Siné Hebdo est mort, mais ses dessinateurs bandent encore

La bande à Charlie Hebdo ou Philippe Val se sont peut-être réjouis trop vite. A défaut de revenir, Siné Hebdo a fait des petits !

La couv du dernier exemplaire de Siné Hebdo

La couv' du dernier numéro de Siné Hebdo, en avril dernier

Si Siné Hebdo a tiré sa révérence en avril dernier après 86 numéros – pour cause de soucis financiers et, sans doute, de lassitude de sa figure emblématique –  Une bonne partie de l’équipe – journalistes, dessinateurs, chroniqueurs – s’apprête à lancer début septembre un nouvel hebdomadaire…

Les Grolandais vendent La mèche

Localement, en Picardie, les camarades du blog du film grolandais ont déjà vendu… la Mèche, puisque c’est ainsi que devrait s’appeler le nouvel hebdo. Olivier Marbot, ex-rédac chef adjoint de Siné Hebdo et membre de l’équipe fondatrice de La Mèche, en expose les grandes lignes, ci-après : 

 » Comme vous, les salariés et collaborateurs de Siné ont accusé le coup, et puis ils ont décidé de réagir.
Bob et Catherine Sinet ont décidé de stopper l’aventure, c’est leur droit le plus absolu et nous comprenons leurs raisons. Mais nous, bordel, on avait encore plein de choses à dessiner et à raconter !
C’est comme ça qu’est né le projet de relancer un hebdo satirique. De gauche, pour ceux qui se poseraient la question…
On espérait prendre la relève dès le mois de mai, ça n’a pas été possible, trop compliqué, trop cher, trop court.
Mais on vous donne rendez-vous à la rentrée de septembre, dans les kiosques, à la Fête de l’Huma et partout où nous pourrons venir à votre rencontre.
Le nouveau journal s’appellera La Mèche (on vous laisse imaginer les jeux de mots et les déclinaisons graphiques que les dessinateurs ont commencé à nous proposer). Vous y retrouverez une bonne partie des chroniqueurs et dessinateurs que vous aimiez dans Siné Hebdo.

Une trentaine d’auteurs déjà partants… avec Siné

Déjà, Jiho, Guy Bedos, Marc Large, Berth, Laure Noualhat, Noël Godin, Aranega, Flav’, Jean-Pierre Bouyxou, Laurence Romance, Miguel Benasayag, Vuillemin, Martin, Caza, André Langaney, Lindingre, Anne Steiger, Etienne Liebig, Avoine, Carali, Faujour, Pierre Concialdi, Georges Yoram Federmann, Decressac, Jeanne Folly, Charles Fontaine, Carlo Santulli, Goubelle, Nathalie Gathié, Gudule, Thierry Pelletier, Miss. Tic, Mix & Remix, Rémi, Sergio ont répondu favorablement à notre appel !
Christophe Alévêque, Frédéric Bonnaud, Loup, Patrick Raynal et bien d’autres devraient nous rejoindre rapidement.
Sans compter de nouvelles signatures que vous découvrirez très bientôt et… et… et… SINE en personne, qui semble bien décidé à poursuivre sa Zone (actuellement sur internet) dans La Mèche !! Si !!   »

Un site provisoire est en place et, pour ceux qui sont présents sur Facebook, on peut déjà devenir « ami » avec La Mèche.

Le bon vieux  journal papier, lui, est annoncé pour la semaine du 6 septembre. Enfin une bonne raison d’attendre avec impatience la rentrée !

L’humour extra Large

Large, qu’on a pu – ou peut encore – lire dans Siné Hebdo, Bakchich ou Kamikaze, va sortir un livre de ses Dessins mal élevés d’actu , en septembre aux éditions de La Lauze.

Dessin de Large sur l'affaire Porte à France-Inter

L’occasion de reproduire ce (bon) dessin, issu de son blog, qui a été choisi pour illustrer la pétition à faire signer en soutien à Stéphane Guillon et Didier Porte, virés de France-Inter en ce fin de mois de juin.

