A la gloire du PSG à venir

PSG_ACADEMY_T7_C1C4.inddPSG Academy, la BD officielle, tome 7, en route vers la finale, Mathieu Mariolle (scénario), Bento (dessin). Editions Soleil. 38 pages. 10,95 euros.

L’équipe de jeunes du PSG Academy est arrivée en demi-finales. Ils font partie désormais des grands d’Europe, avec les Canonniers de Londres et les Espagnols de la Real Academy ainsi que de la Barcelone Academy.

Mais ils vont devoir affronter leur bête noire, Barcelone, qui les avait sèchement battus dans les matchs de poules…

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L’enfant derrière le masque de Fudo

masque de fudo_couvLe masque de Fudo, tome 1: brume, Saverio Tenuta. Editions Humanoïdes associés, 48 pages, 13,95 euros.

Un puissant samouraï à l’enfance traumatisante vivant entouré de quelques fidèles compagnons. Okko ? Non, Nobu Fudo, guerrier hiératique au visage semblable à un masque blanc avec deux touches de noir. Ce masque de bois, qu’il porte depuis l’enfance est là pour lui rappeler d’où il vient et par où il est passé, alors qu’il n’était que Shinosuke, un pauvre garçon de basse caste qui va se retrouver opposé à un riche notable et à son dégénéré de fils…

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Ca se presse moins autour de la BD, mais Gotlib et le Journal de Tintin sont à l’honneur cet été

Moins présente dans la presse quotidienne cet été, la bande dessinée est à l’honneur dans des hors série sur Gotlib ou le Journal de Tintin.

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autoportrait de Gotlib, couverture du tome 4 des Rubriques-à-brac (1973).

L’été n’est plus vraiment une période de prédilection pour la bande dessinée dans la presse.

Certains journaux participent encore à cette promotion du 9e art, comme Libération qui après un manga un peu hermétique a débuté la publication des premières pages du tome 2 de Hâsib et la reine des serpents de David B, L’Humanité dimanche qui propose des extraits de différents albums « sociaux » de Futuropolis. Et plusieurs journaux de la presse quotidienne régionale y vont aussi de leur série d’été. C’est notamment le cas pour le Courrier picard avec sa prépublication du prochain tome de la Guerre des Lulus.

Mais le soufflé des années passées est un peu retombé. Deux hors série relèvent cependant le niveau, cet été…

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Stéphane Fert : « Morgane, c’est un conte shakespearien sur le Graal »

Morgane, de Stéphane Fert et Simon Kansara fait partie des premiers albums remarquables de cette année 2016. variation et relecture originale et réussie de la très classique légende du Roi Arthur. A l’origine du projet, Stéphane Fert revient avec nous plus en détails sur son intéressante création.

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Stéphane Fert, en juin dernier, aux Rendez-vous de la bande dessinée d’Amiens.

Stéphane Fert, comment en êtes-vous arrivé à la bande dessinée ?

J’ai d’abord fait un détour par le cinéma d’animation et l’illustration et puis j’ai eu une très forte envie de raconter des choses plus personnelles. Je suis revenu à la bande dessinée assez tard, vers 27 ans, avec l’envie de développer des projets par la simplicité du médium.

Pourquoi vous êtes vous porté sur cette relecture de la légende arthurienne ?

C’est né de plusieurs choses. Quand j’avais douze ans, j’ai eu un prof vraiment génial qui nous avait fait faire une planche de BD sur le Graal en nous montrant les Monty Python. Je crois que c’était la première planche de ma vie.
Puis des années plus tard, j’en suis venu à m’intéresser à la fée Morgane pour un travail de commande. En m’informant sur le sujet, j’ai été surpris de toute cette poésie, de ce texte très fort mais aussi désuet par son côté un peu macho, très religieux. Et Morgane a vraiment surgi du récit pour moi comme un personnage moderne, très contemporain. Et j’ai eu envie de raconter la quête du Graal à travers ce personnage, car c’est vraiment l’héroïne oubliée de cette histoire.

Ce thème est largement rebattu dans les romans, le cinéma, etc. Mais vous prenez le contre-pied de la trame habituelle, qui fait de Morgane « la méchante », en la transformant en vraie héroïne positive…

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Morgane, une femme forte.

