Streamliner à tombeaux ouverts !

Streamliner, tome 2: All in day, Fane. Edition Rue de Sèvres, 22,50 euros

Attention au départ ! Dans un désert de western, quarante bolides rugissants s’apprêtent à vrombir pour la course de streamliner, la plus sauvage et la plus dangereuse de l’histoire: la run rebel race ! Retransmise en direct à la télévision, cette course motorisée (faisant référence aux courses de record de vitesse dans les années 50-60 aux Etats-Unis) tiendra tous ses promesses et au-delà !

Sur la ligne de départ, les pilotes des plus chevronnés rassemblent toute la lie de la société : marginaux, hors la loi, amazones, rockeuses et rebelles de tout genre… Très vite, cette course où tous les coups sont permis va se transformer en un véritable jeu de massacre dont l’enjeu de la victoire est devenir le nouveau chef du gang des Red Noses. Cette course à tombeaux ouverts qui pour certains se terminera dans le cercueil n’aura qu’un vainqueur, celui ou celle qui survivra à cet ultime run…

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Pour Boris Vian, c’est hommage et désert

L’automne à Pékin, d’après le roman loufoque et délirant de Boris Vian, Gaëtan et Paul Brizzi. Editions Futuropolis, 120 pages, 21 euros.

« Rien dans cette histoire ne concerne l’automne, ni Pékin« , prévient Boris Vian au sujet de son roman. C’est en fait dans le désert d’Exopotamie, où la compagnie Wacco veut construire une nouvelle ligne de chemin de fer, que va se dérouler l’essentiel de l’action.
Par suite d’un déplorable accident de la circulation à Saint-Germain-les-Prés, les deux jeunes ingénieurs Anne et Angel sont bombardés chefs de chantier. Avec eux, ils emmènent Rochelle, accorte secrétaire de direction et amante d’Anne, mais aussi le professeur Mangemanche, surtout préoccupé à faire décoller son prototype de modèle réduit.  Sur place, tout ce beau monde sera hébergé dans l’hôtel Barrizzone, où ils viendront copieusement renforcer la clientèle, uniquement composée avant eux, d’un abbé en quête d’évangélisation. ils vont rencontrer un archéologue et son équipe (dont la jolie assistante, Cuivre) en train d’exhumer le tombeau de Murdak. Malédiction de ce dernier ou malencontreux concours de circonstances, les accidents vont se succéder, tandis que les masques de chacun vont tomber…

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Les fondus du vin au pays de la fondue

Les fondus des vins de… Savoie – Jura – Suisse, Christophe Cazenove et Hervé Richez (scénario), Olivier Saive (dessin). Editions Bamboo, 48 pages, 10,60 euros.

Après avoir éclusé les grands crus de Bordeaux et de Bourgogne, être passés par les Côtes du Rhône, l’Alsace et les Pays de Loire, nos « fondus » abordent cette fois des terroirs  méconnus (la Suisse) ou mésestimés (la Savoie).
C’est parti pour la découverte du « vin jaune » du Jura aux raisins surmûris, au vieillissement de 6 ans et aux petites bouteilles de 62 cl ; à celle, toujours dans le même massif du « vin de paille ». Plus diffusés, les vins de Savoie, Roussette, Seyssel, Mondeuse ou Chignin-Bergeron, sans oublier le célèbre Apremont. Et il ne se boivent pas tous, de façon rustique, avec une fondue ou une raclette.
Et le trio révèle aussi, entre autre, l’existence d’étonnants cépages, comme le gringet, uniquement cultivé sur 22 hectares dans le vignoble d’Ayse ou la plus « people » micro-vigne du Farinet, dans le Valais, propriété du Dalaï-Lama et dont les 1,618 m2 sont travaillés chaque année par des vedettes.
Car, c’est l’autre info: la Suisse ne produit pas que du chocolat et des banques, mais compte aussi quelques crus intéressants, autour du Lac Léman et dans le Tessin notamment.

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Dans la tête de Gérard Depardieu

Gérard cinq années dans les pattes de Depardieu, Mathieu Sapin. Editions Dargaud, 160 pages, 19,99 euros.

Un deuxième regard sur l’un des albums « monstre » de l’année.

