Le der des ders de Charlie

couv_charlie_10La Grande Guerre de Charlie, tome 10 : la der des ders, Pat Mills (scénario), Joe Colqhoun (dessin). Editions Delirium, 112 pages; 22 euros.

Dixième et dernier volume de cette Grande Guerre de Charlie – grande saga sur la Première Guerre mondiale en bande dessinée, que l’on suit ici avec enthousiasme depuis 2011.

Après avoir participé à la seconde bataille de la Somme, au printemps, Charlie Bourne, devenu caporal, vit ses derniers mois sur le front ouest. En cet été 1918, Il combat désormais aux côtés des troupes américaines, et subit de nouveau la présence de son ennemi, le capitaine Snell, toujours aussi fanatique et franchement dérangé. Pour eux, le conflit sera sanglant jusqu’au dernier jour. Et même après l’Armistice, puisque Snell a inscrit frauduleusement Charlie comme « volontaire » pour rejoindre le corps expéditionnaire britannique envoyé en Russie combattre les bolcheviks.
Là-bas, sur le front d’Arkhangelsk, au nord du pays, Charlie Bourne va encore combattre bravement, même s’il s’interroge de plus en plus sur le bien fondé de cet engagement. Et il aura à se confronter, en plus de la grippe espagnole, au légendaire chef bolchevik Spiridonov, qui fait régner la terreur parmi les troupes blanches avec son train blindé…

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Cleet Boris a disparu en même temps qu’Hubert Mounier, de l’Affaire Louis Trio

Chanteur de l’Affaire Louis Trio mais aussi auteur de bande dessinée, Hubert Mounier est décédé d’une crise cardiaque ce lundi 2 mai. Il avait 53 ans.

Auto-portrait de Hubert Mounier (copyright Editions Dupuis)

Auto-portrait de Hubert Mounier (copyright Editions Dupuis)

Chanteur connu pour sa participation à l’Affaire Louis Trio, Hubert Mounier était aussi un dessinateur de bande dessiné, sous le pseudo de Cleet Boris.

Comme le rappelle les éditions Dupuis (pour qui Hubert Mounier préparait un nouvel album de bande dessinée sur l’univers de Tarzan), son premier album de BD, J’ai réussi, avait été publié en 1985, deux ans avant le premier album de son groupe, Chic Planète (dont la couverture était dessinée par Yves Chaland). Suite au succès de l’Affaire Louis Trio (puis d’une profonde dépression), il avait arrêté la BD jusqu’en 2011, où les éditions Dupuis « parvenaient enfin à le faire revenir à sa table à dessin » avec La maison de pain d’épices, récit autobiographique sur les affres de la création musicale du disque portant le même nom et qui sortait en parallèle.

Ces derniers temps, Hubert Mounier travaillait sur un grand projet personnel pour le label Aire Libre, un essai en 200 planches de bandes dessinées consacré au « roi de la jungle », son personnage favori depuis l’enfance.

La Gouttière dans la bonne case

Gouttière_cahiécoCe lundi 2 mai, le cahier éco du Courrier picard parle aussi bande dessinée. Avec un article-portrait sur la croissance de La Gouttière. La maison d’édition d’Amiens, « filiale » de l’association On a marché sur la bulle, est ainsi passé de 4 albums publiés voilà deux ans à 9 cette année et plus d’une douzaine de projets sont dans les cartons pour l’an prochain.

Ainsi, de janvier à juin 2016, cinq albums sont parus ou vont paraître : Enola, tome 2 (Joris Chamblain et Lucille Thibaudier), Azil (de Jean-Marie Omont et Charlotte Girard), Trappeurs de rien (Olivier Pog, Thomas Priou et Johann Corgié), Les enquêtes polar de Philippine Lomar (Greg Blondin, Dominique Zay) et Qu’ils y restent (Riff Reb’s, Régis Lejonc et Pascal Mériaux), plus une nouvelle édition de La carotte aux étoiles du duo Riff Reb’s et Régis Lejonc.

