Ch’arlie – Ch’Lanchron, même combat !

Ch’Lanchron, le magazine des Picardisants vient de faire paraître un numéro spécial hommage à Charlie Hebdo. Des textes et des dessins. Et tout en picard !

ChLanchron_couvLes Picardisants, aussi, ont été touchés par l’attentat contre Charlie Hebdo.

L’équipe de Ch’Lanchron, la revue de nos amis Jacques Dulphy et Jean-Luc Vigneux (par ailleurs traducteurs émérites d’Astérix, de Tintin et du Petit Nicolas en parler picard), a donc décidé de réaliser un numéro spécial en hommage aux dessinateurs et, plus largement, pour la liberté d’expression. Tant il est vrai qu’à sa manière, Ch’Lanchron est aussi un « journal libre ». Pas satirique ou critique, mais avec une liberté de ton et l’impertinence dans ses gènes. Né dans le bouillonement des journaux lycéens et fanzines des années 70, il a suivi avec modestie mais persistance la route tracée par leurs grands frères comme le premier Charlie Hebdo, comme l’éditorial du numéro l’explique bien.

Symbolique, ce numéro spécial est également tout à fait sympathique. Et très réussi.
Si les textes, en picard, peuvent être parfois un peu difficile à saisir (une astuce: les lire à haute voix, ça devient vite plus limpide), les nombreux dessins qui illustrent le numéro sont eux, bien plus immédiatement perceptibles…

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Patfawl à Angoulême et sur France 3 Picardie

patfwalUne équipe de France 3 Picardie a fait le déplacement à Angoulême. Premier sujet, diffusé ce midi (et visionnable en ligne sur le site de la chaîne régionale pendant trois jours), avec Patfawl, l’auteur albertin et son sens poussé de l’auto-dérision sur le handicap.

D’autres éclairages devraient suivre sur la maison d’édition amiénoise La Gouttière et sur Hardoc, dessinateur de La Guerre des Lulus.

Séance-débat autour des caricaturistes et de la liberté d’expression à Amiens

Caricaturistes-afficheLa Maison de la culture d’Amiens a pris l’initiative d’organiser, dans le cadre de son festival Tendance 2015, une séance autour de la liberté d’expression, avec la projection du film Caricaturistes, fantassins de la démocratie. Ce documentaire de Stéphanie Valloatto, en lien avec l’association Cartooning For Peace, brosse le portrait d’une douzaine de dessinateurs de presse du monde entier, comme Plantu, du Monde, l’Israélien Michel Kichka, la Tunisienne Nadia Khiari, créatrice de Willis from Tunis, ou l’Américain Jeff Danziger.

La projection sera suivie d’une rencontre-débat avec des journalistes (notamment de France 3 et du Courrier picard), des artistes, une libraire et le public  » La recette de la séance, précise la Maison de la culture sera reversée à Presse et Pluralisme, qui coordonne les dons en soutien à Charlie Hebdo.

new_logo_mcatransparenceCaricaturistes, fantassins de la démocratie. Séance unique, samedi 31 janvier à 16 heures, cinéma Orson-Welles (Maison de la Culture d’Amiens).

Je suis Char…ognard ?

Il avait incontestablement sa place parmi les publications soit-disant solidaires de Charlie Hebdo apparues dans les kiosques cette semaine dont nous n’avions pas jugé utile de préciser le nom. Car cet opportunisme commercial doublé d’une médiocrité éditoriale ne nécessitait pas de plus ample publicité.

zoo_couvZoo, puisque c’est de ce titre qu’il s’agit nous était apparu seulement inintéressant. Il pourrait être, en plus, une vraie escroquerie.
Certains ont cru bon de ressortir le titre éphémère ayant paru entre 1997 et 2000, animé alors par Vuillemin, Berth, Faujour ou Eric Martin. Ce dernier, ex-rédac chef du magazine qui se voulait dans l’esprit d’Hara-Kiri a expliqué dans un texte envoyé à l’AFP, que les ex-collaborateurs de son magazine tenaient à informer les familles des victimes qu’ils « déclinent toute responsabilité dans l’édition de ce journal reprenant notamment des interviews de Wolinski et de Charb qui n’ont jamais été commandées ni publiées par la rédaction de Zoo« . Ils demandent aussi de ne pas s’abonner à cette publication « qui se révèle être une escroquerie et se réservent le droit de poursuites judiciaires envers le charognard qui a édité cet étron« …

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Ōtomo, au plus haut à Angoulême

Katshuhiro Ōtomo est ce soir le premier Grand Prix japonais d’Angoulême.