J’ai lu l’ouvrage de Jean Markale qui compile un peu tous les textes du moyen âge. Ces textes là sont déjà une relecture chrétienne de l’histoire originelle. Mais ils m’intéressaient, car c’est à partir de là qu’on a commencé à malmener le personnage de Morgane. Au départ, dans la tradition celte, Morgane était beaucoup plus ambiguë, comme tous les personnages du récit étaient ambiguës.
C’est donc ce côté là, manichéen et caricatural que j’ai voulu un peu parodier, car je trouvais que cela reflétait pas mal de problématiques du monde moderne. On parle ainsi beaucoup de patriarcat, car c’est un angle moderne de l’histoire. Quand j’ai eu l’idée, j’ai d’ailleurs été surpris de voir que personne ne l’avait eu avant !

Dans les nombreuses adaptations qui ont été faites, j’ai constaté que beaucoup avaient mis en scène le personnage de Morgane, mais sans oser en faire une héroïne. Ou alors, elle devenait une anti-héroïne. Alors que chez moi, sans spoiler, elle a vraiment une attitude héroïque à la fin.

« Les histoires imaginaires aussi sont racontées
du point de vue des vainqueurs »

Cette vision moyenâgeuse et caricaturale est présente à travers le personnage du Père Blaise…

Oui. Au départ, le récit moyenâgeux débute avec Merlin, qui est devin et qui va dans la forêt dire tout ce qui va se passer. C’est purement un récit de mecs ! Avec le seul point de vue de Merlin. Donc nous avons changé le point de vue, en créant ce personnage du Père Blaise qui déteste Morgane. Il représente tout ce qui est le plus horrible dans le patriarcat de l’époque. Et il va raconter une histoire qui n’est pas en faveur de Morgane…

… c’est l’histoire racontée du point de vue des vainqueurs…

Oui, c’est aussi vrai pour les histoires imaginaires ! Le contrepoint de cela, c’est que Morgane est un personnage indépendant, avec une vision qu’on qualifierait de progressiste.

A l’inverse, vous chargez pas mal le profil de ceux que l’on a l’habitude de voir comme les personnages positifs du récit : Merlin est un personnage maléfique, fourbe, malsain ; Arthur est un vrai crétin, les chevaliers de la table ronde sont des soudards, etc. Finalement, le seul homme un peu positif du récit, c’est le père de Morgane, qui meurt très rapidement…

merlinOui, on a voulu tuer toute figure masculine qui viendrait la protéger. C’est une bande dessinée qui critique le patriarcat et nous avons voulu aller au bout de cette idée.

Alors effectivement, c’est sombre et on malmène les chevaliers – mais avec de l’humour noir également. Mais nous n’avons rien inventé : ces chevaliers qui n’arrêtent pas de raconter leurs exploits sont vraiment énervants. Ils passent leur temps à chercher des aventures pour pouvoir les raconter ensuite à la Table ronde !

Mais dans tout ça, où est le peuple ? ou sont les problèmes des gens ? Quand on lit le texte, on comprend pourquoi certains, comme les Monty Python, ont imaginé ce qu’ils ont fait. Il y a vraiment manière à parodie là dedans.

« Nous avons voulu aussi créer autre chose en matière de graphisme également »

Le traitement narratif est singulier, mais votre traitement graphique est aussi très stylisé, très pictural.

Un traitement graphique original.

Un traitement graphique original.

Cela vient sans doute du fait que je suis issu de l’animation. J’adore la bande dessinée mais je n’ai pas vraiment de références en la matière. Mes références sont plus chez certains illustrateurs de chez Disney des années 60 par exemple. Et j’ai tout de suite eu une approche qui relevait de l’illustration et du théâtre, car je suis aussi un grand fan du théâtre, j’adore Shakespeare. J’ai vraiment imaginé mon histoire comme une pièce shakespearienne, avec beaucoup de plans à l’horizontale. J’ai aussi beaucoup utilisé le noir, comme dans le cinéma expressionniste allemand. Autant de références qui ne sont pas de la bande dessinée, mais que j’ai voulu faire fonctionner dans le cadre de la bande dessinée. Au début, j’avais d’ailleurs peur que cela ne fonctionne pas. Finalement, un langage est apparu naturellement. Tout ça dans l’idée de créer un conte shakespearien sur le Graal plutôt qu’une BD d’héroïc-fantasy qui a déjà été faite, avec beaucoup de talent parfois. Je pense par exemple à la BD de Chauvel, que j’ai adoré. Mais nous avons voulu faire autre chose et aussi dans le graphisme

Vous êtes deux à être crédités comme scénaristes sur cet album. Comment avez-vous travaillé avec Simon Kansara ?

