Séjours américains

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La Princesse du sang

1950. Sur une plage de l’Atlantique, le kidnapping d’une fillette tourne au bain de sang. L’unique survivant du massacre disparaît en emmenant l’enfant. 1956. La photojournaliste Ivory Pearl passe les fêtes en Normandie chez Robert Messenger, un ancien officier de la Royal Air Force devenu lors de la guerre son protecteur et ami. Fatiguée de courir le monde et de montrer la violence qui règne partout, elle décide de prendre une année de repos dans un endroit isolé et de n’y photographier que la nature.
Violence et besoin de calme alternent dans le dernier récit de J.-P. Manchette pour donner un livre dense et fort. Mêlant avec bonheur aventure et polar, action et géopolitique, cet ouvrage intègre toutes les recettes du roman noir cher à l’auteur. Le dessin réaliste de Max Cabanes vient encore ajouter en tension un scénario sombre et complexe où s’enchevêtrent services secrets et mafia dans le décor superbe d’un Cuba sous la coupe de Batista. Passionnant !
La Princesse du sang, Jean-Patrick Manchette, Max Cabanes. Editions Dupuis, 80 pages ; 15,50€

Hollywood

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Lassé de la cuisine anglaise, et parce que la MGM lui a offert un pont d’or, le grand Hercule Potiron a daigné accepter incarner son rôle à l’écran.  Mais les scénarios ne sont pas du tout, mais alors pas du tout à la hauteur des petites cellules grises du célébrissime détective belge. Il va donc prendre les  choses en main et écrire lui-même des intrigues criminelles enfin digne de son brillant cerveau… et les choses vont se gâter. Et l’Amérique va trembler !
Le deuxième volet de cette hilarante parodie dédiée au personnage d’Agatha Christie est égal en drôlerie au premier épisode. Respectant les règles du genre, les auteurs restent fidèles au personnage mais en grossissent les travers. C’est drôle et irrévérencieux. On en redemande ! Pour le personnage titre, les auteurs ont retenu le physique de l’acteur anglais David Suchet qui est Hercule Poirot à la télévision.
Hercule Potiron, tome 2 – Hollywood, Pierre Veys & Giancarlo Caracuzzo. Editions Delcourt, 56 pages; 13,95€

Des pages d’histoire

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Entre les Bulles

Katarina

Octobre 1940. Caserné dans la région de Cologne où il s’ennuie, Martin s’efforce d’obtenir sa mutation à Paris, espérant secrètement pouvoir y retrouver Katarina, son ancienne voisine d’autrefois, juive allemande réfugiée dans la capitale française. Pendant ce temps, à Paris, Katarina, oubliant ses origines est devenue Catherine. Elle voit la mise en œuvre des mesures anti-juives du gouvernement de Vichy. Son oncle, industriel français qui a combattu à Verdun ne peut croire qu’un pays qui l’a honoré d’une décoration puisse le trahir. Pourtant, parce qu’israélite, il sera dépossédé de son entreprise…

Un récit prenant sur un thème toujours d’actualité : l’autre n’est pas un homme vrai ! Les auteurs, respectueux de l’histoire se sont – intelligemment – attachés à éviter le manichéisme. Un récit où les failles, les faiblesses humaines sont montrées de façon subtile. Bien qu’étant le quatrième volume d’une série, cet album peut se lire seul, la compréhension du récit n’est pas altérée. Un ouvrage de qualité !

Amours fragiles, T. 4 – Katarina, Beuriot et Richelle. Ed. Casterman, 64 pages ; 14€.

Monsieur Vincent

En 1947, sort « Monsieur Vincent », un film de Maurice Cloche, le rôle titre est tenu par l’inoubliable Pierre Fresnay. Il s’agit de l’émouvante biographie de Saint Vincent de Paul qui rencontre un  immense succès populaire. Raymond Reding va en réaliser une adaptation BD. Issu d’une famille pauvre, Vincent de Paul va connaître un destin incroyable. Réduit en esclavage en Tunisie, il s’échappe et devient curé d’une petite paroisse pauvre. Puis il est nommé précepteur des enfants du prince de Gondi, l’une des plus riches familles du royaume. Frappé par la misère des paysans de France, il fonde plusieurs ordres caritatifs et s’occupe tout autant des galériens que des enfants abandonnés. Sans faire de prosélytisme religieux, cet album montre un homme qui a consacré sa vie à faire le bien. Un superbe exemple d’abnégation et de dévouement, le récit d’une généreuse humanité.

Cette première grande histoire de Raymond Reding, publiée à l’origine dans le journal de Tintin en 1957 marque l’entrée du dessinateur dans la cour des grands. Réalisée dans une ligne claire réaliste et chatoyante, la vie de « Monsieur Vincent » s’est d’emblée imposée comme un classique de la BD moderne.

Monsieur Vincent, L’ami des pauvres. Raymond Reding. Ed. Le Lombard, 56 pages, 18€.