Katshuhiro Otomo (photo Stéphane Beaujean / Glénat)

Katshuhiro Otomo (photo Stéphane Beaujean / Glénat)

C’est une forme de reconnaissance du mangas dans l’univers de la bande dessinée. Et aussi celle d’une des « têtes de pont » de la découverte de la BD asiatique en France. Et, avant tout, celle d’un grand auteur du 9e art.

Déjà présent l’an passé dans le « trio final » (tout comme le britannique Alan Moore), Katshuhiro Ōtomo s’est vu décerner ce jeudi soir le Grand Prix d’Angoulême pour l’ensemble de son oeuvre. Une récompense doublement inédite, puisque pour la première fois, celle-ci était remise en début en non en fin de festival. Et surtout car il s’agit du premier auteur japonais ainsi distingué par Angoulême.

Selon notre confrère, bien informé, du Monde, Frédéric Potet, cette désignation était attendue après le premier tour où il était arrivé en tête devant le Britannique Alan Moore et le Belge Hermann.

Ak0001Otomo, pour toute une génération (dont je fais partie), c’est bien entendu le créateur d’Akira. Lorsqu’il sort en France, en 1991, le film est un vrai choc. Violent, complexe, sombre, cette fable post-apocalyptique subjugue aussi par la qualité de son animation et sa fluidité (notamment pour ceux qui se sont éveillés à la japanimation avec Goldorak et Candy dans le Club Dorothée).  Peu après, la découverte de l’album Akira, dans la librairie Glénat à Grenoble fut (pour moi en tout cas) un deuxième choc, une fois compris qu’une bonne partie des qualités du film étaient redevables à celle du manga.

La série est parue au Japon au début des années 80. Avec un très fort succès (chaque fascicule s’écoule à au moins 700 000 exemplaires) et Otomo devient l’un des auteurs phares du genre. Pour sa reconnaissance internationale, et notamment hexagonale, il faudra attendre la fin de la décennie, lorsque Jacques Glénat le découvre et décide de le publier en France.

Après Akira, Ōtomo a quasi abandonné le dessin de mangas, même s’il a continué d’écrire des scénarios. Mais c’est encore à l’écran qu’il se fait remarquer, en participant avec Satoshi Kon à la réalisation du magnifique Perfect Blue, puis en réalisant Steamboy, récit steampunk pas désagréable du tout, même s’il est loin d’atteindre la force d‘Akira. A noter que Steamboy est aussi décliné en mangas, diffusé par Glénat.

 

 

Histoire d’eau et de Bianco

Jasmine, Le concours de flaques d’eaujasmine, Guillaume et Thomas Bianco. Editions P’tit Glénat, 32 pages, 11 euros.

Jasmine la petite souris est la championne des « éclaboussages » sauvages et elle adore mouiller les passants. Et aujourd’hui, coup de chance : il pleut !