L’album démarre par une scène à la fois désopilante et pathétique. Dans un vieux cimetière d’un pays oriental indéterminé, le personnage principal et auteur de la bande dessinée, Mathieu Sapin, doit parler pour le besoin d’un film avec … Gérard Depardieu, assis seul sur une tombe le regard plongé dans l’horizon. « Mathieu est-ce que tu pourrais parler à Gérard de la mort ? » demande le réalisateur à notre héros désarçonné par cette question. Il n’aura pas besoin de beaucoup de mots pour que ce monstre sacré du cinéma français se livre dans un long monologue dont il a le secret . Après quelques digressions il termine en citant Peter Handke ; « Je ne sais rien de moi à l’avance. Mes aventures arrivent quand je les raconte ». Tout Depardieu est dans cette scène inaugurale. Un homme pouvant sortir des lieux communs énormes et toujours retomber sur ses pattes montrant une formidable culture et un esprit en constante ébullition.
Après Dans la peau de John Malkovitch, bienvenue dans la tête de Gérard Depardieu…

Dans son style graphique caricatural quasiment enfantin, Mathieu Sapin , devenu spécialiste de la bande dessinée documentaire (sur la campagne présidentielle de François Hollande, ou dans les coulisses de l’Élysée durant le mandat de ce dernier), signe un road movie désopilant à travers le monde, où il se met lui-même en scène aux côtés de ce monstre sacré.
Entre le petit auteur de BD, chétif et toujours un peu effrayé, et le personnage imposant et énorme, aux colères homériques, le tandem fonctionne bien comme certains duos comiques Laurel et Hardy, Don Quichotte et Sancho Pança ou encore Tintin et Haddock.

Dans cet album monstre de 150 pages, celui que Gérard surnomme d’emblée « Tintin » (« parce que c’est plus simple ») tente de transpercer le cerveau de « la personnalité française la plus connue au monde après le président de la République » en le suivant à la trace dans différentes pérégrinations. Mais il faut avoir la forme pour suivre Gérard Depardieu. Entre ses déplacements réguliers à l’étranger, où même dans un pays d’Asie centrale, il est reconnu à chaque coin de rue et doit se prêter au jeu des selfies (quand il est de bonne humeur). Il tutoie et festoie avec les grands de ce monde (de Poutine à « Bob » de Niro…), se fâche avec le gouvernement français (la fameuse controverse avec l’ancien premier ministre Jean-Marc Ayrault, l’ayant traité de « minable ») et est régulièrement la proie des paparazzi. En fait, le monde ne semble pas assez grand pour satisfaire l’appétit gargantuesque de cet ogre vivant, au sens propre comme figuré (la bouffe est très présente dans l’album !)…

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Une jeune France résistante

Une génération française, tome 3: Ayez confiance ! Thierry Gloris (scénario), Ana-Luiza Koehler (dessin). Editions Soleil, coll. Quadrants, 48 pages, 14,50 euros.

Troisième exemple de cette « génération française » qui a connu l’effondrement de mai-juin 1940, Zoé Favre est la petite soeur de Martin, héros du premier tome de cette saga pilotée par Thierry Gloris.
Mise au vert à la campagne, pendant la blietzkrieg allemande, où va se trouver, instinctivement, à mener une première action de résistance en aidant des soldats fugitifs à rejoindre le sud de la France. Puis elle retrouve Paris, tandis qu’à Bordeaux la République agonise et que Pierre Laval manigance pour en accentuer la fin.
A la rentrée 1940, admise en fac de lettres, Zoé va s’impliquer plus encore dans la résistance face à l’occupant, en commençant à diffuser des « ex-voto » puis de véritables petits tracts patriotiques au sein du réseau de jeunes étudiants qu’elle a participé à mettre en place. Une activité dangereuse qui aura des conséquences douloureuses pour sa famille. Et qui connaîtra un tournant dramatique lors de la manifestation spontanée qui va se dérouler à l’Arc de triomphe, sur les Champs-Elysées, le 11 Novembre…

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Pierre, Papier, Chicon se jette à l’eau

Le troisième numéro de la revue picarde Pierre Papier Chicon est paru. Et on pourra rencontrer les auteurs ce samedi à la libraire Martelle d’Amiens.

C’est déjà le troisième numéro pour Pierre Papier Chicon, la revue de bande dessinée picarde. Et celle-ci s’affirme résolument comme une « revue-album », valorisant bien les récits avec son grand format, son papier cartonné au rendu lumineux.

