La Bataille de la Somme racontée par la bande avec Joe Sacco

La Grande Guerre, le premier jour de la bataille de la Somme, Joe Sacco, éditions Futuropolis, 24 pages, plus une plaquette de 32 pages, 25 euros.

Les albums ne manquent pas sur la Grade Guerre. Et pourtant, celui-ci est vraiment unique.

Grand nom du « BD-reportage » pour ses ouvrages sur la Palestine, l’Irak ou la guerre en ex-Yougoslavie, Joe Sacco s’empare cette fois d’un autre conflit, d’apparence plus éloigné de ses préoccupations, celui de 1914-1918. Mais, né à Malte, il fut fortement marqué, durant sa jeunesse australienne par les célébrations de l’Anzac Day. Et la conscience de l’horreur de cette « Der des ders » l’a ensuite accompagné, sans qu’il songe à l’évoquer, après avoir lu Tardi, qui avait «d’ores et déjà traité le sujet de façon exhaustive». C’est en 2011 qu’un ami journaliste lui remémore la nuit – bien arrosée – où quinze ans plus tôt, il avait évoqué l’idée de dessiner un vaste panorama du front de l’Ouest. Sacco s’y remet, avec à l’esprit la tapisserie de Bayeux. Paru en début d’année aux Etats-Unis, l’oeuvre vient de paraître en version française (et bilingue allemande pour la plaquette qui l’accompagne). Le résultat est réellement impressionnant.

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Riff Reb’s: « L’idée d’une skyline, avec la cathédrale qui part se promener »

Riff Reb’s était récemment l’invité des « Bulles du lundi » de l’association On a marché sur la bulle, en prélude du prochain festival d’Amiens, dont il a réalisé l’affiche. On a pu en profiter pour une petite rencontre.

Comme il est de tradition, l’auteur de l’affiche de l’année des Rendez-vous de la bande dessinée d’Amiens vient en amont du festival pour une soirée d’échanges à bâtons rompus. Avant cette rencontre (évoquée aussi ici), il s’est prêté de bonne grâce aux interviews. Occasion de revenir sur son affiche et sur ses projets.

Comment est née cette affiche pour les Rendez-vous d’Amiens ?

C’était une commande du festival, bien sûr. Avant tout, il faut dire que j’ai beaucoup de travail en ce moment, mais e ne pouvais pas dire non, car ce n’est que du bonheur de faire l’affiche d’Amiens. Mais en même temps, je ne pouvais pas prendre le risque de trop chercher. Donc: droit au but !
La première chose que j’ai fait, c’est d’aller voir les dix-huit affiches précédentes, pour trouver une base différente, me distinguer et pour se renouveler par rapport au salon. Alors, déjà, l’ambiance dans les verts est inédite. Ensuite, le festival nous laisse libre de la composition, mais pour moi, il y a quand, la représentation d’Amiens est quand même en cause dans chaque affiche. Là, il y a la totale: la cathédrale, la tour Perret, mais aussi les autres églises et les maisons amiénoises. L’idée, c’était donc celle d’une « skyline » démontée par des monstres. Mais bon, à Amiens, la skyline, c’est pas trop ça ! Donc je suis allé sur internet, et je suis tombé sur les différentes églises de la ville. Il y a en de formidables, comme celle du quartier Saint-Pierre, qui m’a frappé par sa modernité. Là, c’est la ville aux mille clochers, mais je voulais aussi le côté historique et populaire avec les petites maisons amiénosies.
Je la vois comme une fausse affiche de film catastrophe, mais avec le côté comique, car la cathédrale qui s’arrache de terre sur ses grandes jambes métalliques, c’est aussi un petit clin d’œil à Jules Verne, à Eiffel…

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Black Lord, pirates des côtes arides

Black Lord, tome 1: Somalie année 0, Guillaume et Xavier Dorison (scénario), Jean-Michel Ponzio (dessin). Editions Glénat, 48 pages, 13,90 euros.

Les pirates modernes n’ont vraiment plus rien de romantique. Ceux de la corne de l’Afrique se rappellent ponctuellement à notre souvenir au gré des attaques de navires et des prises d’otages au large de la Somalie.

C’est ce qui arrive à Maxime Stern, skipper sur un yacht un peu décrépit trimbalant une bande riches touristes dans le golfe d’Aden. Victime d’un assaut de pirates, le bateau est vite à la merci des assaillants. Si les passagers sont fait prisonniers afin de servir de monnaie d’échange pour une rançon, Stern, blessé, parvient à s’échapper. Recueilli par une famille de pêcheurs, il va découvrir la réalité et les raisons de cette piraterie moderne. Mais, dans ce petit coin d’Afrique, les relations de la fille de son hôte avec le gang local vont le replonger dans un engrenage fatal…

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Introspection nipponne ni mauvaise

Un thé pour Yumiko, Fumio Obata. Editions Bayou, 160 pages, 19 euros.

