La bonne étoile de Riff Reb’s

À bord de l’étoile matutine par Riff Reb’s, d’après le roman de Pierre Mac Orlan, ed.Noctambule/ Soleil, 120 pages,17,95 euros.

Ce n’est pas l’ouvrage le plus connu de Pierre Mac Orlan, mais c’est à nulle doute un album marquant de Riff Reb’s.

L’auteur de Myrtil Fauvette et du Bal de la sueur, Havrais – d’où une inclination facile à comprendre pour les histoires maritimes – s’est plongé avec passion dans ces récits de pirates bien loin de Stevenson ou plus encore des Pirates des Caraïbes.

Ici, l’équipage de l’Etoile Matutine est décrit sans héroïsme, mais non sans un certain lyrisme noir. Narré comme un grand flash-back par un vieil homme qui raconte sa vie à bord de ce navire de pirates au début du XVIIIe siècle, l’album découpé en courts chapitres embarque le lecteur dans une traversée haute en couleur. On apprendra pourquoi une diva italienne est abandonnée sur un rocher, on verra que la vie d’un homme vaut celle de quatre chiots, comment une expédition à Santa Cruz se confronte à la peste ou l’irrépressible nostalgie de l’ancien marin fixé à terrre.

Avec Riff Reb’s, Mac Orlan a trouvé en tout cas une bonne étoile. Le dessinateur redonne vie à ces « gueux de la mer » avec une force saisissante, dans un album qui lance magistralement la nouvelle collection Noctambule, de romans graphiques de chez Soleil.