Une actualité chargée qui justifie une grande journée de dédicaces en série ce 7 mai à Amiens, toute la journée. Douze auteurs seront présents dans quatre librairies…

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Norédine Allam, « Muslim » plus vraiment comique

Le visuel - sans ambiguïté - qui illustre l'exposé de Norédine Allam

Le visuel – sans ambiguïté – qui illustre l’exposé de Norédine Allam

Les comics sont-ils dangereux pour la jeunesse ? La critique est sans doute aussi vieille que l’apparition des premières publications, avant guerre. Cette fois, c’est la jeunesse musulmane à qui est adressée plus précisément cet appel à la vigilance. Et particularité, c’est un (ex)-dessinateur de bande dessinée lui même qui se fait le procureur : l’Amiénois Norédine Allam, auteur de la trilogie du Muslim Show.

Son blog du BDouin, qui sert habituellement de vitrine à ses productions ou à des strips gentiment moralisateurs promouvant les préceptes de l’islam, s’enrichit depuis le 26 avril d’un « modeste exposé » sur le danger représenté par ces « nouvelles idoles des temps modernes ». Mais ici, aucune fascination dans ce titre. Et c’est au sens propre, au sens religieux et au premier degré qu’il faut entendre le terme « idole »…

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Didier Deschamps et l’Equipe de France: but atteint !

Deschamps 1er_couvDeschamps 1er, Roi des Bleus, Faro. Editions Jungle, 56 pages, 12,95 €.

Adapter en bande dessinée un personnage ou un événement sportif de renom ? Avec le temps, l’exercice s’est généralisé. Mais pas toujours avec succès. Tel l’inénarrable Il faut shooter Domenech ! en 2010.
La sortie de Deschamps 1er, Roi des bleus s’annonçait donc délicate… Rien que la naïveté du titre de l’album, déjà, inquiétait… Sauf que l’auteur, Faro, a parfaitement justifié le sous-titre (« dans les coulisses de l’équipe de France ») en suivant d’entrée scrupuleusement l’histoire des Bleus sous Deschamps. C’est-à-dire depuis la nomination de « Dédé », de son refus initial à son acceptation une semaine plus tard, à la place de son ex-ami, Laurent Blanc, subtilement égratigné aux moments opportuns.

Alors certes, il n’y a pas de quoi se tordre de rire à chaque page. Certes, c’est finalement sans surprise. Certes le dessin du Niçois Faro (de son vrai nom Christophe Faraut), proche de la caricature, n’apparaît pas comme une évidence pour une bande dessinée, même si l’illustrateur majeur du célèbre almanach Vermot n’en est pas à son coup d’essai (son éclectisme lui a valu notamment de sortir deux tomes d’une BD consacrée à François Hollande (Moi président, ma vie quotidienne à l’Élysée). Certes, certes, certes…

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Le « Roi Ours » couronné par les lycéens picards

Le 18e Prix du meilleur premier album des lycéens picards est connu. Il s’agit du Roi Ours (ed. Delcourt) de Mobidic.

roi-oursAprès les collégiens de la Somme, c’est au tour des lycéens de Picardie de livrer leur choix, en matière d’albums de bande dessinée.
Pour la dix-huitième fois consécutive, l’association On a Marché sur la Bulle a accompagné un jury de jeunes lecteurs (de lycées professionnels, techniques et agricoles) dans un travail de lecture et d’analyse de bandes dessinées.

Cette année, c’est l’album Roi ours (éd. Delcourt) qui a été privilégié par les lycéens (après avoir remporté 178 voix sur un total de 556 votes). Un récit qui voit une jeune fille promise au sacrifice au dieu Caïman, sauvée par le Roi Ours.
Son auteure, Mobidic est une jeune illustratrice, scénariste et coloriste formée à l’école de cinéma d’animation de La Cambre puis à l’école Saint-Luc, en Belgique. Et elle se dessine la plupart du temps sous la forme d’un escargot

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Au HSE, c’est la chute finale

HSE3_couvHSE, tome 3, Xavier Dorison (scénario), Thomas Allart (dessin). Editions Dargaud, 52 pages, 13,99 euros.