Jasmine ne tient pas en place. Pour un plouf, c’est 100 points, 500 pour un splaf. Mais la timbale, c’est pour un mégapataplouf qui vaut 1 000 points! Jasmine enfile ses belles bottes roses spéciales et zou ! C’est parti ! Elle vise une flaque, fait un salto avant pour atterrir à pieds joints dedans. Ceci ne manque pas d’éclabousser M. Escargot, mais alors que celui-ci s’énerve, Jasmine a déjà repéré une autre flaque. Elle se cache, attendant que quelqu’un approche, à pas de loups elle se prépare et Splaf ! 500 points ! Puis Jasmine aperçoit la plus belle flaque de l’univers. Et l’éclaboussé sera à la hauteur de la flaque puisqu’il s’agira de M. Lion. Fou de rage, ce dernier course Jasmine. Terrifiée, elle pense son heure arrivée. Quand soudain…

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Revue de presse d’Angoulême

Comme tous les ans, l’ouverture du Festival international d’Angoulême est l’occasion pour la presse généraliste de se rappeler l’existence de la BD. Dans une ambiance plutôt studieuse cette année. (complété avec sortie du Monde).

Libé_bd_UneFidèle au rendez-vous, même si celui-ci prend forcément des airs de « marronniers », Libération se décline encore une fois « tout en BD » aujourd’hui.

Derrière une couv’ classique mais jolie et graphique de Richard Mc Guire, le quotidien consacre son « événement » du jour au dessin de presse – pour s’inquiéter de sa raréfaction grandissante, hormis dans ses propres colonnes, il faut le reconnaître et le saluer – et en profite pour donner quelques infos sur Charlie Hebdo, dont l’équipe est toujours hébergée dans ses locaux.

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Chaud devant ! Quand il est bon d’arriver en retard à l’école

Je suis en retard_couvJe suis en retard à l’école parce que… Benjamin Chaud (illustrations), Davide Cali (texte). Editions Helium, dès 6 ans, 40 pages, 12,50 euros.

Après Je n’ai pas fait mes devoirs parce que..., le trait et l’humour de Benjamin Chaud reviennent sur un texte de Davide Cali avec Je suis en retard à l’école parce que... Dans ce tome, le petit écolier se plie en quatre, en quatorze, en quarante, pour expliquer à sa maîtresse d’école les raisons de son retard.
Au départ, il aurait dû arriver en avance à la grille de l’école, mais c’était sans compter sur une invasion de fourmis géantes voleuses de petit-déjeuner, une attaque de démons ninjas, un énorme singe qui confond le bus scolaire avec une banane, un kidnapping par un mystérieux peuple de taupes… Puis l’écolier a dû faire face à la difficulté d’avoir soudainement rétréci, etc. Et après de nombreuses péripéties, au péril de sa vie, il arrive quand même en cours mais… en retard… Une fois de plus, sûrement. La maîtresse ne semble pas croire à ses explications et pourtant… A-t-il réellement tout inventé ?

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Au fond de la crise des subprimes

hedge-fund-tome-2_couvHedge Fund, tome 2: actifs toxiques. Tristan Roulot et Philippe Sabbah (scénario), Patrick Hénaff (dessin). Editions Le Lombard / coll. Troisième vague, 56 pages, 12 euros.

C’est l’ouvrage parfait pour ceux qui n’ont jamais vraiment compris ce que pouvaient être les mécanismes des fameuses « subprimes » qui ont déclenché la crise mondiale, en 2008.

Après avoir fait ses armes de gestionnaire de fonds à Hong-Kong et manqué de s’y perdre, Frank Carvale arrogant (et passablement antipathique) petit Français, pense avoir trouvé son Pygmalion en la personne du mystérieux et richissime Bilkaer. Arrivé au coeur du système, à Wall Street, il se voit incité à mettre en place un fonds spéculatif d’un nouveau genre, basé sur les « subprimes » et le système de garantie – a priori infaillible – des prêts hypothécaires ouverts aux plus pauvres aux Etats-Unis. Par appât du gain et poussé par son collègue Alex, Carvale crée en parallèle son propre fonds d’investissements aux méthodes encore plus risquées. Mais lorsque la banque centrale américaine commence à remonter ses taux d’intérêts, tout le système commence à s’effondrer, contraignant Carvale à prendre de plus en plus de risques, jusqu’à basculer dans l’escroquerie du type de la pyramide de Ponzi. Et dans ce grand jeu de dupes financier, lorsqu’on ne tient pas les manettes, tel Bilkaer, la chute est violente…

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