Mieux vaut Plutarque que jamais pour Blake et Mortimer

baton-plutarque_couvLes aventures de Blake et Mortimer, tome 23: Le bâton de Plutarque, Yves Sente (scénario), André Juillard (dessin). Editions Dargaud, 64 pages, 15,95 euros.

Même sans être adepte absolu d’Edgard P.Jacobs ou fan de la poursuite de sa franchise phare, ce nouvel album de Blake et Mortimer interpelle forcément, en se proposant rien moins que de raconter les événements qui vont amener au Secret de l’Espadon, la trilogie fondatrice (et mythique) de la série.

Avant la troisième, place donc déjà à la Seconde Guerre mondiale, où nos deux héros vont avoir à mener leur première mission ensemble… Par suite d’une succession de hasards (qui visent, aussi, à faire entrer progressivement cette préquelle dans l’univers déjà bien balisé de l’oeuvre de Jacobs)…

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Légalisation du cannabis: quand la BD devance la presse et les chercheurs

lemonde-coverLégalisation du cannabis ! L’idée ressurgit aujourd’hui avec l’étude du « think tank » socialisant Terra Nova. Et c’est même en manchette à la « Une » du Monde de demain (samedi), un quotidien vespéral qui prend position en faveur de cette idée controversée, pour fêter ses 70 ans, grille la politesse à Libé, plus habitué à relayer les appels du 18 joint…

De quoi aller se replonger, ou découvrir, en tout cas Légal, l’album d’Ameziane et Cédric Gouverneur, paru cet automne autour, justement, de cette problématique et de ses éventuelles conséquences.

 

Robert Johnson, Blues brother pour l’éternité

Love in Vain_couvLove in vain, Robert Johnson 1911 – 1938, Jean-Michel Dupont (scénario), Mezzo (dessin). Editions Glénat, 72 pages, 19,50 euros.

Ce n’est pas le plus connu du « club des 27« , ces musiciens tous décédés à cet âge « maudit ». On n’a de lui que quelques rares enregistrements, effectués durant les deux dernières années de sa vie et trois photos de mauvaise qualité. Et pourtant Robert Johnson, le bluesman « le plus célèbre de tous les temps » en a inspiré beaucoup, d’Eric Clapton à Hendrix, de Led Zeppelin aux Rolling Stones, qui reprirent la chanson qui donne aussi son titre à ce bel album: Love in Vain.

Né dans une plantation du sud profond des Etats-Unis, en mai 1911, Robert Leroy Johnson aurait dû avoir la vie banale, promise aux noirs de ce début du XXe siècle, d’un ramasseur de coton. Mais le destin et le décès brutal de sa jeune épouse en décidèrent autrement. Sous le choc, Johnson prend route avec une guitare. Et son don musical se révèle vite. Diaboliquement, presque. Un autre don, qui va s’avérer plus problématique, occupe aussi sa vie : sa capacité de séduction des femmes et son attirance pour les « big mamas ». C’est une liaison, fatale, qui aura été sans doute la cause de sa mort, empoisonné par un mari jaloux…

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Le chevalier escargot qui sait prendre son temps

chevalier ventre-a-terre_couvLe chevalier Ventre-à-Terre, Gilles Bachelet, Seuil Jeunesse, 15 euros.

Oyez, Oyez Braves gens ! Sonnez trompettes ! Voici que voilà le chevalier Ventre-à-Terre. Et il a fort à faire. Car aujourd’hui, c’est la guerre. L’armée du chevalier Corne-Molle, son ennemi juré, a envahi son carré de fraisiers !
Mais partir en croisade ne peut se faire sans quelques derniers préparatifs… Comme petit-déjeuner, faire de la gym, prendre un bain… Ça y est, il est parti. Enfin presque… Répondre à des messages sur la version médiévale de Facebook… Ça y est, il est parti. Enfin presque… Dire au revoir aux enfants… Ça y est, il est parti. Enfin presque…Un dernier baiser à son épouse… Voilà, il est parti ! En chemin, le chevalier courtois se devra de sauver quelques princesses en péril, d’affronter un terrible géant mais aussi de faire une partie d’échecs avec une vieille amie… Et quand il arrive sur le champs de bataille, on n’attend plus que lui. La guerre peut commencer. Le sang va couler ! Enfin presque…

