordait au cours du récit rappelait les difficultés physiques qu’il endurait. Malgré celles-ci, il nous avait aussi fait visiter son atelier, réaménagé sous les combles, au troisième étage de cette grande bâtisse en briques, un étage colonisé par ses oeuvres et ses archives, soigneusement classées.

Au-delà de la présence de ses albums, il me laissera le souvenir d’un grand monsieur.

copyright Fred Haslin / courrier picard

Le maître à l'oeuvre (photo Fred Haslin / courrier picard)

copyright Fred Haslin / courrier picard
Paul Gillon dans son atelier d’Ignaucourt (photo Fred Haslin / Courrier picard)

Guarnido a découvert ce vendredi son expo à Amiens

Copyright : Fred Douchet / courrier picard 2011

Juanjo Guarnido (à droite aux côtés de Pascal Mériaux) visiblement assez épaté du travail réalisé pour installer son expo à Amiens (photo Fred Douchet/Courrier picard)

Juanjo Guarnido, dessinateur de Blacksad a découvert ce vendredi matin l’expo tout juste installée à la bibliothèque Louis-Aragon d’Amiens, qui réunira au total quelque 300 originaux (planches et crayonnés) entre cette partie installée dans la galerie transfigurée de la bibliothèque et la partie qui sera installée au pôle universitaire, pendant les trois jours du festival.

Pour cette partie bibliothèque, le choix a été fait de thématiser par album, avec un pôle pour chacun, rappelant l’histoire, son contexte et quelques anecdotes. Le tout largement enrichi visuellement et encadré, donc, par les planches originales déployées dans les alcôves sur le pourtour de la salle. A cela s’ajoute l’édition d’un petit livret de 16 pages très bien fichu, pour les visiteurs.

L'auteur au milieu de quelques unes de ses planches originales, visibles jusqu'en août à Amiens. (photo Fred Douchet / courrier picard)

Une installation, effectuée par les équipes de la bibliothèque qui a apparemment, et sincèrement, séduit l’auteur, enthousiasmé au point d’essayer de revenir à Amiens le 26 mai, pour aller voir quand même à quoi ressemblerait le pendant au pôle universitaire.

Cette seconde exposition s’annoncera un brin plus technologique, avec écran tactile permettant de feuilleter une centaine de crayonnés, scannés, et une petite installation vidéo dévoilant, en accéléré la création d’un dessin original du « maître »… Dessin conçu ce jeudi dans les locaux d‘On a marché sur la bulle, pour lequel le directeur de l’association à payé de sa personne. C’est en effet Pascal Mériaux qui a servi de modèle au crayonné pour un guitariste de blues… appelé à prendre au final les traits de Blacksad.

Ce dessin, tout comme l’affiche de l’expo (ci-dessous) seront disponibles lors du festival. Et si son dessinateur sera absent, Juan Diaz Canales devrait bien être à Amiens.

Une journée avec Guarnido à Amiens

Juanjo Guarnido, dessinateur de Blacksad sera à Amiens ce vendredi 20 mai.

Cette fois, on commence à sentir l’ambiance des Rendez-vous de la bande dessinée, qui nimbe le début d’été amienois. L’expo Blacksad est déjà en place depuis quelques jours et occupe assez magistralement l’espace du premier grand salon de la bibliothèque Louis-Aragon d’Amiens. Et, ce vendredi, l’un des deux co-auteurs, le dessinateur Juanjo Guarnido sera même présent une bonne partie de la journée dans le bel édifice de la rue de  la République (absent de l’événement, le scénariste Juan Diaz Canales sera, lui, en revanche, présent lors des Rendez-vous de la Bande dessinée, début juin).

L’auteur espagnol participera d’abord à une table ronde (à 15h30).  Puis il assurera une séance de signature (à 17 heures, avec tirage au sort des heureux lauréats) et enfin, il assistera à l’inauguration officielle de l’exposition Blacksad, enquête autour d’une œuvre (à 19 heures).