Installée depuis une dizaine d’années à Londres, une jeune graphiste japonaise, Yumiko, doit rentrer d’urgence, après avoir appris la mort de son père, décédé dans un accident d’alpinisme. Ce retour au pays sera l’occasion d’une longue introspection sur son destin et son évolution.

Diplômé du Royal College of Art de Londres, titulaire d’un master en graphisme et design, travaillant pour l’animation et vivant dans la capitale britannique, Fumio Obata décrit ici un itinéraire qui semble parallèle au sien. Après un premier ouvrage paru aux éditions de La pastèque (L’incroyable histoire de la sauce soja), recueil d’histoires courtes, il poursuit ici avec un nouveau roman graphique interrogeant l’exil, la place de l’expatrié et des réflexions sur la société japonaise – dont de belles pages sur le théâtre Nô.

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Le lycée à l’Erre du second degré

Une année au lycée, guide de survie en milieu lycéen, Fabrice Erre. Editions Dargaud, 150 pages, 17,95 euros.

La vie lycéenne est une source inépuisable d’inspiration pour la bande dessinée. Dans ce nouvel album Fabrice Erre, lui, évoque de manière très humoristique le quotidien d’un prof au cours d’une année de lycée. Un témoignage en forme de « réalité fictionnalisée », comme  il s’en explique dans un avant-propos où il fait son « outing » de prof d’histoire-géo et dessinateur de BD.

Dans un ordre classiquement chronologique, tout y passe, dans une série d’histoires courtes: la rentrée, l’angoisse des compositions de classe (et les bons conseils des collègues), le premier contact avec les élèves – vu comme un vrai western – la nécessaire autorité à conquérir, la gestion (pas facile) des portables perçus comme des appendices vitaux, la préparation au Bac qui vaut la quête du graal arthurienne, la transmission des savoirs et la gestion de l’espace de la classe équivalente à une vraie guerre de tranchées, la tentation de la surenchère répressive, les incontournables perles des copies, Waterloo raconté comme le Seigneur des anneaux, la correction des copies du Bac, etc.

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Ecoliers et élus redécouvrent la Grande Guerre par la bande à Saint-Quentin

Lancement en force de l’album « Raconte moi la Grande Guerre à Saint-Quentin en bande dessinée, en fin de semaine.

Les élus saint-quentinois ont découvert l'album lors du conseil municipal de ce lundi.

On l’avait évoqué voilà quelques jours. Et la sortie de l’album de Céladone et Serge Dutfoy sur 14-18 à Saint-Quentin racontée par la bande dessinée s’est bien déroulée comme prévu ce vendredi 11 avril. Et avec force. Près d’un millier d’écoliers ont ainsi reçu l’album accompagné d’une rencontre avec les deux auteurs locaux, ainsi que le décrit le Courrier picard, édition de Saint-Quentin de ce lundi 14 avril.

Et l’audience de cette première création de la future collection « patrimoine en BD » ne s’est pas réduit à cette (jeune) classe d’âge. Ce lundi soir, lors du conseil municipal, ce sont les élus de la ville qui ont, également, reçu un album. Album a priori intéressant que certains n’ont pas manqué de lire en séance, comme l’a capté notre confrère Cyril Raineau.

 

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Les Lulus noctambules à Abbeville ce mercredi

Régis Hautière et Hardoc sont les prochains invités du cercle bédéphile abbevillois, les Noctambulles, ce mercredi 16 avril.

Etape abbevilloise, ce 16 avril pour  Hautière et Hardoc, respectivement scénariste et dessinateur de La Guerre des Lulus, qui sont les invités du cercle bédéphile local, les « NoctamBulles ». La discussion promet d’être d’autant plus intéressante que la soirée sera animée par Damien Cuvillier, dessinateur de BD picard lui aussi – et auteur du récent Les souliers rouges. Damien Cuvillier collabore régulièrement avec la bibliothèque d’Abbeville.

Les Noctambulles, mercredi 16avril à 18h30, à la bibliothèque Robert-Mallet, rue des Capucins. Entrée libre. Tél. 03 22 24 04 69.

 

 

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Dans l’intimité de Léonard de Vinci

Léonard & Salaï, tome 1, Benjamin Lacombe, Paul Etchegoyen. Editions Soleil, Coll.Noctambule, 96 pages, 17,95 euros.

A l’image de Noé, portraituré en barbare misanthrope et dépressif, et même si ce n’est pas du tout le même genre, c’est un Léonard de Vinci surprenant que Benjamin Lacombe et Paul Etchegoyen évoquent dans Léonard&Salaï.

