SPECIAL COMMEMORATION: Jaurès en toute humanité

Mis en avant

Jaurès-couvJaurès, Jean-David Morvan, Frédérique Voulyzé, Ray Macutay, Vincent Duclert. Editions Glénat (collection Ils ont fait l’Histoire), 56 pages, 14,50 euros.

Avec Jaurès, sujet de saison en cet été, date centenaire de sa mort, la collection Ils ont fait l’Histoire fait ses premiers pas dans la période contemporaine, après avoir privilégié jusqu’ici le Moyen-âge (avec Philippe Le Bel et Charlemagne) et la période gallo-romaine (Vercingétorix).

Entre deux assassinats symboliques, celui de François-Ferdinand à Sarajevo, le 28 juin, et celui de Jean Jaurès, le 31 juillet à Paris, cet album se centre sur le dernier mois de la vie du leader socialiste (tout en s’autorisant quelques flash-back). Et il s’attache surtout à évoquer le dernier combat du fondateur de L’Humanité: son engagement pour la paix et contre la guerre qui arrive. Ultime action d’un engagement débuté dans les années 1880 aux côtés des mineurs de Carmaux. Lire la suite

Mission déjà en partie accomplie chez les Elfes bleus

Elfes6-couvElfes, tome 6: la mission des elfes bleus, Jean-Luc Istin (scénario), Kyko Duarte (dessin). Editions Soleil, 60 pages, 14,95 euros.

Retour aux sources pour la série Elfes. Ou plutôt retour à l’équipe à la manoeuvre dans le tome inaugural de la série. Et retour aussi des héros du Crystal des elfes bleus, Lanawyn, l’elfe, Turin l’humain et Nerrom, le nécromancien ork.

C’est encore une cité en détresse qui est à l’origine de cette « mission », celle d’Aspen, dans les terres glacées de Borduria, tout au nord du monde d’Aran. Une première équipe, envoyée pour répondre à l’appel à l’aide  d’Helyas, le responsable de la ville, a disparu sans laisser de traces. D’où cette « Mission » confiée à l’elfe bleue, qui s’est joint aussi les services d’une prétresse visionnaire, de deux chasseurs et d’un tueur. Parvenus à Aspen, ils vont se confronter à un mal à la force insoupçonnée, revenu du fond des temps…

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Madame Livingstone, I Presume ?

MmeLivingstone-couvMadame Livingstone, Congo, la grande guerre, Barly Baruti (dessin), Christophe Cassiau-Haurie (scénario), Appollo (récit). Editions Glénat, 128 pages, 22,50 euros.

Dès 1914, la Première Guerre fut « mondiale ». Notamment en Afrique, ainsi que le rappelle cette étonnante et improbable rencontre au bord du lac Tanganyika. Occasion de disséquer la société coloniale et d’y mêler une part d’introspection de l’auteur.

Juin 1915, Mercier, aviateur de l’armée royale belge arrive à Albertville, au bout du Congo belge. Avec, pour ses camarades et lui, trois objectifs: reconnaître le terrain et les possibilités d’offensive face aux Allemands situés sur la rive opposée, bombarder et prendre Kigoma, la principale ville ennemie sur la côte et couler le Graf Von Götzen, le cuirassé allemand qui rend les deux premiers objectifs très aléatoires. Mercier se voit affecter un « indigène » très atypique: David Jr Livingstone, dit « Madame Livingstone », en raison de son kilt, qui se dit fils du Dr Livingstone et d’une princesse africaine avec qui le fameux médecin aurait eu une liaison…

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La Première Guerre mondiale, version gonflée

ZeppelinWar-couvZeppelin’s War, tome 1: les raiders de la nuit. Richard D.Nolane (scénario), Vicenc Villagrasa (dessin), éditions Soleil, 56 pages, 14,50 euros.

L’uchronie a le vent en poupe, notamment au sujet des deux conflits mondiaux, avec des séries comme WW2  qui revisite la Seconde Guerre après la mort d’Hitler en 1939 ou Wunderwaffen, qui prolonge le conflit après 1945. Zeppelin’s War, prévu en diptyque, se présente d’ailleurs comme un faux spin-off de cette dernière série.

Cette fois, Nolane (auteur des séries Harry Dickson, les Tigres volants ou l’ésotérique et réussie Corpus Hermeticum) s’attaque à la Première Guerre mondiale. Mais toujours dans les airs.

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Myrmidon se recase chez le dragon

Myrmidon3-couvMyrmidon dans l’antre du dragon, Loïc Dauvillier (scénario), Thierry Martin (dessin). Editions la Gouttière, 32 pages, 9,70 euros.

Après le far-west et la conquête spatiale, l’héroïc-fantasy. Avec Myrmidon devenu chevalier combattant un dragon. Le principe est chaque fois le même. Lorsqu’il revêt son déguisement, Myrmidon, petit garçon roux au nez rouge et à la bouille très sympathique, change de monde. Cette fois, tel Arthur, il parvient à sortir l’épée de l’enclume avant de se voir projeté dans l’antre du dragon. Tout en ayant eu pas mal à faire avec les cases de la planche, qui s’écroule sous un coup d’épée mal placée…

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Un pavé sur un petit moment d’anarchie

anarchy comics-couvAnarchy comics, collectif, sous la direction de Jay Kinney. Editions Stara, 226 pages, 19 euros.

Spécialisées dans le comic underground, les éditions Stara font revivre une petite part de l’histoire de la gauche radicale américaine et de la bande dessinée avec cette anthologie intégrale et inédite d’Anarchy comics.

