La croisière s’amuse

LE MARIN, L’ACTRICE ET LA CROISIERE JAUNE, t.1 : un nouveau départ, de Régis Hautière et Arnaud Poitevin, ed.Quadrants (Soleil), 48 pages, 10, 50 euros.

Certains se souviennent peut-être encore de cette série télé des années 70, La Cloche tibétaine (avec Coluche et Philippe Léotard notamment), qui avait fait redécouvrir la Croisière jaune, cet époustouflant raid automobile de près de 11 000 kilomètres, ayant traversé en 1931 et 1932 une grande partie de l’Asie, de l’Himalaya et du désert de Gobi.

Régis Hautière donne ici, à son tour, un « nouveau départ » à la fabuleuse épopée voulue par André Citroën, vue à travers le regard de Victor Point, le « marin » du titre et l’un des chefs de l’expédition. Partagé entre son goût pour l’aventure et son amour resté à Paris, il écrira tous les jours à « l’actrice », Alice Cocéa.

Le scénariste amiénois a choisi ce balancement romanesque pour donner du relief à son récit. Bien mis en scène par le trait libre mais de plus en plus précis d’Arnaud Poitevin, cette nouvelle série paraît très bien partie à l’issue de ce premier album (qui s’achève sur le départ vers la Chine de l’expédition).

Bon vent à Ullcer et Hautière

VENTS CONTRAIRES, moissons rouges t.1/2, Régis Hautière et Ullcer, éditions Delcourt, 48 pages. 12,90 euros.

La couverture accroche d’entrée le regard, avec son personnage ensanglanté derrière un étrange casque de vue nocturne infra-rouge. Et ce thriller aussi, au bout de ce premier volet, accroche le lecteur. Un album qui suit le retour en Bretagne perturbé d’Yvon Lebihan, ancien soldat dans la marine reconverti dans la photographie animalière. Mais il n’aura guère le temps de se consacrer aux oiseaux côtiers, plongé en plein cauchemar après avoir porté secours à une jeune fille en détresse poursuivie par des hell angels meurtriers. En parallèle, on apprend aussi – mais sans en saisir du tout la raison – la mort violente de plusieurs biologistes à travers la planète.

Le dessin semi-réaliste d‘Ullcer (qui a récupéré la série au pied levé et s’en sort très bien) restitue bien cette énergie. Connu pour ses histoires aériennes (Au-delà des nuages notamment), l’Amienois d’adoption Régis Hautière effectue là un nouvel envol qui, on peut l’espérer, l’emmenera haut également.