Je suis à l’origine du projet. Et au départ j’étais seul. J’avais même signé seul avec une petite maison d’édition qui a coulé. J’ai repris ensuite le projet, mais je me suis vite rendu compte que si j’avais des idées, je n’avais pas forcément les outils scénaristique pour les mettre en place. Car le scénario, c’est un autre métier, avec ses codes, sa technique. C’est à ce moment là que j’ai contacté Simon Kansara. Il avait déjà fait MédiaEntity chez Delcourt et c’est un copain du lycée, près de Pau. Il est venu m’aider. Et une très bonne synergie s’est mise en place. Chacun a rajouté aux idées de l’autre et Simon est venu cadrer tout ça, surtout au début. Après j’ai pris le pli et ensuite nous avons vraiment pu échanger, comme un jeu de ping-pong perpétuel. En plus, nous étions en coloc, ça marchait vraiment bien.

« Je suis encore dans l’idée de parler de choses contemporaines à travers des histoires anciennes »

Ce travail vous a pris combien de temps ?

A partir de la signature chez Delcourt, un an et demi. Pour 144 pages et les petits bonus à la fin. C’est pourquoi je parlais tout à l’heure d’amener des choses différentes dans la BD. Il a fallu le temps de trouver un langage et cela a mis du temps à se mettre en place. Au début, c’était une planche par semaine, et à la fin plutôt une semaine par jour.

Après ce premier album, ambitieux et réussi, avez-vous un autre projet ?

Je vais faire des pages pour le tome 3 d’Axolot, avec un sujet autour des soeurs Fox, qui ont lancé le spiritisme aux Etats-Unis. C’est un petit projet de commande sympa. J’ai aussi un projet jeunesse avec un scénariste connu, mais qui n’est pas signé, donc je préfère ne pas en dire plus. Et puis je vais proposer très vite aux éditeurs un récit autour des contes et superstitions du sud-ouest de la France. Ce sera une histoire d’amour surréaliste qui se déroule dans les montagnes, une histoire d’amour contrariée par la morale bienpensante d’un village du début du XXe siècle. On est encore dans l’idée de parler de choses actuelles à travers des histoires anciennes, mais cette fois, ce sera plus sur un ton surréaliste que fantastique.

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La grandeur d’un nain errant et d’Arran

nainsT4_couv Nains, tome 4: Oösram des errants, Nicolas Jarry (scénariste), Jean-Paul Bordier (dessin). Editions Soleil, 56 pages, 14,95 euros.

Les terres d’Arran commencent à être largement labourées par Jean-Luc Istin et sa troupe. Débutée avec les elfes (une quinzaine d’albums désormais parus), la saga s’est désormais ouverte aux nains. Rondement menée également, cette déclinaison en est déjà à son quatrième album, qui fait cette fois place aux « errants ».

Oösram, le héros de cette aventure, était jadis un grand général, mais ayant trahi son roi en lui cachant un trésor elfe, il a été expulsé de la forterresse de Goll-Garsëm, contraint de se convertir en fermier pour préserver sa famille. Il pense avoir tourné le dos à sa vie passée, mais quelques incartades – comme la vente, interdite pour lui, d’un anneau d’or ou la colère face au mépris de savants à l’égard de la maladie de son fils – vont faire renaître le guerrier. Replié dans les hauts plateaux de l’est, il va tenter de bâtir une armée, même si la lutte est bien disproportionnée…

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Un été sans futilité dans la Revue dessinée

Nouvelle livraison de la Revue dessinée. Un numéro 12 éclectique. Et plutôt avec des dossiers de fond.

revue dessinée 12_couvL’été est aussi un bon moment pour se plonger dans des dossiers de fond. Tel est en tout cas le parti-pris du nouveau numéro de la Revue dessinée, « été 2016 ».

Une fois encore, les sujets sont divers. Avec une petite inclination pour des sujets macro-économiques, comme le reportage de Benjamin Flao sur le Bhoutan et son concept de « bonheur national brut ». Une enquête de terrain qui évite le manichéisme et les clichés pour faire découvrir ce petit pays himalayen et sa méthode de « gouvernance » qui pourrait inspirer de plus grands Etats.