Annonçant clairement la couleur, né au crépuscule de la mouvance des comics underground américains des années 70 revitalisé par le mouvement punk, le magazine ne connut certes que quatre publications et une existence relativement éphémère (1978 – 1987). Mais, avec du beau monde (comme on peut le constater dans l’index biographique). Une trentaine d’auteurs du monde entier collaborèrent donc à la revue éditée à San Francisco, dont – pour évoquer les plus connus aujourd’hui – Gilbert Shelton ou Yves Frémion (sous le pseudo de Théophraste Epistolier).
C’était d’ailleurs l’idée: créer un comic underground réunissant « le message politique gaucho-anarchiste et l’énergie du punk« , comme le souligne Jay Kinner, son fondateur, à travers « un collectif international de dessinateurs quasi-anarchistes« . Comme une « agora non-dogmatique pour publier des dessins qui enrichissent et qui soutiennent une vision libertaire-socialiste-anarchiste« ..

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Robot pour être vrai

adulteland-couvAdulteland, Oh Yeong Jin. Editions FLBLB, 272 pages, 15 euros.

Dans un futur proche, en Corée. Un homme, Seo Junho, culpabilisé encore d’avoir dû recourir à une euthanasie sur sa femme, en phase terminale, discute avec une femme-robot et s’aperçoit que celle-ci a les souvenirs de son épouse défunte. Un autre quinquagénaire un brin déprimé Yongbae se donne à fond pour son entreprise de batteries électriques et vit mal son éventuelle délocalisation. Osant enfin prendre des vacances, il se retrouve sur une petite presqu’île pluvieuse et découvre « adulteland », un étrange parc d’attractions avec des « robots de conversation », des hôtesses de charme programmées pour accompagner leurs clients dans l’évocation de leurs souvenirs. Et les amis de Yongbae ne vont guère mieux, l’un d’eux a même, quasi-SDF, été réduit à vendre sa vessie pour pouvoir ouvrir un petit café miteux…

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Anuki, de retour au grand galop

Anuki-4-couvAnuki, tome 4: duel dans la plaine, Stéphane Sénégas (dessin), Frédéric Maupomé (scénario). Editions de la Gouttière, 40 pages, 9,70 euros.

Il n’est désormais plus vraiment utile de présenter Anuki, le petit indien de Laurent Sénégas et Frédéric Maupomé, devenu une valeur sûre des éditions amiénoises de la Gouttière.  Et, une fois de plus, la série va en se bonifiant.

L’hiver est passé et, avec le retour du printemps, Anuki se cherche un cheval. Mais cela n’a rien d’évident. A l’image des castors, des ours ou des loups des épisodes précédents, les chevaux ne s’en laissent pas conter. Et surtout quand un petit iroquois a aussi la même idée. La rivalité tourne à la bagarre, puis à la complicité, grâce à quelques carottes chipées à un vieillard tenace. Et c’est en copains que les deux enfants se rendront compte que les adultes, aux prises en parallèle, avec des bisons, connaissent les mêmes difficultés à cohabiter…

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Une très bonne histoire belge

histoire de la belgiqueHistoire de la Belgique pour tous, racontée par Cow Boy Henk, Herr Seele, Kamagurka. Editions Frémok,

En ce lendemain de (leur) fête nationale et alors que le pays est (encore…) en recherche d’un gouvernement, il est toujours temps de se pencher sur l’histoire de la Belgique. Surtout quand elle est contée par Cow-Boy Henk, cet autre héros à la houpette venu d’Outre-Quiévrain…

Des « premiers âges à la chronique d’une mort annoncée, en passant par le Saint-Empire, les guerres de religion et le colonialisme« , ici l’ambition est clairement pédagogique et édifiante, ainsi que l’expose la préface, paraphée du personnage fétiche de Seel et Kamagurka: « inculquer les nobles sentiments patriotiques et l’esprit national, de toutes parts en plein regain, les renforcer les affiner, tel est le but du présent livre. »

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Prokon et profond à la fois

prokon-couvProkon, Peter Haars. Editions Matière, 64 pages, 13 euros.

Produire et consommer. Produire ce qui va être consommé et consommer ce qui a été produit. C’est la base du système de la ville de Prokon (contraction de Produktion-Konsommation), ville idéale ou tout le monde travaille et où tout le monde est heureux. Mais la machine va se gripper lorsque qu’un super-méchant, le Dr Dracenstein, invente un « spray d’éternité » rendant les objets inusables. Et même Ultra-héros, le super-héros défenseur de la cité se montre impuissant. Heureusement, la société a encore un moyen de se défendre: le prokon-encéphale et sa propagande diffusée par les ondes…

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Tel Aviv sur le vif

Ko Tel-aviv2-couvK.O. à Tel Aviv 2, Asaf Hanuka. Editions Steinkis, 96 pages, 16,95 euros.

Alors que le conflit israélo-palestinien se rappelle, de façon sanglante à nos mémoires, sous la forme d’une fausse équivalence entre tirs de roquettes et bombardements aériens (pour l’instant), ce deuxième volume des chroniques autobiographiques d’Asaf Hanuka, sorties voilà trois mois en France, prend encore plus de relief et d’actualité.

Juif arabe de famille d’origine irakienne, Hanuka est dessinateur et illustrateur. Membre de cette nouvelle génération d’auteurs israéliens que l’on commence à découvrir en France, comme Michel Kichka ou Rutu Modan.

Dans la vision métaphorique de sa vie quotidienne à Tel-Aviv, il se décrit en citoyen désenchanté, en artiste déprimé, en père de famille angoissé, vivant dans la peur de la maladie, victime de son smartphone, de la toute puissance filiale ou en crise conjugale. En arrière-fond, s’impose une ambiance paranoïaque (avec son quotidien de masques à gaz et de refuges anti-aériens – réalité plus immédiatement perceptible aujourd’hui).

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