Les désirs de Monsieur, la force de sa servante

capture-decran-2016-11-06-a-20-08-09Monsieur désire ? Hubert (scénario), Virginie Augustin (dessin). Editions Glénat, 128 pages, 17,50 euros.

Au basculement entre l’Angleterre georgienne, fin de siècle et libertine, et l’austère royaume victorien, l’arrivée d’une humble servante dans la maison d’un jeune lord aux mœurs dissolues va bouleverser la vie de l’un comme de l’autre.

Arrivée de sa campagne, Lisbeth entre comme femme de chambre dans la maison de lord Edouard. Avec ce que la pression sociale et la rigueur de classes impose comme effacement. Mais progressivement, la servante va devenir malgré elle la confidente de l’aristocrate raffiné mais dévergondé. Par son mutisme, sa capacité empathique à supporter les excès et les provocations de son maître, une étrange relation va se nouer entre eux. Et Edouard va en arriver à raconter sa vie, provoquant la jalousie et l’offuscation de toute le petit personnel, jusqu’à une manipulation dont Lisbeth sera victime…

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Il était une fois… Andersen

andersen_couvAndersen, les ombres d’un conteur, Nathalie Ferlut. Editions Casterman, 128 pages, 20 euros.

Un biopic sur Andersen raconté à la manière d’un conte, c’est le parti-pris plutôt réussi de cet album de Nathalie Ferlut à la facture originale et personnelle.

Ses contes sont moins connus que ceux de Perrault ou des frères Grimm et la vie de Hans-Christian Andersen l’est encore moins. Celle-ci débute plutôt tendrement, au début du XIXe siècle à Odense, au Danemark, chez une mère blanchisseuse et un père cordonnier et poète, qui fait partager à son jeune fils son univers merveilleux, enchantant tout. Mais le père part (et meurt) à la guerre. Et l’univers du fils se racornit, avec une mère courageuse mais surtout très pragmatique. Contant d’abord sur son joli filet de voix, Hans-Christian se rêve une carrière de chanteur lyrique et fugue vers Copenhague. Sa vocation ne sera pas couronnée de succès, mais il trouvera dans la capitale danoise un ami pour la vie et débutera une vie d’écrivain, après un premier roman remarqué et des contes qui vont progressivement faire sa notoriété et sa richesse. A défaut de son bonheur…

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De Crécy fait de nouveau escale au bord de la Loire, à Blois

Grand Boum (grand prix) du festival de Blois 2015, Nicolas de Crécy a donc droit à son exposition. Visible jusqu’à fin décembre à la Maison de la bande dessinée, à Blois.

de-crecy-01-7deb4Le visiteur de l’expo est accueilli par un exemplaire de la grosse monographie éditée chez Mel Publisher, brossant l’ensemble de l’oeuvre de Nicolas de Crécy. Déjà montée en partie à Quimper, l’expo de planches originales évoque donc tous ses livres de Foligatto (1991) jusqu’à Un monde flottant, qui vient de paraître dans la collection Noctambule (éditions Soleil).

La scénographie est ici minimaliste (comparée à l’expo Goetzinger de l’an passé par exemple), mais la disposition et l’éclairage mettent bien en lumière les quelque 80 dessins exposés. Ceux-ci reviennent sur tous les albums de l’auteur…

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L’Alex nouveau est arrivé

Le nouveau recueil annuel de dessins d’Alex, dessinateur du Courrier picard vient de sortir. Une façon de revoir l’année 2016 avec férocité et drôlerie.

capture-decran-2016-12-04-a-16-04-05« Primaire », l’actualité l’a encore été souvent en 2016. Avec Alex, elle se fait aussi grinçante, piquante, impertinente et surtout réjouissant. Tous les matins, il offre l’occasion d’un premier sourire avec son dessin en dernière page du Courrier picard. Et chaque fin d’année, il revient aussi avec un « bonus », en forme de recueil de ses meilleurs dessins. Recueil qui comprend traditionnellement aussi quelques « inédits » – dessins refusés au cours de l’année ou créations totalement inédites, comme cette fois avec quelques photomontages drôlatiques. L’édition 2016 vient de paraître (aux éditions Courrier picard, 114 pages, 9,90 euros).

