On est de Mèche

La couverture du premier numéro - forcément historique - de ce vendredi 10 septembre

Un hebdo satirique de 16 pages, grand format, coûtant 2 euros, avec un dessin pleine page en « une » et un autre, plus décalé en dernière page, un mélange de « critique politique, de divertissement humoristique et de provoc’ » (dixit ses iniateurs) ; des dessins et strips signés notamment Diego Aranega, Berth, Caza, Miss.Tic, Jiho complétés par des chroniques de l’entarteur Noël Godin, Etienne Liebig, la chronique ciné de Jean-Pierre Bouyxou, l’analyse sociale de Pierre Concialdi… On aura reconnu non pas Siné Hebdo mais bien La Mèche, dont le premier numéro est sorti ce vendredi (rien à voir donc avec un hebdo satirique du mercredi !).

Déjà du lourd !

Ce premier numéro, qui ne cache pas sa proximité formelle et graphique - ainsi qu’une bonne partie de l’équipe, dont son rédac chef Olivier Marbot - avec son prédécesseur, s’avère en tout cas copieux, avec une grande interview de Jack Ralite sur la culture, un billet de l’éditeur Eric Hazan (La Fabrique) sur la laïcité ou un dossier sur les retraites.

Et l’on notera la « une » (ci-dessus) et son dessin en forme de déclaration d’intention…

Il ne reste plus à espérer qu’il s’agisse là d’une mèche longue !

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Le bon Fluide de l’Huma

Décidément un jour  à pointer que ce vendredi 10 septembre 2010 pour la presse contestataire.

Pour célébrer son premier jour de fête,  l’Humanité a sorti un numéro « collector » très réjouissant illustré par tous les dessinateurs de Fluide glacial. Procédé certes pas inédit pour le magazine « d’umour et bandessinées » qui avait déjà fait de même ces dernières années avec l’Est républicain à Nancy, L’Hebdo en Suisse ou Le Soir à Bruxelles.

Mais, outre qu’il se fait là beaucoup plus visible, le résultat tient fort bien la route avec le journal communiste.

Les Bidochons évoquent le problème Rom (dessin de Binet en page 11 de "l'Humanité" du 10 septembre)

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Les deux picards à la conquête de l’espace

LA GUERRE SECRETE DE L’ESPACE, t.1 : 1957, Spoutnik, de Régis Hautière et Damien Cuvillier, ed.Delcourt, 14,95 euros.

Quarante et un an après le premier pas de l’homme sur la Lune et alors que les programmes de la NASA sont au point mort, le rappel des grands moments de la conquête de l’espace est-il un thème porteur ?  C’est le pari de cette nouvelle série de Régis Hautière, et du jeune dessinateur amienois Damien Cuvillier.

Ici, l’aspect « guerre secrète » prend autant d’importance que l’exploit scientifique et technologique. Ou, plus exactement, l’ambition est de montrer les liens forts et essentiels qui ont unis les deux, en cette période de guerre froide ou l’envoi d’une fusée, puis d’un homme dans l’espace est avant tout une question de primauté idéologique entre l’URSS soviétique et les Etats-Unis.

Pour ce premier épisode, retour au début de l’aventure, en 1957, en union soviétique, pour revivre le lancement du Spoutnik et ce qui l’a précédé. Anatoly Netchaïev, membre du Parti communiste est affecté au Cosmodrome de Baïkonour, pour superviser l’installation du premier missile intercontinental russe, qui pourrait aussi servir de lanceur à un satellite. Et les tensions vont croître, des premiers échecs,  jusqu’à l’assassinat d’un ingénieur qui déclenche une vague de suspicion… Un agent du KGB est alors envoyé sur place.

Décollage réussi

Mêlant judicieusement  rappel historique et récit d’espionnage fictionnel, intrigues inventées mais  basée sur des faits réels, cette Guerre de l’Espace a pris un bon départ. Et s’avère très plaisante à suivre, avec le sentiment de s’instruire (un petit dossier pédagogique complète le livre) autant que de se distraire .

Aussi à l’aise sur les chemins de la croisière jaune que dans le thriller ou le polar historique régional, Régis Hautière livre ici un nouveau scénario dynamique et prenant. Et Damien Cuvillier, pour son premier album (mais on avait déjà pu l’apprécier dans les ouvrages collectifs Les Artistes s’engagent contre le Sida ou Cicatrices de guerres), montre des qualités plutôt convaincantes, avec son style réaliste au trait fin et précis. On apprécie aussi le dessin de couverture de Manchu (alias Philippe Bouchet), grand illustrateur d’oeuvres de  SF… et pour le Centre national des études spatiales ou l’Agence spatiale européenne.

Autre avantage pour ceux qui, comme moi, en sont à appréhender les séries à rallonge, chaque tome de cette série prévue en cinq épisode est une histoire complète (sauf les deux derniers, prévus en diptyque) ; le personnage de Netchaïev faisant le lien entre les albums. Bref, le décollage est réussi !

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