Damien Cuvillier se jette à l’eau

Série de Gérard Cousseau et Damien CuvillierLES SAUVETEURS EN MER, t.1 : Alerte à Pen Drû, de Gérard Cousseau et Damien Cuvillier, ed. Vents d’Ouest. 48 p., 9,95 euros. Parution le 1er juillet.

Tout jeune auteur Picard, illustrateur, vainqueur en 2006 du Prix régional de bande dessinée au festival d’Amiens, Damien Cuvillier se lance dans le grand bain cet été. Et même doublement.

Auto portrait de Damien Cuvillier

Fin août devrait paraître La Guerre secrète de l’espace (chez Delcourt)  avec au scénario un autre Picard, Régis Hautière.

Et dès le 1er juillet, dans un tout autre genre, paraît Alerte à Pen Drû, dans une nouvelle série appelée, on peut l’espérer, à se poursuivre, des « Sauveteurs en mer » (chez Vents d’Ouest cette fois).

Avec Gérard Cousseau au scénario, Damien Cuvillier plonge donc dans l’univers des sauveteurs de la Société nationale des sauveteurs en mer (SNSM), bien connue sur notre littoral, versant humour, un peu dans l’esprit des séries comiques de professions déclinées à la chaîne chez Bamboo.

Le scénariste a pris le parti de ne raconter ici que des histoires qui se terminent bien !  Avec l’objectif de faire rire tout en faisant connaître le monde des sauveteurs en mer, Bref, rien de cynique ou d’irrespecteux à l’égard de ses courageux et discrets bénévoles. Tout cela est plutôt classique et gentillet. Et l’album s’achève sur deux pages de présentation sur la SNSM.  Mais les gags sont sympathiques, les bouilles bien cernées, avec un trait rond et chaleureux, et l’ensemble devrait avoir du succès dans les postes de sauvetage de la côte, cet été !

Riff Reb’s pas du tout à côté de la plaque

L’auteur havrais Riff Reb’s s’est lancé dans une activité inédite : la réalisation d’une plaque émaillée sur Pierre Mac Orlan, destinée à venir orner la salle de spectacles du même nom de Péronne. Photo Daniel Muraz

L’auteur de Myrtil  Fauvette ou Glam et Comet continue un petit bout de chemin avec Pierre Mac Orlan. Après sa superbe adaptation d’A bord de l’étoile matutine, chez Futuropolis, le dessinateur normand a été sollicité par Péronne pour faire… une plaque destinée à orner la salle de la ville de Haute Somme portant le nom de l’écrivain natif du coin.

Un travail inédit pour lui, qui a eu carte blanche pour la réalisation. Il s’est finalement orienté vers la création d’une plaque émaillée, dont la production a été confiée à l’Emaillerie belge, un des grands noms en la matière.

Côté création, Riff Reb’s est resté dans le style graphique de son album, y insérant aux côtés de l’écrivain ses personnages emblématiques, comme il l’a confié au Courrier picard.

Le dévoilement de l’oeuvre est prévue pour ce samedi 26 juin. Et dans la foulée, le même soir, le dessinateur se lancera dans l’illustration en direct du concert de Thomas Fersen, toujours dans le cadre de l’hommage péronnais à Mac Orlan.

Un nouvel album collectif régional sur la Gouttière

Après le succès éditorial et public de Cicatrices de guerre(s),  évoquant la guerre de 14/18, les éditions de la Gouttière, émanation de l’association du festival de bd d’Amiens, ont en projet un nouvel album collectif, associant auteurs de Picardie et grands noms d’ailleurs.

pochette de l'album du groupe Supertramp, sorti en 1975

Dès 1975, Supertramp annonçait la couleur dans son album "Crisis, What Crisis ?"