Le célèbre portrait du vieil homme à la barbe blanche et au regard perçant laisse place à un créateur dans la force de l’âge, élancé et beau, moderne et humaniste (végétarien, écolo). Se glissant dans l’intimité du génie, ils centrent leur récit sur les relations entre Léonard et Salaï, le jeune apprenti avec qui il partagera trente années de sa vie. Cette évocation romanesque et amoureuse décrit aussi un créateur assez souvent fauché, qui connaît plus d’échecs que de réussites et qui est contraint de s’exiler de villes en villes selon les bonnes fortunes de ses bienfaiteurs et des commandes qu’on lui soumet.

Ce premier volume va de 1490, au moment où Léonard rencontre Salaï (ou plutôt quand Salaï, petit voleur, est découvert dans l’atelier du peintre) à 1506 et l’arrivée de Francesco Melzi, futur favori de Léonard. Entre temps, Léonard et ses collaborateurs auront dû quitter Florence, suite à la défaite du duc de Sforza face aux Français, pour rejoindre Mantoue et la protection – pesante – d’Isabelle d’Este, puis Venise, avant un retour à Florence.

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8 bandes dessinées de qualité offertes pendant 48 heures en mai

L’opération « les 48 heures BD » est renouvelée. Ce sera les 16 et 17 mai prochains.

Lancée l’an passé, l’opération « les 48 heures BD » est renouvelée cette année (le site internet sera ouvert le 1er mai). Et même étendue à la Belgique. Autre nouveauté, aux sept éditeurs participants en 2013 (Casterman, Dupuis, Fluide glacial, Grand Angle, Jungle, Le Lombard) s’ajoute une huitième maison, avec le label Urban Comics.

Le principe, lui, demeure identique: pendant ces deux jours, les 16 et 17 mai, et dans la limite des 100 000 albums disponibles, toute personne se rendant dans une des librairies partenaire pourra repartir avec une BD gratuite, parmi les huit titres proposés. Et, sur ce plan, les éditeurs ne se sont pas fichus des futurs lecteurs, avec des albums de qualité.

Sont effet offerts ainsi le premier tome d’Alix Senator de Valérie Mangin et Thierry Démarez (Casterman), le tome 1 – et début de la mythique saga – dAldebaran de Léo (Dargaud), le premier album de Louca, la série jeunesse footbalistique de Bruno Dequier (Dupuis), Une nuit à Rome, le joli one-shot de Jim (Grand Angle), Raïssa dans la série Les Mondes de Thorgal, par Surzhenko et Yann (Le Lombard), Débordée, moi plus jamais, la « psycho-BD » sur les mamans modernes de Pacotine et Pauline Perrolet  et Batman, les portes de Gotham, le hors série 1 de Higgins, Parrott et McCarthy (Urban Comics). Fluide glacial, lui, y va d’un recueil collectif, avec la fine fleur maison: Bouzard, Edika, Gotlib, Binet, Larcenet, Lindingre, Mo/CDM, etc.

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Ragemoor, le château fort de Corben

Ragemoor, Richard Corben, Label Delirium, 120 pages, 20 euros.

Le label Délirium de Laurent Lerner poursuit son intelligente et méritoire entreprise d’exhumation de bande dessinée anglo-saxonne. Après avoir débuté par l’excellente Guerre de Charlie (dont le tome 6 arrive en ce mois d’avril), et dans le même style de comics de guerre, le pas mauvais du tout Johnny Red, il a fait redécouvrir les magazines Eerie et Creepy et consacré un volume spécifique aux contributions de Richard Corben à ceux-ci.

Dans la foulée, Delirum sort cette fois une histoire complète et récente de Corben: Ragemoor (toujours dans un grand format, sur un beau papier glacé et assorti d’un dossier comprenant une préface de François Truchaud – directeur éditorial des éditions NéO qui a assuré la traduction -  et un entretien avec l’auteur).

Paru en quatre fascicules chez Dark Horse Comics voilà deux ans, ce récit est un huis-clos enfiévré dans un vieux château, Ragemoor, perché sur une falaise. Herbert, le maître des lieux y vit seul avec son père – devenu fou et errant nu dans les couloirs de la forteresse – et son majordome Bodrick. Lorsque l’oncle d’Herbert et celle qu’il fait passer pour sa fille, Anoria, passent la nuit au château, le fragile équilibre qui régit ce lieu maudit va s’effondrer. Car plus qu’une simple bâtisse, Ragemoor est un être vivant, issu d’une lointaine origine extra-terrestre, édifié au fil de rites païens et désormais peuplé d’une faune de babouins-gardiens et de serviteurs insectoïdes. Herbert, maître mais surtout serviteur du château va être amené à connaître l’indicible dans les tréfonds de l’édifice…

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