Au sommaire, cette fois-ci, toujours deux histoires. Et même deux histoires d’eau. Ou du moins ou l’élément liquide est plus qu’un élément du décor. Une vieille légende tout d’abord, celle de « l’ondine de l’étang » remise au goût du jour par Alex-Imé.
Avec un très joli trait, délicat au début, puis qui se fait plus tranché tandis que le récit et les souvenirs s’assombrissent, et que l’histoire romantique vire au fantastique angoissant. La dessinatrice fait revivre de façon expressive cette sorcière des marais, « Marie Groète », basculant dans le mal après un irrépressible chagrin d’amour – comme le détaille Camille Picard dans le texte accompagnant les planches…

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Mars, planète très rouge

On Mars, tome 1: un monde nouveau, Sylvain Runberg (scénario), Grun (dessin). Editions Daniel Maghen, 80 pages, 16 euros.

En 2132, la colonisation de Mars est bien enclenchée, mais la terraformation n’est pas encore achevée et les conditions de vie très dures. Cela tombe bien, la planète rouge est devenue un gigantesque pénitencier où sont envoyés – sans espoir de retour – les condamnés à de fortes peines, une fois greffé un implant qui leur permet de respirer à l’air libre. C’est là que débarque Jasmine Stenford, ex-policière britannique, condamnée après une bavure.
Intégrée à une unité de production, elle va devoir se méfier de tous, surtout une fois son ex-profession connue. Pour survivre, elle se rapproche de l’église syncrétique (ayant réuni les enseignements du Dieu des chrétiens, des musulmans et des juifs), seul reste de spiritualité dans cet enfer…

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Valérian vu par Lauffray et Lupano, tout sauf Terre à terre !

Shingouzlooz Inc., Wilfrid Lupano (scénario), Mathieu Lauffray (dessin). Editions Dargaud, 56 pages, 13,99 euros.

Six ans après Larcenet, et peut-être pour s’inscrire dans le sillage du film de Luc Besson, c’est au tour de deux autres grands auteurs, Wilfrid Lupano et Mathieu Lauffray de donner leur vision de Valérian. Avec une aventure débridée aux multiples emboîtements.

Envoyés capturer Mr Zi-Pone, un androïde hébergeant dans son corps deux paradis fiscaux, Valérian et Laureline voient débarquer brusquement les Shingouz affolés, poursuivis par un Monsieur Albert furibard. Les trois créatures ont commis, en effet, une « petite boulette ». Ils avaient créé la shingouzlooz, société d’exploration spatiale chargée d’acquérir des planètes non répertoriées… qui venait de récupérer la Terre, à la suite de l’envoi par erreur d’une sonde spatio-temporelle avant l’apparition de la vie sur la planète bleue. Mais ils ont perdu au jeu leur société, désormais propriété du terrible Sha-Oo, « l’assoiffeur de monde », qui fait du commerce de l’eau qu’il aspire sur les planètes !
Tandis que Laureline et Monsieur Albert tentent d’aller négocier la survie de la Terre auprès de Sha-Oo (qui n’est pas seulement intéressé par l’eau terrestre), Valérian et les Shingouz sont écartelés entre la destruction de la sonde et la récupération de Zi-Pone, dont la tête a été emportée par un Qwanthon, un thon à migration quantique. Et ce d’autant que le Superintendant, qui a fait quelques placements hasardeux avec l’argent de la caisse de retraite de Galaxity, en fait une priorité absolue…

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Aude Soleilhac et Sixtine chez Bulle en stock

Nouvelle rencontre avec un auteur « made in La Gouttière » à la librairie Bulle en stock. Après Dawid, mercredi 20 septembre, c’est au tour d’Aude Soleihac de venir à Amiens pour une rencontre-dédicaces autour de sa nouvelle série Sixtine, réalisée avec Frédéric Maupomé.

Rencontre-dédicaces avec Aude Soleilhac, vendredi 22 septembre à la librairie Bulle en stock, 4 rue du Marché Lanselles à Amiens.

Dans le moule des Gadzarts

Rentre dans le moule, Le Cil Vert, éditions Delcourt, coll.Shampoing, 128 pages, 15,50 euros. Parution 27 septembre 2017.

Alors que sa femme, Clara, est sur le point d’accoucher, Jean a accepté d’aller revoir son « ancien » de l’école des Arts et métiers, qui pourrait lui procurer un travail sur de chef de chantier. Ce qui n’enchante guère Clara, qui voit surtout poindre un avenir de jeune mère esseulée tandis que son mari sera toujours absent. Jean, lui, est en plein doute existentiel. N’ayant jamais trop su ce qu’il voulait véritablement faire de sa vie, il a accepté de s’inscrire dans le rêve parental de le voir ingénieur. En allant retrouver son « ancien Gad’zarts », il se remémore son passage dans la célèbre école, ses rites et comment il est « rentré dans le moule ». Et comment cela pourrait rejaillir sur sa vie de couple…

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