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Gai-Luron est triste, Hamster moins jovial… Gotlib est mort

Les éditions Dargaud ont annoncé ce dimanche le décès de Gotlib, âgé de 82 ans.

cy11czhweaa8q8lGai-Luron est triste, Hamster moins jovial et nous tombe dessus un petit coup de blues et de nostalgie. Gotlib, alias Marcel Gottlieb est décédé à l’âge de 82 ans.
De Pif et Vaillant, où il fit ses armes au début des années 60 jusqu’à son retrait progressif de Fluide glacial, il aura marqué des générations de lecteurs, révolutionné en partie la presse BD à l’aube des années 70, suscité de nombreuses vocations et incité à plusieurs reprises de ses oeuvres (récemment encore Gai-Luron ou Super Dupont) toujours marquées par une humble dévotion à leur créateur.

Et pour beaucoup, il aura marqué indélébilement (et pas débilement du tout) les esprits par cet humour loufoque, non sensique (et parfois scatologique) puisé en partie chez les Américains de Mad mais qui apparaissait comme une vraie nouveauté et un grand coup d’air frais…

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La bande dessinée prend le maquis à Grenoble

Grenoble accueille pendant six mois une exposition consacrée à la bande dessinée et à la résistance. Parmi les auteurs, le Picard Olivier Frasier.

la-bd-prend-le-maquis_affiche« Capitale des Alpes » (et ville la plus plate de France, mais c’est une autre histoire), Grenoble a longtemps été aussi surnommée « capitale des Maquis », en raison de sa proximité avec ceux du Vercors et de l’Oisans et de son rôle actif pour se libérer de l’occupant allemand en 1944. Grenoble a aussi vu naître et prospérer l’une des plus grandes maisons d’éditions de France: Glénat. Il fallait bien que ces deux univers se rencontrent.

C’est chose faite, du 3 décembre jusqu’au 22 mai 2017, au Musée de la Résistance et de la Déportation avec une exposition inédite « La BD prend le maquis », réalisée en partenariat avec le musée national de la Résistance, les éditions Glénat et le Dauphiné Libéré

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Anuki toujours en course

anuki_t6_couvAnuki, tome 6 : la Grande course de printemps, Frédéric Maupomé (scénario), Stéphane Sénégas (dessin). Editions de la Gouttière, 40 pages, 10,70 euros.

Anuki, le petit indien devenu « fétiche » des éditions amiénoises de La Gouttière, en est déjà donc à sa sixième aventure.

Au village, c’est le moment de la grande course de printemps (sorte de course à obstacles à la mode des indiens). Anuki entend bien l’emporter sur tous les autres petits indiens. Mais voilà qu’une jeune fille, Nuna, entend participer à l’épreuve, pourtant réservée aux garçons. Et elle n’entend pas, elle non plus, se laisser marcher sur les pieds. Le début d’une rivalité qui va progressivement évoluer au fil des épreuves, de la course en canoé au passage d’un ravin en tyrolienne, plus quelques cigognes vindicatives…

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Yin et le dragon, la belle prise

yin-et-le-dragon_couvYin et le dragon, tome 1: Créatures célestes, Richard Marazano (scénario), Xu Yao (dessin et couleurs). Éditions Rue de Sèvres, 60 pages, 14 euros.

La pêche, c’est comme une boîte de chocolats, on ne sait jamais vraiment sur quoi on va tomber… Dans Yin et le dragon, Richard Marazano, auteur prolifique, nous le fait vérifier.