Et pour ceux qui ne connaîtraient pas encore l’univers polardo-animalier de la série, tous les albums sont en consultation sur place.

Dans un univers années 1950, le héros, un chat noir au museau blanc, Blacksad de son nom, est un détective privé à la Bogart, enquêtant dans l’univers glauque des bas fonds new-yorkais. Le premier album, Quelque part dans les ombres évoque la corruption et la mafia. Le suivant, Arctic-Nation met l’accent sur le racisme, imbriquant ku kluk klan et drame sentimental. Le troisième, Ame rouge traite du maccarthysme et de la chasse aux sorcières. Et le dernier, L’enfer, le silence, transpose son héros dans l’univers poisseux et bluesy de la Nouvelle Orléans.

Cyrielle de Tokyo à Amiens

Prix du Premier meilleur album 2011 décerné dans le cadre du festival de la bande dessinée d’Amiens, Cyrielle a fait une halte amienoise, ce mercredi, à la Caisse d’Epargne (sponsor fidèle de l’opération) entre deux visites d’établissements où elle rencontre des lycéens qui ont choisi (ou pas) son album.

Cyrielle, à droite, aux côtés de Claire Delsart, responsable Mécénat à la Caisse régionale de Picardie et Céline Goubet, directrice-adjointe d'On a marché sur la bulle et en charge du Prix du meilleur album.

Cette halte ensoleillée a été l’occasion d’une discussion à bâtons rompus avec la jeune auteure autour de son drôle d’album aux faux airs de manga, paru chez Kana. Un roman graphique en noir et blanc de quelques 220 pages, au dessin rond et sympathique, contant l’arrivée impromptue à Tokyo d’une jeune ado de 17 ans, venu retrouver son père sur un coup de tête (et l’on découvrira lequel non sans stupéfaction !). J’ai suivi avec un vrai plaisir l’héroïne dans cette découverte, pleine de fraîcheur, de la vie nippone.
Une oeuvre de circonstances, au bon sens du terme. Après un premier projet commun qui n’aboutit pas, c’est sollicité par Thierry Gloris que la jeune illustratrice s’est lancée dans son premier album. Avec honnêteté, elle reconnaît que l’histoire – telle que livrée par le scénariste de Malgré nous – aurait pu se dérouler… dans n’importe quel autre ville. Mais le fait qu’elle se déroule au Japon, d’où elle rentrait juste et qu’elle apprécie beaucoup, apporte une justesse de ton indéniable. « Je l’ai guidé dans l’univers et aidé sur certaines scènes« , souligne-t-elle.

En tout cas, pensé plus ou moins au départ pour un public féminin, Tokyo Home séduit largement au-delà. Confirmation avec ce prix du Premier album, décerné par une très grande majorité de lycéens. En raison, sans nulle doute, de la proximité que l’on peut ressentir avec le personnage principal, et avec l’univers du manga – même si ici, on reste dans un découpage et un style plutôt franco-belge.

Heureuse d’être la lauréate 2011 – « c’est la première fois que je gagne quelque chose, et en plus, c’est pour mon travail – Cyrielle va aussi bénéficier, grâce à ce Prix, d’un retirage de son album… Et peut-être de quoi espérer une suite aux aventures japonaises de son attachante  héroïne ?

En attendant, comme on ne change pas une équipe qui gagne, elle a sur unnouveau projet avec Thierry Gloris, toujours dans un univers contemporain, mais plus fantaisiste et imaginaire. Et, dans un registre plus personnel, elle travaille sur un ouvrage plus personnel, qu’elle dessinera et co-scénarisera, plus tourné ouvertement, cette fois, sur un public féminin.

On aura l’occasion de retrouver Cyrielle sur le festival, début juin. Elle y retrouvera aussi la Caisse d’Epargne de Picardie, qui, fidèle soutien de la manifestation depuis ses débuts, y organisera notamment un quiz sur le pôle numérique (avec abonnements gagner au nouveau et réussi mensuel L’immanquable à la clé).