Il s’agira cette fois d’histoires courtes sur « la crise ». Un ouvrage attendu pour l’an prochain. Et, vu le climat général dans l’ Hexagone, tout laisse à penser, en tout cas, que le thème sera encore d’actualité en 2011…

Delépine fait son cinéma dans « Pilote »

Le journal qui s'amuse à revenir à sa guise.Depuis une poignée d’années, Pilote, le célèbre magazine arrêté sous sa forme mensuelle en 1989 revient en parfait irrégulomadaire thématique souvent de très bonne facture.

C’est encore le cas avec la sortie de ce numéro de juin sur « Bande & ciné »… Malgré une couverture un peu mièvre du surestimé Jul, c’est un festival tout au long des quelque 130 pages. 120 auteurs, dessinateurs et réalisateurs racontent leurs rapports entre 7e et 9e art. En dessins ou en interview, comme l’axonais Benoît Delépine , qui livre quelques « confidences d’un grand guignol« .

Benoît Delépine dessiné par Pascal Rabaté

Benoît Delépine dessiné par Pascal Rabaté

Une très agréable lecture de vacances.

Séance de rattrapage : deux Arleston

LES GUERRIERES DE TROY, t.1: Yquem le bienveillant, d’Arleston et Dany, ed.Soleil, 48 pages, 13,50 euros.

LORD OF BURGER, t.1 : Le clos aux épices d’Arleston, Alwett, Balak, Zimra et Andry, ed. Glénat, 96 pages, 10 euros.

On les avait un peu oublié en route. Et pourtant, voici deux albums qui valent le détour. Chacun dans leur genre.

Des Troyennes en force

Le premier est la dernière déclinaison en date de l’univers de Troy. Et si l’on commence à sérieusement se perdre dans ce monde de plus en plus foisonnant, ce nouvel album  vaut le détour. Et pas seulement pour la magnifique couverture en simili relief !
Cette nouvelle série marque en effet la rencontre – au sommet – entre Christophe Arleston, le papa de Lanfeust, des Trolls et des autres personnages si attachants de cet univers d’héroïcomique-fantasy, et de Dany, le créateur d’Olivier Rameau.

Et tous partagent un goût manifeste pour les plantureuses et jolies héroïnes qui se dévoile fort bien ici (les jeunes femmes, elles aussi, se dévoilent d’ailleurs assez souvent au fil des pages…).
Ces Guerrières de Troy nous ramènent quelque 2500 ans avant les aventures de l’enfant des étoiles. Dans une époque encore plus médiévale, on va suivre les péripéties de trois guerrières mercenaires embarquées dans une étrange expédition humanitaire.
Moins ouvertement humoristique que Lanfeust, ce premier album débute chez les pirates, glisse vers une histoire de quête et se termine dans une ambiance à la Conan. Bref, de la grande aventure sévèrement galbée !

Burger Kings !

Changement d’ambiance et pari plus audacieux encore pour le scénariste vedette des éditions Soleil. Avec Lord of burger, Christophe Arleston (avec Audrey Alwett) – qui pour le coup publie chez Glénat – se lance dans le vrai-faux manga culinaire. De quoi faire songer aux Gouttes de Dieu de Tadashi Agi et Shu Okimoto, mais les intrigues oenologiques des deux Japonais se trouvent ici transposées au coeur d’un restaurant 3 étoiles parisien en pleine tourmente.

Après la mort mystérieuse du chef – enfermé dans sa chambre froide – ses deux enfants sont contraints de reprendre les rênes de l’établissement assailli de dettes. Pas évident quand l’une se destinait à la sculpture sur glace et l’autre, par provocation, travaille dans un fast-food… Saga familiale saupoudrée de polar, ce premier tome évoque aussi avec didactisme et justesse l’univers des cuisines de la grande restauration, avec l’approbation en préface de Yannick Alleno, chef du Meurice à Paris et même la recette dessinée du poireau et à la béchamel et truffes en papillottes en bonus !

Un album assez surprenant (et bien mis en valeur par le dessin dynamique de Balak et Zimra, tous deux venus de l’univers de l’animation) qui se déguste en tout avec grand plaisir. Bref, une bonne adresse à retenir.