Félix Fox est en plein krach. Si l’action au Human stock Exchange (HSE) du petit vendeur de voitures a monté en flèche, sa vie personnelle a touché le fond. Sa femme l’a quitté, après avoir appris qu’il avait hésité à suivre l’ordre de ses actionnaires, qui lui demandaient de faire avorter sa compagne. Et il se refuse à poursuivre son existence d’homme « coté ». Mais il n’est pas si facile de ressortir du jeu, surtout quand son évaluateur, Simon Sax, fait de Félix le prototype et l’emblème publicitaire d’un « second marché » du HSE où il s’agira de pouvoir coter l’humanité entière…

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Black sands, une île guère pacifique

black sands_couv_lightBlack sands, Unité 731, Tiburce Ogier (scénario), Mathieu Contis (dessin). Editions Rue de Sèvres, 112 pages, 18 euros.

Tiburce Ogier est de retour aux éditions Rue de Sèvres. Après l’ouest sauvage et onirique de Buffalo Runner, c’est une île guère plus pacifique qui sert de cadre à cette histoire surprenante, mixant récit de guerre, attaque de zombies et fait historique.

En cet été 1943, la guerre bat donc son plein entre Américains et Japonais dans le Pacifique. Une guerre sans merci doublée d’opérations spéciales comme celle qui fait l’objet du débarquement nocturne d’un petit commando sur une île au large de la Nouvelle-Guinée. Quelques jours plus tard, six rescapés du naufrage de leur destroyer s’échouent à leur tour sur cette île mystérieuse et très dangereuse. Car en plus des patrouilles japonaises, les hommes sont assaillis par zombies agressifs qui vont progressivement les décimer. L’un des rares survivants, le caporal Joseph Gregovitkz, découvrira alors le secret de l’île et une horreur encore plus grande. Et plus humaine…

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Un « Fluide » très gai pour ce printemps

Fluide_gai-luron_couvC’est « Ze come back ». Et un retour exceptionnel, en ce mois d’avril, dans Fluide Glacial: celui de Gai-Luron.

Le célèbre chien à la Droopy de Gotlib fait doublement la une du mensuel qui l’a un temps hébergé. D’une part, avec la réédition de tous ses albums mais surtout par l’annonce de la relance du personnage par Pixel Vengeur (au dessin) et Fabcaro (au scénario).
De quoi justifier la couv’ et un dossier intérieur.
Si l’on peut passer l’édito de Yan Lindingre, pas très inspiré et laborieux, Gérard Viry-Babel livre un bel article récapitulatif sur l’histoire de Gai-Luron. Son apparition le 12 juillet 1964 dans le journal Vaillant comme personnage annexe de Nanar et Jujube, puis son importance croissante dans la série au point d’en évincer le garçonnet et son renard dès 1967 où il en devient le personnage central (dans une évolution inverse à celle des Bidochon qui, eux, ont évincé le chien Kador). Gotlib passera ensuite la main au dessinateur Dufranne et, en 1975, Gai-Luron arrive avec son créateur à Fluide glacial, sous forme d’albums et d’une dernière aventure signée Gotlib, Gai-Luron en slip qui marque aussi le « chant du cygne » de l’auteur en BD, comme Gotlib l’explique dans un entretien. Suit un autre entretien avec Fabcaro et Pixel Vengeur sur la manière dont s’est faite cette reprise et sur le rythme variable des nouvelles apparitions du personnage, du gag en un seul dessin à l’histoire de quatre pages…

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Médiapart refait la Révolution française

Médiapart_bd_révolution françaiseOn a dit ici tout le bien qu’il fallait penser de la relecture historique de la Révolution française à l’aune d’une nouvelle révolution à venir, faite par Gregory Jarry et Otto T (aux éditions FLBLB).

Signalons donc que le site Médiapart publie cette Petite histoire de la Révolution française en accès libre jusqu’à début mai. De quoi, en ce printemps de Nuit debout et de contestation latente, « expliquer la Révolution à ceux qui vont faire la prochaine ».