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Planète Ekhöllywood

Ekho-3_couvEkhö, monde miroir, tome 3: Hollywood boulevard, Christophe Arleston (scénario), Alessandro Barbucci (dessin). Editions Soleil, 48 pages, 14,50 euros.

L’étrange univers d’Ekhö continue à se révéler, ce « monde miroir » de la Terre, où l’on retrouve nos continents et villes, mais légèrement différents : sans électricité, avec des dragons en guise d’avions, et des sortes de mulots (les Preshauns) qui semblent faire tenir psychiquement l’ensemble. Une chose, au moins, n’a pas changé entre la Terre et Ekhö: Hollywood demeure le royaume de la puissance, du fantasme et de l’illusion.
Après New York et Paris, Fourmille Gratule et Yuri Podrov – deux malheureux passagers d’un crash d’avion les ayant projeté dans cet univers parallèle – débarquent donc à Los Angeles, avec pour mission de faire signer dans leur agence artistique la star Norma-Jean. Mais celle-ci est bientôt retrouvée morte dans sa piscine et, en plus, Fourmille, comme à son habitude, se fait « posséder » par l’esprit de la défunte mystérieusement disparue…

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Couacs sans fausses notes sur un quinquennat très gauche (à défaut d’être de gauche)

La république des couacs501 LA REPUBLIQUE DES COUACS[BD].indd, Aurel (dessin), Renaud Dély (scénario). Editions Glénat, 96 pages, 15,50 euros.

Après avoir consacré des albums centrés sur Sarkozy puis Hollande, Dély et Aurel élargissent la focale dans leur nouvel ouvrage, toujours consacré aux nouvelles péripéties et turpitudes de la présidence française. En huit chapitres et sept sujets. Florange et le naufrage du site sidérurgique lorrain a droit, en effet, à deux chapitres. Le premier sur les engagements du candidat Hollande « aux côtés des ouvriers », puis la conclusion tragi-comique de la « nationalisation » puis de la « retraite » face à Mittal.
Autres temps forts des deux premières années du quinquennat mis en avant: le débarquement de Delphine Batho du ministère de l’écologie, Moscovici qui popularise le « ras-le-bol fiscal », l’affaire Léonarda (bien oubliée aujourd’hui, d’ailleurs), les tensions entre Christiane Taubira et Manuel Valls autour de la réforme de la justice, le pacte de responsabilité et, enfin, l’apparition des « frondeurs » socialistes. Deux ans de mandat qui retrouvent du relief et une cohérence d’ensemble, dans leurs incohérences…

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Les bleus reverdissent

Tuniques bleues_tome 58_les bleus se mettent au vert_couvLes Tuniques bleues, tome 58: les Bleus se mettent au vert, Raoul Cauvin (scénario), Willy Lambil (dessin). Editions Dupuis, 48 pages, 10,60 euros.

C’est un album (presque) bucolique que ce 58e tome des Tuniques bleues. Toujours en pleine guerre de sécession, bien sûr. Mais, justement, la guerre c’est bien beau, à condition d’avoir des hommes suffisamment en bonne santé pour aller se faire tuer. Or, une épidémie de scorbut frappe les troupes du général Alexander, faute de nourriture fraîche et saine. Comme la voie ferrée a été détruite (par le général Sheridan pour empêcher les confédérés de s’approvisionner !) et que les sudistes pratiquent la politique de la terre brûlée, il ne reste plus qu’à envoyer des soldats pour tenter de trouver des fruits et légumes aux alentours. Et bien sûr, ce sont le sergent Chesterfield et le caporal Blutch qui sont désignés pour cette mission, au désespoir du premier, honteux d’être réduit à faire du ravitaillement et pas son métier de soldat. Blutch, bien entendu, voit les choses autrement…

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Nouvelle séance de dédicace (dans l’Oise) pour Alex

Une dizaine de jours après la parution de son nouvel album annuel, Merci pour ces moments, Alex poursuit sa tournée de dédicaces.