Son histoire nous mène en Chine, dans la banlieue de Shanghai, à l’été 1937, à la veille de l’invasion japonaise qui marquera le début de la seconde guerre sino-japonaise. On y suit Yin, jeune vendeuse de poissons (frais) que son grand-père Li pêche la veille, au large de la mer de Chine et parfois au péril de sa vie. Plutôt dégourdie sous son chapeau de paille conique et ses deux couettes tressées, Yin l’orpheline vit avec le vieux Li dans des conditions spartiates. Alors que son grand-père refuse encore et toujours de l’emmener pêcher, elle décide, un soir, de braver l’interdit en embarquant en cachette à bord du bateau. Le vieil homme n’y voit que du feu.

Habitué à prendre des anguilles dans ses filets, il capture cette fois, involontairement, un tout autre animal : un dragon irradiant une lumière dorée. La prise légendaire se débat, blessant au passage le vieux pêcheur, avant finalement d’être mise K-O. par un obus tiré depuis un navire de guerre japonais se préparant à l’offensive. Aidé de l’intrépide Yin, Li parvient à ramener le dragon blessé sur la terre ferme où les militaires impériaux japonais ont débarqué pour imposer « une nouvelle ère » et « porter un coup d’arrêt à la dégénérescence des peuples d’Asie« . Une nouvelle réalité et de nouvelles épreuves à gérer pour le grand-père et sa petite-fille sachant qu’il faut cacher le dragon et satisfaire son appétit gargantuesque en dépit des restrictions imposées par les militaires japonais…

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Roller Girl, ça roule bien

roller-girl_couvRoller girl, Victoria Jamieson. 404 Editions, 240 pages, 9,95 euros.

Le Roller Derby ? Pour certain(e)s, cela évoquera le film Bliss, qui a popularisé un peu en France ce sport de course en patins à roulettes typiquement américains ; pour d’autres, ce sera plutôt Rollerball, la version futuriste et ultra-violente décrite par Norman Jewison.

Rien à voir ici, avec ce comics réalisée par une quasi-homonyme, la dessinatrice Victoria Jamieson, qui décrit l’apprentissage de ce sport par une jeune fille de 10 ans, Astrid. L’écolière découvre le roller par hasard, grâce à une « activité culturelle et éducative » proposée par sa mère. Mais si sa meilleure amie, Charlotte, n’adhère pas au spectacle, Astrid, elle est fascinée. Et elle persuade sa mère de l’inscrire à un camp d’entraînement junior pendant l’été. Quitte à lui mentir quand Charlotte décide d’aller plutôt faire un stage de danse. Les débuts seront plus que laborieux, mais Astrid s’accroche et va se découvrir une place dans ce nouveau groupe…

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Heureux qui comme Ulysse a fait des beaux Voyages

voyages-dulysse_couvLes voyages d’Ulysse, Emmanuel Lepage, Sophie Michel (scénario), Emmanuel Lepage, René Follet (dessin). Editions Daniel Maghen, 221 pages, 29 euros.

Nouvelle odyssée hors norme pour Emmanuel Lepage, pour un voyage à la fois pictural, littéraire et personnel, qui revisite à sa façon l’oeuvre d’Homère.

Fin du XIXe siècle, à Istanbul. Un obscur peintre, Jules Toulet, recherche sa muse, Ana, qui vit quelque part dans une ville du pourtour méditerranéen. Dans la dèche, il doit à ses oeuvres d’être remarqué par le capitaine Salomé Ziegler, qui l’accepte à bord contre la réalisation d’un dessin par semaine. La mystérieuse jeune femme qui pilote avec charisme L’Odysseus s’intéresse aussi beaucoup à la peinture. Et elle aussi est en quête. Elle recherche un peintre nommé Ammôn Kasacz, pour remplir un devoir familial. Or, Toulet pourrait bien l’aider dans cette recherche qui va les emmener de port en port. Entretemps, Salomé confie à Jules les liens qui la lient à Kasacz et les drames qu’ont traversé sa famille…

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