Autre question économique atypique et étonnante, celle des « cats bonds », ou les « assurance catastrophe », obligations monétaires qui visent à financiariser la gestion des catastrophes naturelles ! Un brin aride mais didactique, l’enquête de Carole Suhas est illustrée de façon minimaliste et parlante par Pierre Lecrenier…

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L’art et la matière de Jirô Taniguchi

L'art de Jirô taniguchi_couvL’art de Jirô Taniguchi. Editions Casterman, 128 pages, 35 euros.

Inutile de présenter Jirô Taniguchi, sans doute l’un des mangakas les plus mondialement connus, notamment en Europe. Une renommée qui s’explique en partie par l’influence qu’il revendique de la bande dessinée franco-belge sur son travail.
Si ses albums de déambulations nimbées de fantastique, comme Quartier lointain ou l’Homme qui marche, lui ont apporté une reconnaissance internationale, d’autres aspects de son oeuvre ont émergé au fil des rééditions de ses productions (notamment ses séries de polar ou d’aventures de ses débuts), permettant aujourd’hui d’avoir une vision assez complète de son travail.

On retrouve l’ensemble de la palette de Taniguchi ici. Cette « alliance rare de retenue et d’efficacité, de délicatesse et de clarté« , comme l’écrit Benoît Peeter dans la préface de cet ouvrage qui rassemble dessins de couverture et illustrations. Ceux-ci sont plus ou moins rassemblés de manière cohérente, débutant par les personnages des mangas les plus connus ou les plus intimistes (Quartier lointain, le journal de mon père, le promeneur, le gourmet solitaire), avant d’enchaîner vers des oeuvres plus récentes (Les gardiens du Louvre), puis à l’inverse vers les ouvrages plus « populaires » de jeunesse (comme la magnifique série Le Sommet des Dieux, Ice Age chronicle of the Earth, Le chien Blanco, Trouble in my business, etc), avant de s’achever avec la série Au temps de Botchan.

Reflet de cette diversité thématique, cet art book révèle aussi l’importance accordée aux décors, à l’arrière-fond des vignettes, réalisés avec minutie et un sens aigu du détail. Des qualités qui s’affirment encore plus, peut-être, à travers ces reproductions quasi exclusivement en couleurs. Et même avec des images sorties de leur contexte, la mélancolie des personnages, leur regard profond laissant imaginer tout un destin à découvrir, s’imposent…

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Un chef d’oeuvre à contrepied

Contrepied de Foé_couvLe contrepied de Foé, Laurent Galandon (scénariste), Damien Vidal (dessinateur). Editions Dargaud. 160 pages, 19,99 euros.

Une bande dessinée pour magnifier un récit en forme de docu-fiction. Un choix payant pour une histoire relativement banale, mais ainsi merveilleusement contée par le duo Laurent Galandon – Damien Vidal.

Un petit chef d’œuvre en vérité, dont les anti-héros sont deux jeunes camerounais, a priori bons footballeurs, exploités par un agent véreux qui profite abusivement de la naïveté de ses proies et de leurs rêves de gloires footballistiques. Leurs familles sacrifient ainsi quasiment tout ce qu’ils ont – or ils ont déjà peu – afin de leur permettre de quitter l’Afrique pour la France, où ils s’apercevront de la supercherie. Trop tard. Les voilà sans argent et sans papier. Sans billet retour dont ils n’auraient jamais voulu, couverts de honte d’avoir abandonné les leurs pour rien, et même moins que rien…

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Même en vacances, Siné mensuel ne lâche rien

Même en vacances, Siné mensuel ne lâche rien, à l’image du petit dessin de Jiho dans les « amuse-gueules » de la page 2. Et, même avec un peu de retard sur la parution (début juillet), on ne lâche pas non plus ce numéro double (en kiosques jusqu’à fin août).

siné mensuel été 2016Si le beau dessin de Siné, en une, est bucolique, celui de der – signé Tardi – annonce plus la couleur d’ensemble. Sous le titre: « Pendant les vacances, les naufrages continuent », des cadavres de migrants, flottant sur l’eau, viennent s’échouer sur une plage bondée de vacanciers totalement indifférents.
A l’intérieur, cette parution estivale est l’occasion pour les dessinateurs de revenir sur quelques faits des mois passés (ou d’anticiper les événements à venir): Jiho encore pronostique à Notre-Dame-des-Landes « la prochaine bavure », après le décès de Rémi Fraisse ; Rust évoque la fermeture de Fessenheim (« ça compte pas, c’était une promesse électorale… », Hollande vu en Napoléon par Lindingre s’accompagne d’un commentaire ironique: « Après avoir terrassé la finance, il mate les Anglais »…

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