Et une nouvelle date vient de s’ajouter au calendrier:

Cultura de Venette, la zone commerciale de Compiègne, mercredi 17 décembre de 14 h 30 à 18 heures.

Le journal de Spirou à la barre des 4000

Numéro spécial 4000 pour le journal de Spirou. Encore en kiosque jusqu’à mercredi.

4000fansSpirou en est donc à son 54e album. Nombre respectable. Mais Spirou, le magazine, lui atteint cette semaine le cap des 4000 numéros publiés ! De quoi justifier un numéro… tout ce qu’il y a de plus normal à en croire la couv’… Mais celle-ci ne prend son sens que déplié avec sa partie gauche (la 4e de couv, tout le monde suit ?).

A l’intérieur, même dispositif foutraque et réjouissant, où tout part « en vrilles ». Animal Lecteur (le libraire BD de Salma & Libon) avait bien senti le coup venir, avec son collectionneur maniaque qui, pour une fois, entre, prend un album et sort sans une seule remarque: « j’ai su que le monde avait basculé dans le chaos« . Un chaos, drôlatique, dans les pages qui suivent où tout s’emmêle: Bouzard reprend les Tuniques bleues de Lambil et Cauvin, Le Petit Spirou devient le « vioque » Spirou,  Tamara prend chair humaine, Cédric arrive enfin à ses fins avec sa copine, Vehlmann sans Gazzotti poursuit Seuls dans une planche « néo-surréaliste », le rédac chef Frédéric Niffle s’allonge sur le divan du « Psy » (avant de se faire disséquer ses planches dans l’Atelier Mastodonte), Marzi fait son « show », Boule & Bill annoncent leur « dernier gag » et Hugues Dayez en vient à raconter les aventures de… Pif Gadget !  Et plein d’autres délires encore jusqu’à Zombillénium transformé en « Ponyllénium »…

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Benjamin Lacombe, intime avec Marie-Antoinette

Marie-antoinette_couvMarie-Antoinette, Carnet secret d’une reine, Benjamin Lacombe, avec Cécile Berly. Editions Soleil, collection Métamorphose, 24,95 euros.

Marie-Antoinette, Carnet secret d’une reine était très attendu. Une fois encore, Benjamin Lacombe est à la hauteur des espérances avec ce très beau livre à savourer tête reposée. Très riche, cet ouvrage fait se côtoyer correspondances, extraits de journal intimes et illustrations dans différents styles. « Je me suis inspiré d’images d’antan, explique l’auteur, et d’autres sont plus personnelles. J’ai demandé à Cécile Berly, historienne, de me relire. Elle m’a aussi donné son avis et a préfacé l’ouvrage. Je voulais que tout soit parfaitement juste. Et comme les sources ne sont pas forcément d’accord sur certains points, il n’est parfois pas simple de s’y retrouver. » Pour ce roman illustré, Benjamin Lacombe s’est inspiré du carnet intime de Marie-Antoinette. Une source précieuse même si elle est assez maigre. « Elle détestait écrire. Elle n’écrivait que dans les moments forts de sa vie. Et encore pour suivre les instructions de sa mère selon laquelle la souveraine devait écrire un peu chaque jour. Le rapport qu’elle avait avec sa mère est très intéressant. Marie-Thérèse d’Autriche était un monstre politique et elle a essayé de jouer de son influence sur sa fille pour prendre le contrôle. Au départ, Marie-Antoinette n’était pas destinée à être reine. Elle n’a pas été élevée de manière à diriger le plus grand royaume d’Europe. Mais petit à petit, elle va s’émanciper. »

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